Sans surprise ! Majoritaire à l'Assemblée populaire nationale (APN), le Front de libération nationale (FLN) s'impose aussi dans les Assemblées locales (APW et APC). L'ex-parti unique est le plus grand vainqueur des élections locales de jeudi dernier, en remportant la majorité des sièges à pourvoir. C'est la première lecture des premiers résultats de ce scrutin communiqués par le ministre de l'Intérieur, Daho Ould Kablia, lors d'une conférence de presse animée hier à Alger. Le FLN obtient, en effet, 28,89% des sièges à pourvoir au sein des APC (7191 sur 24 891 sièges) et 34,18% des 2004 sièges APW (685 sièges). Il a aussi obtenu la majorité absolue dans 159 communes et dans deux APW (Alger et Sidi Bel Abbès). Le classement des dernières législatives est confirmé, puisque le second parti au pouvoir, en l'occurrence le Rassemblement national démocratique (RND), arrive en deuxième position avec 5989 sièges APC, soit un taux de 24,06% et 487 sièges APW (24,30%). Le parti d'Ahmed Ouyahia, secoué par une sérieuse crise interne, semble garder «sa sérénité» pour le moment. Il est même certain de désigner ses maires, sans recourir à des alliances avec d'autres partis, dans 132 communes où il a eu la majorité absolue. L'on remarque ainsi que les deux partis au gouvernement, le FLN et le RND, gagnent plus de 50% des sièges à pourvoir pour les APC et plus de 58% des sièges APW. Percée du MPA de Amara Benyounès et déroute des islamistes Le scrutin de jeudi dernier a été visiblement une aubaine pour le Mouvement populaire algérien (MPA) du ministre de l'Environnement, Amara Benyounès, qui jurait, durant la campagne électorale, d'être la «troisième force politique du pays». Pari gagné ? En termes de voix et de sièges obtenus si. Le MPA a réalisé, selon les chiffres communiqués par Daho Ould Kablia, une percée en comparaison avec son score lors des dernières législatives : plus de 500 000 voix qui lui donnent 1493 sièges APC et 103 sièges APW. Agréé en début de l'année en cours, le MPA est l'unique nouveau parti à émerger. Il a même surclassé la majorité des partis traditionnels qui ont, pourtant, une assise au sein de la société. Le Front des forces socialistes (FFS) arrive en quatrième position, avec plus de 1000 sièges (954 sièges APC et 91 sièges APW). Le parti de Hocine Aït Ahmed, qui a eu la majorité absolue dans 11 APC, a augmenté son capital voix (296 991 voix APC et 395 559 APW) par rapport aux dernières législatives où il a obtenu moins de 200 000 voix. Pour sa part, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) arrive à la 12e place avec 526 sièges APC et seulement 25 sièges APW. Mais le parti de Mohcine Belabès s'est assuré la majorité absolue dans 13 APC. Le Front national algérien (FNA) qui s'est placé dans le peloton de tête en 2007 recule nettement en 2012. Il arrive en 5e position avec 954 sièges APC et 64 sièges APW. Les indépendants, quant à eux, remportent 863 sièges APC et 76 sièges APW. Se considérant comme une importante force politique du pays, le Parti des travailleurs (PT) de Louisa Hanoune semble être en perte de vitesse. Il se classe seulement à la 7e place avec 826 sièges APC et 72 sièges APW. Les résultats du scrutin de jeudi dernier confirment la déroute des islamistes, même si trois partis se revendiquant de cette mouvance ont choisi de boycotter cette élection. Le MSP, dont le leader Bouguerra Soltani s'apprêtait à prendre le pouvoir en 2012, laisse des plumes d'élection en élection. Il n'obtient que 718 sièges APC et 76 sièges APW. L'Alliance de l'Algérie verte (AAV), regroupant les trois partis islamistes (MSP, Ennahda et El Islah), ne gagne, pour sa part, que 552 sièges APC et 54 sièges APW. Fort taux d'abstention et bérézina des nouveaux partis L'autre remarque que l'on peut faire de ces élections locales est le score catastrophique des nouveaux partis. Créés dans la précipitation, certains d'entre eux à quelques semaines seulement des élections, l'écrasante majorité des nouveaux partis ont constaté qu'ils ne peuvent pas encore rivaliser avec leurs aînés. La règle des 7% des voix imposée à l'APN par les députés FLN-RND en 2011 a joué en leur défaveur. C'est ce qu'a expliqué d'ailleurs le ministre de l'Intérieur, en précisant que le projet du gouvernement avait «fixé la barre permettant l'accès au partage des sièges à seulement 5% des voix exprimées». «Il faut leur laisser le temps, il finiront par se faire pousser des ailes», déclare Daho Ould Kablia. Les locales de jeudi dernier ont confirmé aussi que les électeurs fuient les urnes, même quand il s'agit d'élection de proximité. Sur plus de 21 millions d'électeurs, seulement 9,4 millions ont voté (44,27%) pour les APC et 9,1 millions (42,84%) pour les APW.