Les prévisions vont à l'encontre de l'enthousiasme démesuré du secrétaire général de l'OPEP. Le prix moyen du pétrole devrait se situer à 52 dollars le baril pour 2015. C'est la Banque mondiale qui vient de réviser à la baisse ses prévisions de juillet qui tablaient sur un prix moyen de 57 dollars. Dans un rapport sur le prix des matières premières publié hier, cette institution de Bretton Woods indique que cet abaissement reflète le ralentissement de la croissance économique mondiale, le fort niveau actuel des stocks et la prochaine arrivée sur le marché mondial d'un surcroît de production en provenance d'Iran après la levée des sanctions internationales. Des prévisions qui vont à l'encontre de l'optimisme pour le moins démesuré du secrétaire général de l'Opep, qui tablait plutôt sur un recul de la production des pays non Opep et sur une augmentation de la demande mondiale. Dans ce rapport trimestriel, la Banque mondiale indique également que son indice des principales matières premières a chuté de 17% au troisième trimestre en raison principalement de la baisse des prix de l'or noir, mais également d'autres matières premières. Depuis juin 2014, les cours du pétrole ont perdu 60% de leur valeur ; ils culminaient à plus de 110 dollars le baril en juin 2014 contre 48 dollars actuellement. Pour la BM, la même tendance sera observée en 2015 puisque les prix de l'énergie devraient être de 43% inférieurs en 2015 à leur niveau de 2014. Pour les matières premières hors énergie, la baisse devrait être de 14%, a indiqué le rapport. Pour la Banque mondiale, le retour du pétrole iranien sur le marché est une variable déterminante dans le calcul de ses projections. En effet, l'institution prévoit que l'Iran devrait augmenter dans les prochains mois sa production de 500 000 à 700 000 barils par jour pour atteindre un total de 3,6 millions de barils jours, soit leur niveau de 2011, avant le renforcement des sanctions. L'Iran pourrait commencer également à exporter immédiatement les 40 millions de tonnes actuellement stockées sur des pétroliers. Le pays du shah possède aussi les plus importantes réserves mondiales de gaz naturel et pourrait également en exporter à l'avenir d'importantes quantités, rappelle la Banque mondiale. De quoi accentuer les peines de certains pays membres de l'Opep, dont l'économie repose essentiellement sur les recettes liées à la vente d'hydrocarbures. Dans la situation actuelle des marchés, seule une réduction de la production américaine de pétrole de schiste et des risques géopolitiques pourraient soutenir les cours. Pour les autres matières premières, la Banque mondial table sur une baisse de 16% du prix des métaux en 2015, de 8% de celui des métaux précieux et de 13% de ceux des produits agricoles.