Le procès de l'ex-PDG du groupe Sonatrach, Mohamed Meziane (actuellement sous contrôle judiciaire) et du vice-président du groupe chargé des activités amont, Belkacem Boumediene (en détention depuis 2010) aura lieu mercredi devant le pôle judiciaire spécialisé dans les affaires de corruption de Sidi M'hamed, rapporte l'APS. Ces deux hauts responsables sont poursuivis pour «violation de la législation régissant les mouvements de capitaux» et pour «infraction aux changes» dont la partie civile est l'administration des Douanes. Les faits concernent la passation d'un marché «douteux» avec une société étrangère, spécialisée dans le forage des puits de pétrole, relatif à «l'achat et l'importation de tubes pour gazoducs», explique une source judiciaire, qui évoque des «investigations effectuées suite à une plainte déposée par l'administration des Douanes». Ces investigations ont prouvé que ce marché est en violation «manifeste» de la législation régissant les «mouvements des capitaux de et vers l'étranger». Le procès a déjà été reporté une première fois suite à la requête du représentant de l'administration des Douanes pour finaliser les procédures de contrôle. L'ex-PDG de Sonatrach, qui nie toutes ces accusations, osera-t-il s'attaquer aux gros bonnets ? Ira-t-il jusqu'à révéler les noms des personnes impliquées dans cette affaire dès lors qu'il affirme avoir fait les frais d'une lutte d'intérêts à un très haut niveau ? «Les enjeux peuvent être autant politiques que financiers. Nous sommes victimes d'un règlement de comptes», a déclaré Mohamed Meziane à El Watan il y a deux mois. Par ailleurs, le tribunal criminel d'Alger a enrôlé une autre affaire concernant ces deux inculpés qui sont poursuivis, avec 17 autres accusés, dans l'affaire de corruption dite Sonatrach 1 pour «constitution d'une association de malfaiteurs», «blanchiment d'argent», «corruption» et «trafic d'influence». Le procès est programmé pour le 7 juin prochain ; il avait été ouvert le 15 mars dernier, avait duré une journée avant d'être renvoyé. Les avocats de la défense avaient obtenu gain de cause dans le report du procès – dans lequel sont impliquées 19 personnes – en basant leur argumentaire sur l'absence de témoins jugés importants. Les avocats de la défense avaient réclamé la présence de 38 témoins absents sur les 108 témoins de ce procès. Ils ont obtenu l'ajournement de l'examen de l'affaire en raison également de «l'absence de conditions d'équité et de transparence». Ce procès sera présidé par Reggad Mohamed, alors que les assesseurs-conseillers seront Bouhamidi Nadia et Mansouri Hakim.