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Les « Privés » se frottent les mains
Alors que le CHU d'Oran agonise
Publié dans El Watan le 16 - 10 - 2005

Le vieil hôpital universitaire de la ville ne cesse de vivre depuis deux décennies des carences et des défaillances de fonctionnement et de gestion qui l'empêchent d'atteindre un seuil de performance digne d'un grand établissement universitaire, le nombre impressionnant de directeurs généraux qui se sont succédé, en moyenne un responsable tous les 8 mois durant ces 15 dernières années, reflète l'incapacité des pouvoirs de tutelle à assumer leur mission d'orientation et d'assistance aux grandes structures locales de santé publique.
Mais cela traduit surtout cette hallucinante « culture de l'échec » volontairement entretenue sur le terrain oranais de la santé publique ... au profit du secteur médical privé ! Aujourd'hui encore, la gestion du CHU d'Oran semble s'inscrire dans le même registre des échecs, et de l'asphyxie programmée du grand hôpital de la région oranaise. Tant il est vrai que les problèmes et les conflits au quotidien ont entraîné un climat de marasme, de malaise et d'instabilité qui nourrit les inquiétudes et les interrogations de la communauté universitaire. Le nouveau DG, le professeur Attar, récemment nommé à la tête de l'hôpital d'Oran, aura réussi l'exploit de « se mettre à dos » presque toute la communauté médicale exerçant encore dans le secteur public. Le premier conflit déclenché par le DG aussitôt installé avec le syndicat de l'hôpital autour de la gestion des œuvres sociales, au sujet de la consommation de viandes et de détergents, n'a été en définitif qu'un « bras de fer » organisé pour servir d'alibi et de façade à une curieuse stratégie de gestion de l'activité médicale axée sur des décisions contraires aux normes d'organisation et du bon fonctionnement des services hospitaliers. La gestion de l'établissement, estiment certains spécialistes, se résume aujourd'hui à « des initiatives dangereuses et irresponsables », car elles sont de nature à « démobiliser et à décourager ceux qui travaillent et défendent encore le secteur médical public ». Et pour illustrer leurs propos, les exemples ne manquent pas. A la maternité du CHUO, on a toujours du mal à comprendre pourquoi le directeur général a tant insisté pour le transfert, durant des travaux de réfection, de la maternité centrale de 250 lits vers la maternité rurale des Planteurs qui ne compte que 60 lits, alors que le professeur Merzouk, premier responsable concerné, estime pouvoir maintenir l'activité sur place en organisant l'occupation des locaux en fonction de l'avancement des travaux. A qui profiterait en définitif un arrêt pour raison de transfert de la maternité publique et de son éloignement du CHUO ? Le service de chirurgie infantile du professeur Boukli avait lui aussi fait l'objet d'une décision de délocalisation à l'hôpital de Canastel. Une mesure contraire à la vocation, à l'organisation et aux normes de toute structure hospitalo-universitaire digne de ce nom. Pour l'histoire, il aura fallu l'intervention du ministre de la Santé pour annuler cette décision. Qui aurait pu profiter d'une délocalisation hasardeuse de la CCI traditionnellement rattachée au vieil hôpital de la ville ? Au service de cardiologie du professeur Hammou, le même type de décisions, jugées pour le moins et irréfléchies, a semé un climat d'inquiétude et de marasme qui porte atteinte au bon fonctionnement du service. Là encore, qui peut tirer profit d'un arrêt d'activité de la cardiologie du secteur public hospitalier ?
les travaux de peinture et de réfection au milieu des malades
Au service néphrologie du professeur Kaddous, on s'étonne encore de cet empressement affiché par le directeur général pour la récupération des chalets servant à abriter le service... Un empressement, tel que les travaux de peinture et de réfection ont été ordonnés et entamés au milieu des malades qui étaient encore sur place. Au service de gastro-entérologie, le professeur Mahmoudi a été pour le moins surpris d'apprendre que dans une lettre adressée par le DG au Comité scientifique, il était « accusé » d'exercice illégal de la médecine et menacé de « sanctions inévitables » pour la pratique d'un examen médical, la paroscopie est bel et bien du ressort des spécialistes en gastrologie. Au service de chirurgie thoracique, le professeur Lecheheb et son équipe ont récemment fait l'objet d'une grave décision administrative qui les a « exclus » de la liste de garde médicale aux UMC. Ce qui implique que des interventions urgentes nécessitant un spécialiste du thorax ne seraient assurées que par des généralistes. Au service des urgences médicales du professeur Djebli, les problèmes prennent une dimension autrement plus grave. Car c'est toute la structure et tout le service des urgences médicales aux UMC qui est remis en cause et menacé de disparition. Comme dans n'importe quel grand hôpital, en Algérie ou ailleurs, les UMC forment un ensemble de trois services, urgences médicales, urgences chirurgicales et plateau technique, qui fonctionnent en complémentarité pour assurer H24 une mission médicale des plus délicates, sensibles et vitales pour la société. Ignorant les textes officiels, dont l'arrêté interministériel portant création et organisation des UMC, et faisant fi des normes et de la logique élémentaire dans l'organisation et le fonctionnement des services, le DG de l'hôpital a ciblé depuis quelque temps le service des urgences médicales par des mesures de déstabilisation diverses visant à l'effritement et à l'effondrement du service. L'administration a ainsi procédé à l'affectation autoritaire et non concertée de praticiens spécialistes du service des urgences vers d'autres structures. Sur ferme instruction du DG, une deuxième liste de garde du mois d'octobre au service des urgences médicales a été élaborée par le professeur Chouicha, chef de service réanimation. Cette nouvelle et seconde liste de garde médicale est placardée au UMC à côté de la liste élaborée mensuellement depuis 5 ans par le professeur Djebli, le chef de service des urgences médicales nommé et reconnu par la tutelle ministérielle. Cette mise en circulation de deux listes de garde pour le même service et pour la même période peut avoir de graves conséquences en termes de délimitation des responsabilités dans ce service médical à risques majeurs. Le professeur Djebli a tenu, à juste titre, à informer le procureur général et à rendre compte à la tutelle ministérielle de la situation que traverse aujourd'hui le service des urgences médicales. Un service que l'administration - par incompétence ou par calcul - veut confondre et assimiler avec la fonction désuète du « tri médical » qu'un seul bon technicien de la santé peut assurer à la porte d'accès d'un hôpital. Mais l'urgence médicale, soulignent les spécialistes, est une mission de première prise en charge rapide et efficace de malades, généralement blessés, choqués ou traumatisés. Une mission, indiquent-ils, qui nécessite un service d'urgences médicales mieux équipé et doté de beaucoup plus de moyens humains qu'il n'en dispose actuellement. Malgré la bonne réputation du service des urgences médicales qui assume convenablement sa mission envers une population oranaise qui frôle le million d'habitants, cette structure hospitalière reste la cible d'une sorte de « harcèlement administratif » sur fond de règlement de compte qui ne dit pas son nom. Lors d'une récente rencontre-débat entre médecins et magistrats, le professeur Djebli avait en effet demandé de situer les responsabilités pénales en matière de risques de contamination de sang lors des transfusions faites en urgence avec du sang « donné » par des proches du malade. Comment concilier le devoir et l'obligation de soigner avec ce risque de contamination ? La responsabilité avait indiqué un magistrat relève du responsable de l'établissement hospitalier. Une histoire qui ne pouvait plaire au DG de l'hôpital. Qui peut avoir intérêt à entraver le fonctionnement et la bonne marche des urgences médicales et des UMC en général ?Le service de médecine légale du professeur Hakem était -jusqu'à hier - la dernière structure en date visée par ce même genre d'initiatives et de décisions jugées « incompréhensibles et hasardeuses » et parfois même « humiliantes ». Ayant constaté des malfaçons dans des travaux devant faciliter le passage des ambulances vers la morgue, le chef de service en fait normalement la remarque à l'administration.
Marasme au CHU d'Oran
En guise de réponse, il reçoit une surprenante note de la direction générale lui « enlevant toutes prérogatives en matière de fonctionnement administratif » de son service ! Les textes officiels qui définissent le rôle et les missions d'un chef de service hospitalier précisent pourtant bien que celui-ci est responsable de l'état et du bon fonctionnement de son service. Mais le DG du CHU ne s'est malheureusement pas contenté de remettre en cause les attributions du chef de service en matière de moyens généraux. Sur un bout de papier accompagnant son courrier, il écrit et estime que la demande du professeur Hakem « relève du délire ». Le professeur Hakem, connu pour son honorabilité, son professionnalisme et sa gentillesse, ne pouvait à l'évidence « laisser passer » ce qui ressemble fort à l'injure blessante et outrageante. Jamais le CHU d'Oran n'a connu de remous, de frictions, de malaises et de marasme d'une telle ampleur. « S'agit-il d'incompétence ou de volonté délibérée d'altérer ce qui reste encore de fonctionnel et de performant au CHUO ? » Une question qui soulève en seconde lecture le débat connu de tous, concernant les pratiques mercantiles « d'orientation » des malades de certains services du CHU ... vers les cliniques privées. Il est vrai qu'Oran compte le plus grand nombre de cliniques privées créées ces douze dernières années. Dernière en date, celle de la frange marine baptisée Chelia, du nom d'une montagne de la chaîne des Aurès du côté de Batna.


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