C'est dans une salle archicomble qu'a eu lieu hier le procès du jeune Mohamed Hammouni (22 ans), qui a été, pour rappel, arrêté par la police dans des conditions que des jeunes du quartier ont dénoncées dans leur témoignage à la justice et à la presse (voir El Watan du 22 septembre 2008). L'affaire a été mise en délibéré pour le 29 septembre prochain. L'accusé est poursuivi pour « outrage à agents de l'ordre et détention d'une arme blanche ». Les déclarations des cinq policiers selon lesquelles ils ont été « humiliés et l'un d'eux agressé lors d'une mission de contrôle » ont été battues en brèche par les témoins et avocats du jeune Hammouni. D'après ces derniers, « c'est plutôt le mis en cause qui a été roué de coups devant son domicile par les plaignants qui étaient armés d'un fusil kalachnikov et de quatre PA ». « Nous jouions au rami lorsque les agents en question ont fait irruption et ont procédé à une fouille musclée de l'accusé. Et c'est en se relevant qu'il a touché l'un d'eux au visage, car il était menotté et ne pouvait de ce fait agresser les policiers », ont indiqué les jeunes témoins devant le juge. Ils préciseront que le « couteau dont il est question n'était pas en possession du mis en cause et que les policiers de la sûreté urbaine ont refusé de les entendre en tant que témoins ». De leur côté, Mes Bennegouche, Matou et Bouziane ont abondé dans le même sens en relevant plusieurs contradictions dans les propos des victimes. D'après eux, la police a mené une enquête « à sens unique, dans la mesure où c'est elle qui a rédigé le rapport, poursuivi le mis en cause et refusé même de soumettre l'accusé à un examen médical ». Sur ce point, l'avocat Bennegouche rebondit pour signaler que le jeune Hammouni, orphelin de père, a subi un traumatisme physique et psychologique lors de l'intervention de la police. Son confrère Matoub a, de son côté, relevé l'absence de dialogue entre les agents de l'ordre et les jeunes des quartiers défavorisés. En conséquence, ils ont demandé l'acquittement de leur mandant.