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complémentarité ou conflit ?
Publié dans El Watan le 18 - 05 - 2005

Cet immobilisme, ce marasme est, à vrai dire, l'un des aspects des rapports entre l'histoire politique et l'histoire culturelle, il en est aussi l'un des effets. La première étant les actions, les événements, les péripéties, les faits et les réalisations accomplis par les hommes et les acteurs politiques dans le domaine de la direction des sociétés et la coordination des différentes activités de leurs composantes. La seconde est les événements, les actions et les réalisations accomplis par les hommes de la culture et ses acteurs dans les domaines de la création intellectuelle, littéraire et artistique. Ces réalisations s'actualisent et prennent forme à travers des valeurs culturelles matérielles et/ou morales (entre autres un texte – littéraire ou autre -, une toile, une sculpture, un film, une pièce théâtrale, une idée, une théorie, une analyse…). Etant donné que chacune des deux histoires est l'une des formes de la mobilité de la société, et que chacune en est des plus nécessaires, elles sont supposées progresser conjointement et avancer à la même allure, tant le but est le même.
Mais il en est autrement. Elles n'avancent pas de la même allure, l'une ou l'autre précède ou retarde parfois (voir J. M. Domenach, Approches de la modernité), ce qui est normal. Ce qui n'est pas normal par contre, c'est le fait que l'histoire politique monopolise tout le temps le devancement et la priorité, et par conséquent la direction, le leadership et l'orientation faisant ainsi de l'histoire culturelle ou plutôt du discours culturel son simple subalterne, subordonné ou dépendant. Mieux, le discours culturel se réduit alors – de gré ou de force – à un simple justificatif, propagandiste ou commentateur, faisant de la publicité un discours politique. Cela est l'état de la culture dans tous ses domaines chez nous, en Algérie, dans le monde arabe et dans une bonne partie du reste du tiers-monde ; il ne va pas sans dire qu'il en était ainsi dans les sociétés socio-communistes depuis la célèbre déclaration faite par Andrei Jdanov lors du congrès des écrivains soviétiques en 1934, selon laquelle le réalisme socialiste, c'est-à-dire l'effacement total du culturel au profit du politique, est la seule forme artistique approuvée par le parti. C'est en effet le cas, là où la démocratie et la liberté d'expression ne sont pas de mise. Là où le respect mutuel entre les protagonistes des deux histoires cède sa place au manque de confiance, à la crainte et à la peur réciproques, aux tentatives de l'un ou de l'autre d'imposer son point de vue.
Cela se cristallise à travers la problématique du rapport politique intellectuel, problématique qui n'est pas étrangère à la réalité arabe en général, et algérienne en particulier, car elle s'enracine profondément dans leur histoire, c'est peut-être la raison pour laquelle elle a fait longtemps l'objet de débats et d'analyses. Il est à signaler aussi que les caractéristiques de la relation entre les deux parties s'appliquent aussi aux éléments de chacune d'entre elles, et ce n'est pas tout, il faut ajouter à cela la mentalité partisane, le sectarisme idéologique, l'exclusion, l'étroitesse d'esprit, la gloriole, le dédain, le mépris, le regard de haut ainsi que tout ce que l'on observe chez les individus dans les deux camps. Le résultat de tout cela – dans notre cas, l'Algérie par exemple – est que l'histoire politique précède (et a toujours précédé) l'histoire culturelle, entraînant la disparition presque complète de quelques-uns des aspects de cette dernière, alors que le reste peine, en produisant des valeurs et des faits ternes, parce qu'elles ont été produites soit sur commande, soit sous pression, ou contrainte directe ou indirecte, soit par hypocrisie et flagornerie, soit par esprit partisan, soit pour porter préjudice ou dépiter telle ou telle partie, soit par précipitation, soit par mauvaise imitation ou adaptation stupide, ou parce qu'elles ont été tout simplement l'effet d'une intrusion dans l'un des domaines de la pensée, de la culture, de la littérature, des arts ou de la création.
Dans des cas pareils, la compétence disparaît, la création fait retraite et la production manque d'originalité, de performance et de distinction, pour n'avoir en fin de compte qu'une langue de bois qui ne saurait ni ajouter grand-chose ni cumuler les valeurs positives permettant un déchiffrement honnête et fiable de la réalité. Pour que nos propos dépassent l'abstrait et se rapprochent un peu de la réalité, nous citons deux exemples de notre histoire contemporaine. Le premier concerne l'absence totale actuelle de certaines activités du domaine culturel, tels le cinéma, par exemple, ou le théâtre à un certain point. Quant à la production audiovisuelle, outre son manque de professionnalisme, elle compte plus de défauts que de qualités ; ce qui a permis à certains de la qualifier de dilapidation et de gaspillage de l'argent public qui aurait été bénéfique s'il aurait été dépensé dans d'autres domaines. En ce qui concerne la dépendance, nous avons deux cas qui n'ont besoin – à notre avis – d'aucun commentaire. L'un porte sur le rapport entre la politique et la culture dans tous ses états et facettes durant les années 1970 du siècle dernier où la pensée, la littérature et l'art demeuraient une ombre pâle de la politique et l'un de ses outils. Alors, la relation était une relation de soumission et de domination, sans trait de complémentarité ou de partenariat volontaire reposant sur la reconnaissance mutuelle et la conviction du fait de l'inéluctabilité du rôle de chacune des deux parties dans le développement de la société et la nécessité de son apport pour atteindre le but auquel tout le monde aspire.
Le second concerne une très grande partie de la production littéraire durant les deux dernières décennies. La remarque, qui n'est pas loin de faire l'unanimité, est que l'empressement et l'urgence – on peut même dire l'emballement – dans la lecture des faits est son trait distinctif majeur. A défaut d'une lecture profonde, réfléchie, attentive, objective, on a assisté – dans la plupart des cas – à des interprétations politiques instantanées dépourvues de littéralité et d'esthétisme supposés par la pratique littéraire, ce qui nous a ramené encore une fois aux années 1970, et a fait de plusieurs textes de simples manifestes et plaidoyers émanant de tel ou tel parti (e).
Notons au passage que la reprise de l'histoire et de ses événements dans la création littéraire est une autre chose. Notons aussi que la position politique ou idéologique dans l'œuvre littéraire ou artistique n'est pas un défaut ou un reproche en soi, il en est plutôt de ne pas respecter les règles et les normes esthétiques du genre ou scientifiques et méthodologiques exigées par la pensée. Car la littérature et l'art sont exactement cela : l'ensemble des caractéristiques, des règles et des normes artistiques et littéraires, qui donne à l'œuvre sa légitimité culturelle. L'absence de ces normes conduit bien entendu à l'extinction de cette œuvre aussitôt les circonstances qui l'ont suscitée changent. Elle tombe par la suite dans l'oubli et ne saurait être alors une valeur de référence pour les générations tant au niveau local qu'au niveau humain. Ainsi cesse l'histoire culturelle et se retire au profit de l'histoire politique.
Voilà des cas de figures de dérèglement du rapport politique-culture. Ils caractérisent les périodes difficiles et troublées dans l'histoire des peuples et des nations. Quant au devancement de l'histoire culturelle ou au moins la marche parallèle des deux, elles sont les signes de progrès, de prospérité et de stabilité.
La seule condition en est avant et après tout la démocratie, la reconnaissance réciproque des deux parties, l'une de l'autre, il va de même pour ce qui est des composantes et éléments de chacune d'entre elles, surtout culturelle. Là, la culture en tant que pensée, que littérature ou arts exerce sa part de responsabilité dans la direction et l'orientation des sociétés et participe ainsi à l'aspiration de l'avenir et par conséquent participe à planifier, à faire cet avenir.


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