Les cours du pétrole ont perdu environ 60% de leur valeur en six mois. Et la production nationale est en déclin. Elle est de 0,98 million de barils/jour (mbj) en 2015 et sera de 0,99 mbj en 2016. L'Algérie risque d'être confrontée à un double défi : pendant que les cours du pétrole se maintiennent à des niveaux bas, le pays fait face à une décrue de sa production d'hydrocarbures. Dans sa mise à jour des perspectives économiques de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), le Fonds monétaire international (FMI) prévoit un repli de la production pétrolière et de gaz naturel de l'Algérie. La production devrait être de 0,98 million de barils/jour (mbj) en 2015 et de 0,99 mbj en 2016, contre 1,02 mbj en 2014. Pour le FMI, l'incertitude persistante sur les marchés pétroliers, combinée désormais à un recul de la production d'hydrocarbures, exacerbe les facteurs de vulnérabilité budgétaire et extérieure auxquels est actuellement confrontée l'économie algérienne. «La production et les prix du pétrole, ainsi que la poursuite des conflits dans la région, compromettent fortement les perspectives. Les incertitudes restent très fortes sur le marché du pétrole : la volatilité des prix a atteint un niveau record et la production risque de baisser», écrit l'institution de Christine Lagarde dans ses notes réservées à l'Algérie. Des notes qui sont empreintes encore une fois de pessimisme quant à la résilience de l'économie algérienne aux chocs externes. La dégradation des indicateurs financiers du pays est liée à chute des cours du pétrole, qui ont perdu environ 60% de leur valeur en six mois seulement. Pour le FMI, le prix d'équilibre budgétaire du pétrole de l'Algérie se situe à 111,1 dollars/baril en 2015 et à 110,2 dollars/baril en 2016. C'est dire que l'équation budgétaire se complexifie pendant que les prix du pétrole peinent à remonter la pente. A ce stade, les plans de rééquilibrage budgétaire tardent à se mettre en place en Algérie, au moment où d'autres pays sont d'ores et déjà lancés dans une course contre la montre à même d'atténuer l'effet du choc pétrolier. Les prévisionnistes de l'institution de Bretton Woods restent pessimistes quant à une remontée des prix du pétrole. «Les responsables de l'action publique doivent se préparer à une période prolongée de faibles prix du pétrole et réévaluer leurs plans de dépenses à moyen terme en conséquence», avertit le FMI dans son rapport sur les perspectives économiques de la région MENA, publié hier. Les pays doivent prendre des mesures pour remédier à leurs facteurs de vulnérabilité budgétaire, à savoir l'érosion rapide de leurs volants de réserve et le niveau élevé du prix du pétrole requis pour atteindre le seuil de rentabilité, et pour économiser des montants équitables de leur patrimoine pétrolier non renouvelable au profit des futures générations. Pour que les pays exportateurs de pétrole de la région MENA puissent limiter la casse, le FMI appelle à la maîtrise des dépenses courantes, notamment «en limitant l'expansion de la masse salariale du secteur public et en réduisant les subventions généralisées à l'énergie, qui continuent d'être élevées dans de nombreux pays malgré la faiblesse des prix du pétrole». Mais pas seulement. L'institution de Christine Lagarde juge nécessaire de poursuivre d'importantes réformes structurelles parallèlement au rééquilibrage budgétaire, pour abandonner les modèles antérieurs d'une croissance entraînée par des dépenses publiques financées par le pétrole. Ce n'est pas la première fois que le FMI donne une note défavorable de notre conjoncture et sur les perspectives économiques de l'Algérie. C'est désormais une tradition bien ancrée.