C'est désolant et inadmissible de voir à quel niveau d'abandon est reléguée la prestigieuse place du 1er Novembre, nommée affectueusement par les autochtones «Saha El Fouquania». Située en plein cœur de l'ancien centre-ville, dont l'esplanade donne directement sur l'entrée principale de la majestueuse mosquée Ennour, la placette, vitrine de la cité millénaire, est piétinée et clochardisée par les SDF et les marchands occasionnels. Son pittoresque kiosque de musique vient d'être livré au déferlement de plusieurs mères de famille traînant des bambins venant d'un pays voisin, certainement fuyant la guerre et la misère. Mais ces personnes en guenilles crasseuses ont élu domicile dans l'enceinte de ce précieux vestige, même si les habitants de Médéa n'ont pas lésiné à venir à leur aide en leur offrant argent et nourriture. Mais la dégradation de ces lieux ne fait pas plaisir aux nostalgiques qui préféreraient que ces pauvres gens soient pris en charge dans un espace approprié, sous des tentes ou un spacieux local avec des commodités sanitaires. Car aujourd'hui, ils ont transformé les espaces verts de la placette en dépotoir d'ordures et en WC en pleine nature, d'où une puanteur repoussante commence à se dégager et l'envahissement de mouches et de moustiques. Cette situation est un danger pour tout l'environnement à l'approche des grandes chaleurs. Cela constitue aussi un véritable foyer de nombreuses maladies transmissibles par les insectes et les rongeurs. Les personnes rencontrées sur les lieux, scandalisées, se posent la question : pourquoi ce silence assourdissant des autorités locales ? Elles sont manifestement incapables d'intervenir pour préserver les espaces symboles de Médéa si chers au cœur des Médéennes et Médéens. Pourtant, les associations de bienfaisance et le Croissant-Rouge, avec l'assistance de l'APC, peuvent bien s'en charger et offrir gîte et nourriture à ces familles de réfugiés de pays africains frères, en attendant de trouver des solutions à leur douloureux sort.