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Journé médico-légale à Alger
Autopsie de la violence
Publié dans El Watan le 10 - 12 - 2005

Venus de nombreuses régions du pays, les médecins légistes ont tenté, jeudi dernier, lors de leur sixième journée médico-légale, d'établir une expertise sur le phénomène de la violence conjugale, familiale, en milieu scolaire, dans les stades, sexuelle et à l'égard des femmes et des enfants.
Organisée par la Société algérienne de médecine légale, cette rencontre, à laquelle a assisté la ministre déléguée chargée de la Condition féminine et de la Famille, a permis de faire ressortir un phénomène alarmant devenu un problème de santé publique. Plus d'une vingtaine de communications ont donc été consacrées au sujet. Abordant la question des répercussions psychologiques et sociales des violences sexuelles, le docteur Kaious, médecin légiste du CHU de Annaba, a fait état d'une enquête réalisée durant le 1er semestre 2005, sur un échantillon de 38 victimes.Les résultats ont été édifiants. 42,1 % des victimes sont âgées entre 13 et 18 ans, et 57,9 % sont du sexe féminin, 65,78 % sont scolarisées, et 31,57 % n'ont pas de travail. L'étude a fait ressortir que la majorité, soit 65,8% des victimes, résident dans des zones rurales, alors qu'en milieu urbain, la violence représente 34,2% des cas. Les victimes ayant bénéficié d'une consultation médicale moins de 24 heures après l'agression représentent 39,47% des cas et la plupart des victimes, soit 85,71% n'avaient pas de lésions de violence sexuelle, contre 14,9% ayant présenté de graves lésions génitales. L'orateur a noté que 52,64% des victimes avaient une humeur dépressive à l'examen clinique, 23,68 % souffraient d'angoisse, 15,78% de phobies et 7,9 % avaient fait des tentatives de suicide. Les résultats ont montré aussi que 76,32% de victimes souffrent d'un retrait social, 18,42 % ont fait des fugues, et 5,6% se sont réfugiées dans la toxicomanie. Son collègue docteur Bennabes du CHU de Batna a, quant à lui, présenté un exemple type d'agression sexuelle d'une rare violence sur un enfant de moins de 5 ans, retrouvé assassiné 24 heures après sa disparition. La victime, une petite fille, a été tuée par strangulation.
Lacunes
Le conférencier a fait état des lacunes en matière pénale, en citant les différentes dispositions dans le code pénal français qui aggravent les peines, lorsqu'il y a mutilation, mort. « Le viol est atroce pour les personnes et peut être une source de destruction familiale. Il constitue un acte barbare lorsqu'il est suivi de meurtre. Il doit être combattu avec toutes les dispositions légales et réglementaires. » Toujours dans la catégorie des violences sur enfants, Dr Kaious du CHU de Annaba, a présenté une enquête sur les violences en milieu scolaire, réalisée sur un échantillon de 32 enfants scolarisés. Ainsi, 68,75 % de ces derniers sont âgés entre 6 et 12 ans, contre 31,5% entre 12 et 15 ans. 75% des victimes sont de sexe masculin et 25 % sont des filles. Le lieu de l'agression est dans 68,44% des cas devant le portail de l'école, 15,78% des cas en classe, 15,78 % des cas dans la cour. L'arme naturelle (les mains et les pieds) est utilisée dans 90,62% des cas, suivi des armes blanches avec 3,12% des cas ou les deux armes associées dans 12,5% des cas. Ces agressions provoquent dans 78,12 % des cas des contusions. Toutes les victimes ont bénéficié d'une incapacité totale de travail (ITT) inférieure ou égale à15 jours. Les auteurs de ces violences sont dans 65,63 % des cas les élèves pour simple dispute, et dans 34,37% des cas les enseignants pour mauvaise conduite. Abordant la question des violences dans les stades, Dr Belhadj, du service de médecine légale du CHU Mustapha, a expliqué que l'étude faite a montré que ce phénomène qui était proscrit dans les tribunes a évolué pour toucher non seulement les alentours du stade mais également la ville, les autoroutes et les gares routières. Les auteurs ne sont plus uniquement les supporters des deux équipes souvent mineurs de moins de 16 ans, mais aussi les dirigeants de clubs, les comités de supporters et les joueurs. Les constatations établies au niveau des unités médico-légales ont fait ressortir les résultats suivants : les agressions à l'arme blanche, 162 cas par armes naturelles, 106 cas par objets contondants, 49 cas par bombe lacrymogène, 9 cas coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort dans 4 cas. Le professeur Boublenza a exposé l'expérience du service de médecine légale du CHU de Sidi Bel Abbès. Durant le premier semestre 2005, ce service a reçu 1366 victimes, dont 925 hommes. Pour 74% des cas, il s'agit de coups et blessures volontaires, suivis des accidents de la route avec 18,3% des cas, des femmes battues avec 3,9%, des cas de viol avec 1,4%. Les femmes sont plus victimes des coups et blessures volontaires que les hommes. Dans 72,60 % des cas, elles sont battues avec des armes naturelles, dans 22,60% avec des objets contondants et dans 4,80% avec des objets tranchants. Le conférencier a conclu que dans sa structure, le taux de décès à la suite de violence a atteint 2%. « Le médecin légiste face aux violences sur personnes », a été l'intitulé de la communication du Dr Naït Rabah, du CHU Mustapha. Il a fait état d'une analyse des données sur les personnes admises à ce service durant l'année 2004 et de celles décédées à la suite de violences et ayant fait l'objet d'une autopsie. Ainsi, 68,76 % sont des hommes et les tranches d'âge concernées sont 20-29 ans et 30-39 ans, de même que 87% des violences ont eu lieu sur la voie publique et au domicile. Les armes naturelles et les objets contondants représentent 77,7% des armes utilisées. 88,4% des violences ont engendré des lésions superficielles. Parmi ces victimes, 42 ont fait l'objet d'agressions sexuelles, dont 59,52% sont des mineurs. Pour ce qui est des victimes décédées en 2004, les médecins légistes ont procédé à l'autopsie sur 238 corps parmi lesquels 122, soit 51,26 % des cas, ont subi une mort violente, 109 (35,42%) cas morts naturellement. Les hommes sont le plus souvent victimes de violence sur leur lieu de travail ou sur la voie publique, mais les femmes subissent les agressions en milieu familial. La violence dans la région de Blida a été le thème d'une communication présentée par Dr Messahli, du CHU de Blida. L'étude qu'elle a réalisé entre 2003 et 2005 a montré qu'en 2003, les coups et blessures volontaires (CBV) représentaient 56% des violences, suivies de violences conjugales avec 33% des cas. En 2004, les CBV représentent 62% des consultations et les violences intrafamiliales 35% ; en 2005, les CBV ont atteint 58% des cas, et les violences familiales 32%. Les suicides par pendaison ont atteint 74 en 2003, 66 en 2004 et 78 en 2005. Les violences urbaines ont connu une nette augmentation, tout comme les violences intrafamiliales et les abus sexuels contre les enfants dont 85 % des cas sont âgés de moins de 18 ans. Les enfants victimes ont un âge compris entre 6 et 11 ans et 12 et 17 ans. Lors des débats, les spécialistes ont beaucoup insisté sur la violence à l'égard des femmes qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Ils ont appelé à une thérapie pour les familles mais aussi pour les auteurs. A signaler que les séances ont été présidées par le professeur Mehdi, chef de service de médecine légale au CHU Mustapha et Dr Bessaha, médecin légiste au même hôpital et vice-président de la Société algérienne de médecine légale.


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