La seconde édition du Salon international du verre et de l'aluminium se déroule à la Safex, à Alger, du 15 au 20 du mois en cours avec la participation de 27 exposants de différentes nationalités. La tenue de ce salon ne saurait voiler quelques « vérités amères ». Kara Naceur Eddine, directeur général du groupe international Djaz'Export, organisateur de cet événement, a le cœur gros. En homme de terrain, M. Kara dresse un constat sévère de l'activité d'importation, de transformation et d'utilisation du verre et de l'aluminium en Algérie. Première source d'inquiétude et d'interrogation : l'absence d'un cadre réglementaire et institutionnel « rigoureux et vigoureux », déplore-t-il, pour régir « l'utilisation à bon escient » de ces deux matières recyclables dans la construction des ouvrages publics. « Le CNIRIB, qui a pour mission de concevoir et mettre en place une réglementation adéquate, ne dispose que d'un avis technique. Les bureaux d'étude et les architectes se trouvent de fait désarmés », argue-t-il, en regrettant encore « l'absence de laboratoires de contrôle capables de faire de la contre-expertise ». Pis encore, notre interlocuteur révèle que la grande partie du verre importé en Algérie ne répond pas aux conditions des cahiers des charges, puisque, selon lui, la délivrance de certificats de conformité de complaisance continue de sévir. Au moment où le Maroc et la Tunisie disposent d'un arsenal juridique des plus drastiques, l'Algérie traîne la patte, indique M. Kara. Plus explicite, il soutient mordicus que 80% des accidents domestiques et autres sont dus à l'utilisation d'un verre ne répondant pas aux normes de sécurité. Les piques de notre interlocuteur se veulent une interpellation franche et têtue aux pouvoirs publics afin de prendre urgemment en charge cette vacance juridique. Affirmant, par ailleurs, que l'Algérie vit sur une faille sismique synonyme de risques multiples, ce responsable ne manque pas de faire appel aux organismes d'assurance afin d'engager « une assurance spécifique » pour les éventuelles victimes de « la mauvaise utilisation » de ces deux matériaux. Les remontrances de M. Kara vont également à l'endroit des responsables de Sonatrach. La raison ? « Malgré nos pressantes sollicitations pour présenter la maquette du mégaprojet de Béni Saf pour la production de l'aluminium, les responsables du groupe n'ont même pas daigné venir y participer », dit-il, en indiquant que MFG, filiale du groupe Cevital, Mecque du verre plat en Algérie, a préféré participer au salon de la Safex, ayant déjà décliné une invitation pour un salon du verre à l'étranger. Résultat des courses : des investisseurs étrangers dans le domaine, note M. Kara, doutent carrément de l'existence de ce projet. Le DG de Djaz'Export a voulu, enfin, attirer l'attention des citoyens sur « la prolifération inquiétante des produits contrefaits » et celle des architectes quant aux avantages de l'utilisation de ces deux matériaux.