Dans l'affaire opposant Ghanem Lotfi, le plaignant, à une gynécologue et une sage-femme du CHU, poursuivies pour négligence médicale, le tribunal compétent de Constantine vient de confirmer le verdict prononcé le 31 décembre dernier, à savoir deux mois de prison avec sursis et 2000 DA d'amende. Pour rappel, il faut simplement préciser que le ministère public du tribunal correctionnel de Ziadia avait requis à ce moment une peine de 6 mois de prison ferme pour chacune des deux prévenues, estimant que la faute professionnelle était avérée et assez grave pour justifier une telle peine. Jugeant que le verdict n'était pas à la hauteur du délit reproché, il avait introduit un appel mais sans l'écho espéré, puisque le tribunal compétent a reconduit la peine infligée en première instance. Ce qui n'a pas été du goût du plaignant qui s'est déclaré « outré par la clémence, dont ont bénéficié les deux accusées ». Pour lui, l'affaire ne s'arrêtera pas là. « Je vais saisir le conseil de déontologie médicale et aller même plus haut si l'affaire n'est pas traitée à la hauteur de la gravité des faits reprochés », dira-t-il avec un calme qui n'en cache pas moins une volonté farouche d'aller jusqu'au bout de cette affaire qui remonte, rappelons-le, au 5 août 2000. Ce jour là vers 19h, il se présente à la maternité du CHU Abdelhamid Ben Badis. Il est accompagné de son épouse qui présente, selon le jargon médical, une poche des eaux rompue. Ce qui signifie qu'elle est à deux doigts d'accoucher. « Malheureusement, s'indigne le plaignant, mon épouse sera livrée à elle-même jusqu'à 22h 30, conduite ensuite en salle d'accouchements avant d'être transférée à un autre étage. A 1h 30 en ce deuxième jour (6 août 2000), il sera constaté que le bébé est décédé avant de voir le jour ». A ce sujet, un constat dressé par le professeur Abdelaziz Benharkat et par le docteur Boudraâ souligne noir sur blanc qu'« il s'agit d'un mort-né de sexe féminin, ne présentant à l'examen clinique aucune pathologie incompatible avec la vie. A ce titre, il aurait dû faire l'objet de beaucoup plus d'attention par les sages-femmes qui ne semblent pas avoir accordé toute l'attention requise ».