Le Chili entend assumer son statut et battre le Honduras, aujourd'hui à Nelspruit, pour l'entrée (groupe H) des deux équipes dans le Mondial-2010, mais les Centre-Américains rêvent, eux, de réussir leur tournoi comme en 1982, quand ils avaient tenu l'Espagne en échec. Ce match oppose les « petits » Chiliens (un seul joueur à plus de 1,80 m) et leur mouvement perpétuel façon Marcelo Bielsa, l'entraîneur vénéré, aux grands gabarits honduriens, une des équipes-surprises de la Coupe du monde. Mais le Chili, brillant deuxième du groupe de qualification sud-américain, derrière le Brésil, reste largement favori. Il s'agit de ne pas rater la première sortie pour ne pas hypothéquer ses chances dans un groupe, où la Roja devrait lutter avec la Suisse pour la deuxième place qualificative derrière le favori espagnol. Fort de ses 32 buts en 18 matches, l'équipe chilienne a confiance en son potentiel, sublimée par le magicien Bielsa le fou (« El Loco »), l'homme qui a redonné confiance à un pays absent du Mondial depuis 1998 et la génération Sa-Za (Salas-Zamorano). Suazo contre Suazo Mais le buteur du Chili, Humberto « Chupete » Suazo (10 buts en qualifications), est dans une course contre la montre pour guérir d'une déchirure à une cuisse et être du premier match. Coïncidence, la vedette du Honduras, qui joue aussi en pointe, est aussi incertaine... et s'appelle aussi Suazo, David Suazo. Depuis plusieurs jours, les supporters sont suspendus à leurs bulletins de santé. Au Honduras, les vedettes jouent toutes devant : les attaquants Carlos Pavon et Suazo, et le milieu offensif de Tottenham, Wilson Palacios. La légende est Pavon, 36 ans, 7 buts en qualifications, la star Suazo, passé par l'Inter Milan (2007-08) et aujourd'hui au Genoa, mais le meilleur est sans doute Palacios, décisif cette saison dans la qualification des « Spurs » pour les barrages de la Ligue des champions. Mais les « Catrachos » (dérivé du nom d'un héros hondurien, le général Xatruch) n'ont guère brillé en matches de préparation, perdant 3 à 0 contre la Roumanie, et s'avérant incapables de battre l'Azerbaïdjan (0-0) et le Belarus (2-2). Il sera difficile pour les Honduriens de rééditer leur excellent parcours de leur seul précédent en Coupe du monde, quand ils avaient manqué d'un cheveu la qualification pour la phase suivante, en raison d'un penalty sifflé en faveur de la Yougoslavie à la 88e minute.