Le projet de réforme du Fonds monétaire international (FMI) qui se posait avec acuité depuis l'apparition des premiers signaux de la crise semble être renvoyé aux calendes grecques. Le G20 a brillamment fait machine arrière et s'est contenté de renflouer les caisses de cette institution, placée au noyau de la lutte contre la crise économique mondiale. Aucun des dirigeants des grands pays développés et émergents n'a osé faire vibrer cette corde sensible. Pourtant, bon nombre d'entre eux ont eu à critiquer les précédentes politiques du FMI ayant échoué à désamorcer la crise. On s'interroge dès lors si cette institution issue des accords de Bretton-Woods est en mesure de réussir la même politique avec des ressources plus importantes. Ainsi, le G20 vient de réhabiliter une institution qui a été fortement discréditée des suites de ses échecs, notamment dans son œuvre d'endiguer la crise dans laquelle s'enfonçait l'économie mondiale. La réforme du FMI, la redéfinition de sa politique, ou encore son intégration dans le réseau institutionnel des Nations unies semble être une hypothèse définitivement écartée. A moins qu'il y ait un nouvel échec après cette réhabilitation acquiescée par l'ensemble des membres du G20, à l'exception de la Russie, qui vient de renoncer à sa participation au paquet de mesures anticrise accordé au FMI. Si les dirigeants du G20 n'ont pu desserrer les dents pour évoquer cette question de réforme interne du FMI, un deal serait conclu dans les coulisses entre les différentes parties. Celles-ci ont opté pour le choix d'une financiarisation accrue destinée à promouvoir la libéralisation des échanges commerciaux dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce. Laquelle libéralisation profiterait aux pays qui dominent la pyramide des exportations au niveau mondial. Le plan Marshall attendu pour venir à bout du dérèglement de la planète financière a été réduit à une simple question de paradis fiscaux, les bonus et les parachutes dorés. La liste publiée par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), concernant les paradis fiscaux, précédée par une longue partie de négociations entre la France et la Chine, opposée à cette œuvre, laisse supposer l'existence d'un compromis diplomatique, privilégié au détriment d'une évaluation objective, censée mettre un terme à ces trous noirs de la finance. Monaco et Hong Kong, considérés avant la réunion du G20 comme étant des paradis fiscaux qui attirent le mieux, ont été ensuite tirés de la liste noire d'une façon incompréhensible. Autant de zones d'ombre que le G20 n'a voulu démystifier. Il y eut ensuite cette surprise de voir les Américains échapper à tout reproche. Certains Etats des USA, considérés aussi comme étant des paradis fiscaux, ne figurent pas sur les deux listes de l'OCDE. On comprend bien pourquoi Barack Obama a joué, pendant le G20, le rôle de médiateur entre la France et la Chine pour la publication de la liste de l'OCDE sur les paradis fiscaux. La grande question est celle de savoir, en fin de compte, si le FMI réussirait avec les mêmes hommes et les mêmes politiques à faire débloquer la machine économique mondiale.