Mourad Djaâfri donnera ce soir le coup d'envoi du programme artistique, spécial chaâbi, concocté par l'établissement de wilaya Arts et culture. Les concerts commenceront à partir de 23h, après la prière des tarawihs. La Pêcherie d'Alger, fermée aux Algérois, renoue avec la fête. Le lieu, aménagé du temps de l'ancien gouvernorat et dont les voûtes ont été longtemps squattées par les familles, est réoccupé par la wilaya, qui y a aménagé un espace baptisé Le Carrefour des artistes. Pouvant accueillir jusqu'à 400 convives, l'endroit, une terrasse et un café, surplombant le port de pêche, verra l'organisation tout au long du mois de Ramadhan de concerts musicaux. L'établissement de wilaya Arts et culture, auquel est confié la gestion des lieux, a concocté un programme exclusivement chaâbi dont le coup d'envoi sera donné ce soir par Mourad Djaâfri. S'y produiront durant les soirées de vendredi et samedi, Abdelmadjid Meskoud et Abderrahmane El Qobbi. Aziouez Raïs, Abdelkader Chaou, Hocine Dris, Didine Karoum, Rachid Boudjellab, Abdelkader Chercham sont les quelques autres artistes algérois, qui se relayeront à partir de 23h sur sur la belle scène du Carrefour inauguré la semaine dernière par la ministre de la Culture, Nadia Labidi, accompagnée du wali d'Alger, Abdelkder Zoukh, dont les services s'étaient chargés d'aménager à grands frais les équipements fermés aux Algérois. Zoukh assure que l'endroit, accessible à partir du quartier du square Port Saïd, ne devra pas fermer après le mois sacré. Zoukh a tenu à rassurer qu'un programme musical, plus varié, est prévu jusqu'à la fin de la saison estivale. Les voûtes du port devront aussi être occupées par des artistes. Sentant la moisissure, malgré le coup de peinture récent, sommairement retapés, les espaces, plus de 200, devront être ouverts aux plasticiens, aux musiciens, etc. «Mon père avait un studio à cet endroit de la Pêcherie à l'époque coloniale déjà. Il avait comme voisins des Français, des petits Blancs, qui travaillaient au port ou dans des restaurants. A l'indépendance, des familles de La Casbah ont vite occupé les lieux avant que les autorités ne décident de les reloger», raconte, avec une pointe de nostalgie, l'accompagnatrice de la ministre, qui a parcouru à pied les allées. Toute cette partie du port connaît des travaux : une clôture en dur est déjà installée, le port de pêche connaît des aménagements, qui ne sont pas du goût des pêcheurs, qui assurent que leurs quais se sont réduits comme peau de chagrin. Fermés aux plaisanciers, la Pêcherie s'est dégradée. Les quelques personnes qui y avaient leurs quartiers ne s'y aventurent presque plus. Les restaurants qui ont leurs habitués peinent à renouveler leur clientèle.