Cette basse conjoncture économique qui prévaut au Maroc ne va pas sans attiser les tensions sociales. Selon l'Office marocain des changes, repris par l'APS, le déficit commercial du Maroc s'est aggravé à plus de 15,4%, des suites de la hausse de 30,8% de la facture pétrolière de ce pays au mois de février dernier. Les achats du Maroc en pétrole brut, précise ainsi la même source, ont augmenté de 684,3 millions de dirhams (1 euro = 10,9 dh) à 2,90 milliards de dirhams contre 2,20 MDS de dirhams une année auparavant. Globalement, les importations de produits énergétiques sont restées en hausse à 5,41 MDS de dirhams en février 2006 contre 4,19 MDS de dirhams une année auparavant, soit une hausse de 29%. Les importations globales ont enregistré une hausse de 10,8% à plus de 27,33 milliards de dirhams durant cette période contre 24,68 milliards de dirhams en février 2005, alors que les exportations n'ont enregistré qu'une hausse modeste de 7,3% à 15,24 milliards de dirhams contre 14,20 MDS de dirhams une année auparavant. Au mois de janvier dernier, rappelle-t-on, le déficit commercial du Maroc était de 5,5%, également plombé par la hausse des achats pétroliers qui ont représenté 23,8% du total des importations durant cette période. Le déficit commercial ne cessant ainsi de s'aggraver, le Maroc se voit actuellement en proie à de vives tensions sociales. Lundi, rapporte l'APS, plusieurs organisations politiques, syndicales et de la société civile marocaine ont protesté contre les hausses successives des prix des produits de large consommation depuis le début de l'année et lancé un appel pour le recueil d'un million de signatures pour dénoncer la baisse du pouvoir d'achat. Au mois de février 2006, le gouvernement marocain avait revu à la hausse les prix des carburants, ce qui a provoqué «une succession de hausses des prix des produits de large consommation et des services», soulignent ces organisations. Selon ces dernières , «tous les produits ont connu une hausse sensible des prix, alors que le pouvoir d'achat des consommateurs n'a pas évolué avec la stagnation des salaires». A noter qu'en février dernier, le coût de la vie au Maroc avait enregistré une nouvelle hausse à 1,9% par rapport au même mois de l'année précédente, selon le haut commissariat marocain au plan (HCP). L'indice du coût de la vie avait augmenté à fin 2005 de 2,1% par rapport à la même période en 2004. La baisse de la production céréalière à 8,3 millions de tonnes et une facture pétrolière à plus de 20 milliards de dirhams avaient laminé le pouvoir d'achat des Marocains avec le renchérissement des produits de large consommation. Synthèse A. R.