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Lettre à M. La rue, rapporteur des Nations unies
Publié dans El Watan le 16 - 04 - 2011


Monsieur le rapporteur
En complément de ce que vous a déjà écrit mon ami et confrère Mohamed Benchicou sur les atteintes graves et répétées qu'il a subies de la part du pouvoir algérien pour son engagement connu pour la liberté d'expression et la défense des droits humains en Algérie, j'ai le devoir d'apporter à mon tour, mon témoignage sur les atteintes que j'ai subies et que je subis toujours de la part du pouvoir algérien. Par deux fois, le département d'Etat américain a évoqué mon cas comme une atteinte flagrante et délibérée à la liberté et au droit à l'expression en Algérie.
Cela, seulement pour avoir écrit un roman, Poutakhine, légalement autorisé à l'édition et à la diffusion par les autorités publiques algériennes par l'octroi d'un ISBN et d'un numéro de dépôt légal. A ce jour, je suis harcelé, pourchassé et recherché par le pouvoir algérien pour avoir écrit un livre dans lequel je livre mes sentiments, mes opinions et des faits avérés sur la vie de tous les jours des petites gens et du système mafieux qui l'organise. Mon tort, selon le pouvoir, est d'avoir écrit et décrit dans le détail les tsunamis sociaux successifs qui se sont abattus sur l'Algérie et fait des jeunes Algériens des candidats se jetant à la mer et à la mort, ou s'immolant parfois par le feu. Mon livre, Poutakhine, parle de cela. Mon métier de sondeur, premier institut de sondage privé et indépendant, m'obligeait à écrire ce livre puisque mes principaux résultats de sondage sur l'état de la société algérienne étaient régulièrement cachés, jetés ou déformés par les pouvoirs publics, principaux commanditaires de mes travaux. Mon livre est une romance de la catastrophe sociale et politique algérienne que j'ai observée par sondage pendant plus de vingt ans.
Pour ce motif :
– Mon livre a été interdit et sauvagement enlevé par des commandos de la police judiciaire en dehors de toute décision de justice.
– Mon domicile et mes bureaux ont été perquisitionnés et mes outils de travail ainsi que ceux de mes enfants confisqués par la police du pouvoir algérien.
– Tous les libraires d'Alger qui proposaient Poutakhine à la vente publique ont été convoqués par la police judiciaire et les livres saisis en dehors de toute décision de justice.
– Mon fils a été harcelé (12 visites et convocations par la police) et sommé de fournir l'adresse de l'endroit où je me «cachais» à Alger, ainsi que la liste exhaustive de tous les acheteurs et lecteurs du livre, et cela en dehors de toute décision de justice.
– A ce jour, l'entreprise de sondage, institut Abassacom, dirigée par mon fils, est fermée depuis la sortie de mon livre au motif que la police du pouvoir algérien a saisi tous les outils de travail de base, et, en particulier, toutes les archives et les progiciels de calculs sans lesquels aucune activité professionnelle n'est possible.
– De jour comme de nuit, d'octobre 2009 à ce jour, des éléments en civil, se déclarant de la police, se présentent régulièrement à mon domicile, pour menacer mes enfants des pires représailles.
– A ce jour, il m'est régulièrement signifié que si jamais j'interrompais mon exil et rentrais chez moi en Algérie, je serais jeté en prison, sans jugement, sans procès, sans aucune décision de justice.
– Par l'arbitraire, le déni de droit et l'injustice, je suis à ce jour privé de mon pays, de ma famille, de mes biens et de mon travail, seulement pour avoir écrit un livre (actuellement en vente libre en France).
Par ailleurs, sur le registre de l'état de la liberté d'expression en Algérie, en tant que sondeur professionnel ayant observé la presse publique et privée pendant plus de 12 années consécutives, j'ai le devoir de vous livrer de mémoire (mes archives ont été volées par la police) quelques données chiffrées sur les moyens d'expression en Algérie :
– L'actuel ministre de la Justice en poste viole la loi en vigueur, en particulier la Constitution et le code de l'information, pour s'octroyer des droits régaliens qui ne sont pas les siens, et, plus spécialement, la création, ou l'interdiction de nouveaux journaux. Tous les nouveaux titres favorables au régime sont autorisés, aidés et financés. Tous les autres, dont le mien, sont de fait interdits de création à ce jour.
– 92% des journaux privés, soit 59 titres de la PQN, soit moins de 3% du lectorat national, sont financés, directement ou indirectement avec des fonds publics, à la seule condition de flatter le régime et d'insulter l'opposition.
– Les moyens audiovisuels –53 radios nationales, régionales et locales– et les quatre chaînes uniques de télévision sont financées à 99% par des fonds publics (subventions et redevances), alors que les missions de service public en termes de pluralité et de diversité politiques sont assurées à moins de 1% en unités temps. D'une manière générale, la télévision algérienne subit en permanence un détournement privatif d'un moyen d'expression public au seul bénéfice d'un clan dominant du pouvoir en place.
– Il y a pire, la télévision algérienne ouvre son antenne à tous les discours des hommes et femmes du pouvoir pour dénigrer, et souvent diffamer, toute velléité de discours dissonants sans aucun droit de réponse. C'est ainsi que lors de la dernière élection présidentielle, la télévision « publique » algérienne a largement donné la parole à des responsables politiques en poste, ministres en tête, pour traiter les abstentionnistes ( la majorité des électeurs) de traitres, de non-Algériens et d'un tas d'autres insanités.
– C'est pourquoi, les Algériens regardent, certes massivement, l'ENTV, mais pour une durée moyenne quotidienne de 13 minutes per capita, alors que cette fréquentation est de 234 minutes/jour pour les TV étrangères, soit 18 fois plus d'assiduité que la TV du pouvoir.
– Tous les titres de la presse quotidienne gouvernementale, soit six titres, sont totalement directement ou indirectement financés avec l'argent public, alors qu'ils assurent eux aussi une mission privée et partisane au seul bénéfice du pouvoir et des partis du régime en place.
Leur part de marché en termes de lecture effective, ne dépasse pas le 1% du lectorat. Sans l'argent du contribuable, aucun de ces titres ne serait viable.
Ces chiffres renseignent assez bien sur l'état de délabrement et de dévoiement des moyens d'expression publics. Ils renseignent surtout sur l'état d'esprit des dirigeants algériens qui maintiennent la communication algérienne dans un état d'arriération et de dégradation qui ne permettent aucune espèce de liberté d'expression ni aucune perspective d'amélioration si cette clique devait se maintenir à vie au pouvoir.


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