Le système LMD est à la croisée des chemins et devra désormais consacrer «la gouvernance universitaire» conformément aux recommandations de la conférence. «Un cap qui sera réalisé à travers le renforcement des programmes et des sessions de formation à même de renforcer les capacités administratives de l'université», avait alors déclaré le ministre de l'Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, rappelant que le principe de toute réforme universitaire «est un processus sociétal avant qu'elle ne soit technique et opérationnelle». D'où la mise en place de dispositifs pour une vulgarisation des ambitions universitaires. C'est ainsi que des portes ouvertes sur l'université pour la rentrée prochaine ont été délocalisées. Pour le cas de Constantine, l'université est sortie de sa «franchise» pour aller à la rencontre des candidats au baccalauréat en plein centre-ville, précisément au palais de la culture Mohamed Laïd El Khalifa du 29 au 31 mars. Cependant, cette présentation de l'institution universitaire et de ses filières n'a pas attiré foule parmi les concernés. Le timing y était peut-être pour quelque chose, puisque les élèves de terminale sont en pleine période de révisions. Mais pas que ! Durant les trois jours de ces portes ouvertes, seuls quelques parents ont répondu présent. «Je m'informe sur les filières disponibles à l'université de Constantine, mais ça revient à mettre la charrue avant les bœufs, le système d'orientation fausse les vocations, nos enfants ne choisissent pas, on les contraint à suivre tel ou tel cursus», nous confie, dépité, le père de Ghassan, élève de terminale, qui s'en ira sans trop de conviction avec quelques dépliants informatifs. Il est vrai que la fiche d'orientation est loin de représenter une accroche sur le parcours des nouveaux bacheliers. Elle définit leur avenir professionnel qui n'est pas forcément au prorata de leurs aspirations. Et les exemples sont légion, à la lumière des échecs et des blocages dès la première année universitaire. Mais là aussi, il y a du nouveau. La fiche de vœux n'est pas annulée mais réduite, ce qui n'est pas négligeable. «A partir de cette année, la fiche de vœux comportera six choix au lieu des dix habituels. Ce nombre va se réduire pour les années à venir jusqu'à disparaître», a affirmé le ministre de tutelle samedi dernier, lors d'une réunion avec les représentants des organisations estudiantines et syndicales. Universités MENTOURI, MEHRI ET ALI MENDJELI Les recteurs des trois universités de Constantine ont tenu une conférence de presse autour du sujet pour répondre aux attentes des futurs étudiants qui étaient les grands absents à ce rendez-vous. La présentation des différentes facultés, écoles et instituts composant les trois universités — à savoir Constantine 1 Frères Mentouri, Constantine 2 Abdelhamid Mehri et Constantine 3 Ali Mendjeli — a quand même été faite devant un parterre d'enseignants et d'étudiants en graduation et post-graduation. «Ce n'est pas un exposé sur les filières que nous avons entrepris durant ces portes ouvertes. Il s'agit d'informer sur l'importance du pôle universitaire de Constantine, dessiner les contours de chaque discipline… Nous sommes allés en profondeur dans l'explication des compétences», nous a confié Abdelhamid Djekhoun, recteur de l'université Mentouri. On n'en est pas encore au stade des universités anglo-saxonnes qui vont jusqu'à faire de la prospection, mais l'université moderne doit faire valoir ses atouts. «Aujourd'hui, le monde a évolué et l'université n'a pas d'autre alternative que de suivre le mouvement. Nous voulons donner la possibilité et le choix à l'étudiant pour se projeter dans la vie non avec un statut social, mais avant tout avec une qualification qui contribuera à la création de richesse», précise M. Djekhoun. Le ministère de l'Enseignement supérieur, qui a pris en compte plusieurs recommandations issues de la conférence d'évaluation du système LMD, a introduit certains allègements dans les procédures pour épargner aux futurs étudiants certaines tracasseries, notamment en ce qui concerne les œuvres sociales. A Constantine, l'institution a opéré sa mue en matière de restauration et d'hébergement, entre autres. Avec 32 résidences universitaires, 40 restaurants, un parc roulant de 500 bus et plusieurs espaces pour les activités culturelles et sportives, les conditions socio-pédagogiques adéquates sont-elles pour autant réunies pour une vie d'étudiant sereine ? A en croire les responsables, c'est le cas. A contrario, les mouvements de protestation estudiantins qui émaillent l'année universitaire viennent écorner ce satisfecit officiel. Le directeur de l'ONOU égrène d'autres nouveautés, dont la simplification de certaines démarches administratives. La plus éloquente est celle relative à l'hébergement, puisque pour la rentrée 2016-2017, l'attribution du logement se fera via internet, évitant ainsi aux concernés le déplacement, parfois très pénible pour les étudiants du sud du pays. Idem pour les demandes de bourse. La spécialisation des résidences — comprendre que telle cité U sera réservée aux étudiants de telle filière — est un autre point inscrit dans les dispositions à venir. Le taux d'occupation par chambre, qui est actuellement de deux résidents, passera à un. Le volet restauration n'est pas en reste : quatre résidences ont opté pour le self-service, dispositif qui sera généralisé progressivement.