Le marché du médicament est affecté par de graves pénuries qui rappellent celles de la sinistre époque de l'économie administrée. Le plus alarmant est qu'elle concerne les produits destinés aux traitements de l'hypertension artérielle et du diabète qui maintiennent en vie des millions d'Algériens. Toute la gamme des médicaments importés ayant disparu des rayons des pharmacies, les hypertendus et les diabétiques sont obligés de jouer de leurs relations et débrouillardise pour se procurer ces précieux produits qui conditionnent le maintien en vie de ces malades chroniques qu'un pic de tension ou une hyperglycémie pourrait emporter. Ces pénuries, dont toutes les organisations patronales (UNOP, FCE etc.) avaient signalé le risque aux plus hautes autorités du pays qui n'ont pas daigné les écouter, sont le résultat de la généralisation du crédit documentaire à toutes les opérations d'importation. Une formule qui ne convient pas du tout au commerce du médicament qui requiert de la souplesse et de la célérité dans les procédures d'importation de ces produits vitaux qui, de par les millions de citoyens qui en dépendent, devraient constituer un impératif de santé publique et être gérés comme tel par les autorités concernées. Le problème du credoc Le Crédoc est, en effet, très procédurier, long à mettre en œuvre et financièrement très contraignant pour les importateurs qui doivent impérativement mobiliser leurs trésoreries pour effectuer des achats de médicaments étrangers. Les stocks constitués durant la période post-loi de finances complémentaire pour l'année 2009 ont ainsi été asséchés et leurs reconstitutions impossibles à assurer dans les conditions draconiennes imposées par la formule du Credoc. A cet obstacle lié à la généralisation du Credoc dénoncée sans résultat, aussi bien par les opérateurs concernés que par les spécialistes en droit des affaires, s'ajoute la gestion désastreuse des programmes d'importations par le ministère de la Santé qui délivre les autorisations requises en l'absence desquelles aucune importation n'est possible. Ces autorisations annuelles accordées aux importateurs de médicaments ne sont à ce jour pas toutes signées. Un membre de l'Union nationale des opérateurs en pharmacie (UNOP) nous apprend, qu'en cette fin du moi de mai 2011, les services du ministère de la Santé n'ont toujours pas examiné le plus gros des programmes d'importations de médicaments devant être effectuées durant l'année en cours, que leur ont transmis les importateurs. Il n'a pas manqué, à l'occasion, de nous signaler les scandaleux traitements de faveurs accordés à certains opérateurs. On s'étonne alors de l'absence de réaction du Premier ministre directement concerné par l'action gouvernementale, face à ce grave problème de santé publique qui a déjà commencé à poindre à cause de ces pénuries provoquées par des bureaucrates tapis dans les bureaux du ministère de la Santé. N'est-il pas temps de réagir en sanctionnant, si nécessaire, ces responsables qui donnent une piètre image de la gouvernance du pays et, pire encore, mettent en péril la santé et, dans certains cas, la vie de milliers de citoyens ?