Taourga, une commune perchée à 700 m d'altitude, à 70 km à l'est de la wilaya de Boumerdès, a perdu son calme habituel après la mort suspecte de deux de ses enfants au lieudit Lemghassel, commune de Makouda, Tizi Ouzou. Tout a commencé dans la nuit de samedi à dimanche derniers, où les corps des deux jeunes H. Soufiane âgé de 32 ans, père de famille, et B. Arezki, 25 ans, ont été découverts carbonisés dans leur véhicule. Ce qui alimente encore plus le doute et la suspicion de la population de Taourga, ce sont les balles qui ont transpercé la voiture des deux victimes, ainsi que le fait qu'elle ait été brûlée après. Le témoignage recueilli auprès du cousin d'une des victimes fait état qu'«un véhicule a poursuivi la voiture où se trouvaient les deux victimes, ainsi que la troisième personne qui a échappé à la mort, et ce, depuis Oued Ksari jusqu'à Makouda, à l'ouest de Tizi Ouzou, alors qu'ils étaient de retour d'une fête de mariage à Attouche. Ils ont stationné au bord de la route, et une troisième personne est sortie du véhicule pour se soulager. A ce moment-là, elle a entendu des coups de feu en direction de la voiture à son bord les deux jeunes victimes». Selon des sources concordantes, le miraculé s'est précipité pour se cacher dans les maquis environnants. Il s'est rendu ensuite au chef-lieu de la ville de Makouda pour alerter les services de sécurité sur ce qui venait de se passer. Nos tentatives pour contacter cette troisième personne sont restées vaines. Personne, au niveau de Taourga, n'est au courant de l'endroit où elle se trouve actuellement. Face au mystère entourant cette affaire et au silence des autorités, la colère des habitants de Taourga ne cesse de croître. Pourtant, ils ne réclament que la vérité sur la mort des deux jeunes, ainsi qu'une enquête qui fera toute la lumière sur cette affaire. Pour exprimer leur indignation, les habitants de Taourga ont fermé pendant deux jours, mardi et jeudi, la RN12 au niveau de Tadmaït (Tizi Ouzou) à toute circulation automobile. Jeudi aussi, une grève générale a paralysé toute la commune de Taourga. Pour le moment, le ministère de la Défense nationale n'a pas encore réagi aux informations rapportées par certains titres de la presse nationale et sites internet qui évoquent la piste d'une bavure militaire au sujet de la mort des deux jeunes de Taourga. De son côté, le Front des forces socialistes (FFS) a déploré, dans un communiqué rendu public sur sont site internet hier, «le silence et la fuite en avant des autorités, malgré les interpellations incessantes et la protestation de la population locale. Ce qui alimente les soupçons et la suspicion sur les circonstances réelles de l'assassinat de ces deux jeunes». Le FFS exige «toute la lumière autour de ce drame».