De nombreux jeunes de l'agglomération d'Ouled Mohamed, dans la banlieue de Chlef, ont pris attache hier avec notre bureau pour dénoncer les conditions d'arrestation de leur camarade et voisin, Mohamed Hammouni, âgé de 22 ans. D'après eux, les faits se sont déroulés mardi dernier, à minuit, devant le domicile (parfaitement éclairé) de ce dernier à la zone 8. « Nous jouions au rami lorsque des policiers en tenue (huit au total) s'étaient rués sur le jeune Mohamed en le menottant et lui faisant subir une fouille musclée, même à terre. Ils n'ont rien trouvé sur lui. En se relevant, il a touché involontairement de la tête un policier, ce qui lui a valu un déluge de coups. Sa mère qui est venue en pleurant les supplier pour le relâcher, attestant que son fils est malade, n'a pas été épargnée, puisque l'un des policiers l'a repoussée violemment et lui a tenu des propos indécents », nous ont déclaré les jeunes en nous remettant une déclaration écrite. Ils poursuivront leur récit : « Mohamed a été ensuite embarqué à bord d'une voiture banalisée. Nous nous sommes dirigés à la sûreté urbaine la plus proche, mais on a refusé de prendre nos témoignages. Plus grave encore, certains policiers sont venus dans le quartier et nous ont demandé de ne pas nous mêler de cette affaire. Pourquoi ? Pourtant Mohamed n'a rien fait et ne méritait pas un tel traitement. On lui reproche d'avoir frappé des policiers alors qu'il était menotté. » Présenté au procureur de la République près le tribunal de Chlef, il a été placé sous mandat de dépôt. En tout cas, l'affaire est sur toutes les lèvres et aurait pu prendre des proportions graves, selon les plaignants.