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La fracture technologique Nord-Sud en quête... de recherche et d'innovation
Publié dans El Watan le 27 - 06 - 2009

L'histoire humaine a connu trois grandes révolutions qui ont permis à l'homme d'aller de l'ignorance à la connaissance, à savoir l'écriture, le papier et le numérique. L'écriture existe depuis plus de 5000 ans. Nos ancêtres amazighs ont bien maîtrisé cet art qu'est l'écriture sur les roches du Tassili, ils ont pu graver en toute liberté et vérité l'histoire de leur quotidien néolithique il y a près de 7000 ans.
Le papier est une technologie importée de Chine par les peuples de l'Afrique du Nord, cette technologie a été abandonnée une fois utilisée, maîtrisée et transmise aux Européens il y a plus de 10 siècles (Xe siècle au Caire, XIIe siècle à Fez). C'est la révolution du numérique qui a incontestablement bouleversé les sciences cognitives et étiré sa toile sur toute la planète. Oui toute la planète, mais pas pour tout le monde : un décalage à l'intérieur des nations en général et entre le Nord et le Sud en particulier ne cesse de produire ce qu'il est convenu d'appeler une « fracture numérique ». Du Nord au Sud, la réponse des gouvernements à la demande croissante d'accès et d'utilisation des TIC est déséquilibrée jusqu'à être caduque, pour certains pays, on parle aussi de « fossé technologique » entre le Sud et le Nord. Didier Oillo, enseignant-chercheur titulaire, spécialisé dans l'appropriation des technologies par les populations défavorisées, a bien mis le doigt sur cette fracture numérique dans son ouvrage intitulé Fractures dans la société de la connaissance, Hermès n°45 : « La fracture numérique en recherche de sens : la fracture numérique est-elle une fracture en soi, ou est-elle la résultante d'autres fractures telles que la fracture sociale et la fracture cognitive ? »
L'Algérie n'est pas épargnée par cette fracture numérique, malgré ce fossé, des bâtisseurs d'entreprises, enseignants, chercheurs, responsables et universitaires ont pris le devant national : des investissements, des partenariats, des séminaires, des colloques, des communications et des campus virtuels sont bien mis en œuvre pour vulgariser et généraliser l'utilisation des TIC dans la vie économique, culturelle et scientifique du pays. L'université de Béjaïa est l'un des acteurs nationaux qui œuvre dans cette perspective. Sur son site web, le mot du recteur de l'université Djoudi Merabet résume l'esprit de cette entité d'acquisition des connaissances : « Béjaïa, ville de science, d'histoire et de grande culture doit avoir une université à la hauteur de son prestigieux passé, c'est pourquoi, nous voulons faire d'elle la locomotive de la société et le catalyseur de son développement socio-économique ».
L'acquisition des connaissances est l'un des leviers de tout développement économique, social et culturel. Autour de cette connaissance gravitent les notions et concepts : TIC, formation, e-learning, réseau de compétences, ... recherche et innovation. Eh oui, la connaissance d'hier n'a plus la même valeur aujourd'hui et peut être caduque demain. Pour pallier cette usure de la connaissance, les pays développés et émergents ont lancé d'énormes réformes et mis en place des modèles économiques permettant à la connaissance de se régénérer, de s'adapter et d'évoluer en fonction des nouvelles exigences économiques, sociales, environnementales et de compétitivité. Oui, tous les pays développés et émergents ont mis en place des modèles de progrès et d'innovation leur permettant de pérenniser leur développement : Clusters américains avec leur émergence en Corée du Sud et au Japon, parcs scientifiques britanniques et taïwanais, « kompetenznetze » (réseaux de compétence) allemands, zones économiques spéciales chinoises, zones franches indiennes, districts industriels italiens et enfin les pôles de compétitivité français. Dans l'édition du lundi 30 mars au dimanche 5 avril 2009 du journal El watan Economie, une contribution que j'ai publiée énumère et décrit des exemples de modèles de développement économique de ces pays développés et émergents, un article que je vous recommande de lire. (http://www.elwatan.com/IMG/pdfi.suppEco 30 mars au 05042009.pdf page 8, 9 et 10). Un événement européen vient de s'achever le 5 juin 2009 à Paris ; c'est la 5e édition du SERI Salon européen de la recherche et de l'innovation sous le haut patronage de Nicolas Sarkozy, président de la République française. C'est une rencontre annuelle d'acteurs européens de la recherche et de l'innovation. Un véritable concentré d'idées, de perspectives, de projets, de services et de technologies innovant(e)s. Certains acteurs de ce salon avec qui j'ai pu m'entretenir lors de la journée du 5 juin 2009 ont réagi à quelques questions que je leur avais posées : c'est quoi leur métier ? Quelles sont leurs produits et services à destination du marché algérien, et quelle attractivité souhaitée dans ce marché ?
KIOR : Pour Hubert Negre, directeur et fondateur de Kior Management, Kior « est une jeune société de recherche et d'innovation, c'est un nouveau type d'entreprise, ce n'est ni une entreprise intégrée ni un réseau, c'est une communauté de coachs seniors qui travaillent ensemble pour, d'un côté, développer des savoir-faire, des concepts et de nouvelles approches, et de l'autre, proposer à des clients des équipes ad hoc établies sur mesure à partir des zones d'excellence de chaque coach de façon à pouvoir élaborer une « dream team » (équipe de rêve), pour des besoins spécifiques client ». Cette jeune société à taille humaine et à visibilité nationale (France) innove sur l'humain et le management et non pas sur le technique pour une raison très simple : « Kior considère qu'un des volets majeurs de la capacité des équipes à concrétiser leurs projets, c'est leur capacité à travailler ensemble ». Kior est une société récente, aujourd'hui, elle n'envisage pas dans l'immédiat un déploiement sur le marché algérien.
ALGOE : Un autre acteur qui innove dans le champ du management et qui est bien connu par certaines entreprises algériennes, c'est la société de conseil en management Algoé. Créée en 1959, aujourd'hui elle compte près de 160 salariés avec un capital détenu à 66% par ces derniers. Ce bureau français de consulting et de management est déjà installé en Algérie depuis 2008. Il a déjà fait des missions d'accompagnement pour l'Algérie dans les années 1970. D'autres acteurs français en dehors de ce salon ont réagi à ces problématiques de partenariat. C'est le cas d'ATHIC (www.athic.fr) qui décline ainsi son offre à partir de 4 pôles d'expertise :
conseil : Etudes, audits, formation, conseil et assistance à maîtrise d'ouvrage en matière de dématérialisation de processus et d'archivage ;
solutions : Gamme modulaire de progiciels de dématérialisation (courrier entrant, conformité de dossiers, chèques, encaissements...) ;
ingénierie : Intégration de matériels et d'applications, TMA/TME, gestion de projets ;
services : Externalisation de traitement BPO, reprise documentaires, saisie et videocodage. Voici le mot du directeur conseil et avant-vente, Gilles Moujerd : « ATHIC recherche à développer son marché avec les pays de la zone sud méditerranéenne. » L'Algérie y constitue une économie importante, riche et protégée. Les entreprises et institutions publiques de ce pays ont dans ce cadre à profiter pleinement de l'apport de la dématérialisation des processus documentaires. ATHIC est en mesure de leur apporter les solutions pour cela, soit directement ou à travers des prestataires mandatés sur des projets de modernisation technologique, à la recherche de partenaires technologiques. Revenons à la zone sud méditerranéenne, la 42e édition de la Foire internationale d'Alger (FIA), qui a fermé ses portes le 4 juin, témoigne bien d'un changement de tendance vers l'Est et l'Asie depuis quelques années, avec une forte présence chinoise : 16% des stands étrangers sont occupés par les entreprises chinoises contre 15,5% pour la France, 9% pour l'Italie, moins de 4% pour le Maroc, 3,7% pour l'Allemagne, 3,5% pour la Tunisie, moins de 3,5% pour la Jordanie, moins de 3% pour l'Egypte et enfin moins de 3% pour les Etats-Unis. Mais la réalité est encore plus bavarde que ces taux de « participation », la Chine est en train d'opérer la poussée la plus spectaculaire sur le marché algérien, cette poussée ce traduit par le gigantisme des plans de développement algérien dans tous les secteurs d'activité.
Des projets 100% « made in China », de leur conception et de leur mise en œuvre (y compris la main-d'œuvre) à leur mise en exploitation. Des projets qui ne sont pas en phase avec le cycle de la croissance « investissement = emploi = consommation ». La rentabilité du capital investi se mesure, d'une part, par la performance de sa production et d'autre part par sa faculté à réaliser une capitalisation en termes de retour sur expérience, de transfert technologique pour renforcer la reproduction de ces projets avec plus d'indépendance. Un dernier enseignement à tirer de ce salon d'Alger est la faiblesse du secteur public avec 69 entreprises, ce qui représente près de 15% sur les 447 entreprises algériennes et près de 5% sur l'ensemble des participants (on est très loin des 51% d'exposants du secteur public pour le SERI) L'Algérie doit faire la promotion de son potentiel business et doit aussi réorienter la boussole de son partenariat de l'Est vers le Nord pour plusieurs bonnes raisons :
1- Pour plus d'indépendance économique et technologique, l'Algérie doit diversifier ses partenaires stratégiques ;
2- la proximité linguistique, culturelle et géographique avec deux heures de vol des capitales européennes et sans décalage horaire pour certaines ;
3- et enfin la qualité et l'innovation des produits et services qu'offrent ces pays du Nord. Cette réorientation doit être accompagnée de réformes fortes et novatrices pour les acteurs nationaux et les relations de partenariat Nord-Sud : réformes pour renforcer le cycle de la croissance « investissement = emploi = consommation ». L'investissement doit être d'un intérêt national dont les retours sur investissement sont multiples : absorption du chômage (emploi), croissance du PIB et du pouvoir d'achat (consommation), réformes permettant de recadrer les investissements de l'Etat et de les considérer, avec une démarche partenariale pérenne, comme les laboratoires, pépinières, incubateurs de capitalisation du savoir-faire. Ces réformes vont permettre aux acteurs nationaux et aux partenaires étrangers de travailler dans un écosystème très attractif où :
Les acteurs nationaux peuvent développer leur visibilité nationale et internationale, pérenniser leur développement, monter en compétence avec un transfert des technologies Nord-Sud ;
et les partenaires étrangers trouvent une opportunité d'extension de leurs activités et une croissance de leurs parts de marché. L'Algérie a un énorme potentiel business : près de 250 Mds $ comme investissements publics au cours de ces 10 dernières années, dont plus de 150 Mds $ dans divers secteurs économiques (malheureusement moins de 10% sont encaissés par les entreprises algériennes, le reste est bien absorbé par les entreprises et main-d'œuvre étrangère : Chine, France, Espagne, Italie, Etats-Unis, Allemagne et autres).
Un autre plan de relance économique est prévu ces cinq prochaines années avec plus de 160 Mds $. Ce potentiel engendre des besoins en management, en pilotage de projets, en maîtrise technologique, en conseil, en recherche et développement et en innovation. Des besoins exprimés quotidiennement par les acteurs publics et privés, la réponse doit être à la hauteur de ces besoins et des défis des acteurs nationaux et des exigences en termes d'attractivité de nos partenaires étrangers. Le partenariat Nord-Sud doit multiplier d'une part les échanges de biens et services, pas uniquement financiers, pétroliers et militaires, mais essentiellement économiques, culturels, industriels et scientifiques, et d'autre part le volume et la qualité des flux de connaissances échangés. Les partenaires Nord-Sud doivent sortir de cette logique stérile d'une économie de la rivalité, de domination pure et dure et de soumission volontaire, pour aller vers celle qui développe la collaboration, l'échange équitable et libre et le progrès. La recherche et l'innovation sont une machine à produire du progrès ayant comme essence la démocratisation des connaissances. L'Algérie peut réduire sensiblement cette fracture technologique : elle doit d'une part maîtriser l'intégration de ces technologies existantes en mettant en œuvre des projets pilotes (laboratoires, pépinières, incubateurs, réseau ou centre de compétences...), et d'autre part, innover sur le champ de l'humain, du management et de la gouvernance. Par Khaled Bouzidi (*) L'auteur est Expert it certifié itl/cmmi


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