Le torchon brûle (encore une fois) entre le président de la JSK, Mohand Cherif Hannachi, et la Fédération algérienne de football (FAF), notamment avec son président, Mohamed Raouraoua. Un nouveau conflit entre les «frères ennemis» qui ne cessent, depuis quelque temps, d'enclencher de nouvelles polémiques dans la sphère footballistique nationale en raison de leurs relations tumultueuses ces dernières années. Ainsi, après l'épisode de la saison 2010-2011, voilà que les deux hommes font encore parler d'eux, offrant un spectacle désolant du football national, déjà malade. Il est vrai que le président de la JSK a multiplié les sorties médiatiques depuis quelques semaines, plus précisément depuis le décès tragique de l'attaquant camerounais Albert Ebossé et les déboires qui se sont enchaînés depuis ce jour fatidique (suspension de stade et huis clos, suspension de la CAF, non-qualification du jeune Hamroun, ainsi que l'affaire Dabo qui refait surface), allant jusqu'à accuser les instances dirigeantes du football national (FAF et LFP) d'enfoncer le club et d'être derrière cette «cabale». Des accusations multiples et surtout récurrentes qui ont poussé la FAF, sur son site officiel, à dresser un long et étonnant réquisitoire à l'encontre de Hannachi, dans un communiqué publié dans la soirée de samedi dernier. Un réquisitoire qui n'a fait qu'envenimer la situation, au moment où Hannachi était convoqué pour hier, devant la Commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP). Une convocation à laquelle il ne s'est d'ailleurs pas présenté pour s'expliquer sur ses accusations. Un communiqué qui, visiblement, n'avait pas lieu d'être du moment qu'aussi bien Hannachi (qui devait passer devant la commission de discipline de la LFP) que le président Raouraoua étaient tenu par l'obligation de réserve inhérente à leur rang. Pis encore, le communiqué de la Fédération en a choqué plus d'un dans la mesure où ses rédacteurs ne se sont pas limités à répondre à Hannachi sur les points de discorde, strictement d'ordre footballistique, outrepassant la décence en évoquant la Kabylie, la révolution, tout en divulguant la comptabilité du club JSK, en passant par des attaques à la limite d'ordre privé. Une première dans les annales. La FAF semble avoir omis son statut d'instance suprême du football national, qui n'avait pas à se couvrir de ridicule pour répondre à Hannachi, qui n'est pas absous de tout reproche avec ses déclarations incendiaires à répétition. Le communiqué n'a fait que raviver la polémique entre les deux parties puisque Hannachi n'a pas hésité à répondre avec plus de virulence, accusant même le président de la FAF et les membres du bureau fédéral (BF) de «corruption», en déclarant que ces derniers «se servaient de l'argent de leur ancien sponsor Ooredoo», sans donner plus de détails mais en promettant de «tout révéler mercredi lors d'une conférence de presse». La polémique ne fait qu'enfler, donnant plus de discrédit aux deux parties en conflit qui s'adonnent à des attaques personnelles, voire même à un règlement de compte. Le conflit au menu du BF L'affaire Hannachi-FAF n'est pas près de connaître son épilogue et l'instance que dirige Raouraoua ne semble pas vouloir lâcher prise pour «faire payer» à Hannachi ses sorties médiatiques tapageuses. Ce conflit qui oppose le patron de la JSK à celui de la FAF sera au menu de la réunion statutaire du bureau fédéral de la FAF, prévue le 28 de ce mois. A ce propos, on croit savoir que plusieurs membres du BF, que Hannachi a accusés de s'être «servis» de l'argent du sponsor, projettent de porter l'affaire en justice. Une démarche qui ne fait toutefois pas l'unanimité. Certains membres, nous dit-on, ne veulent pas revivre l'épisode de 2010. Pour rappel, les membres du BF avaient décidé d'ester Hannachi en justice le 26 septembre 2010, avant de se désister en retirant la plainte le 1er mars 2011, après la médiation de réconciliation Hannachi-Raouraoua. A l'époque, le président de la JSK, avait accusé la FAF de puiser dans la quote-part qui revenait au club pour sa participation à la Ligue des champions, suivie de la sortie de Hannachi qui a déclarer que Raouraoua lui aurait demander de céder un match au Ahly du Caire. Une polémique qui avait fait couler beaucoup d'encre avant que l'affaire ne soit «étouffée» avec l'abandon des poursuites judiciaires.