Douze cas d'hépatite C ont été détectés au service pédiatrique de l'hôpital Nafissa Hamoud (ex-Parnet) à Alger. Admis au service de pédiatrie, les enfants atteints suivaient des séances de chimiothérapie. Si les parents mettent en cause l'absence de mesures d'hygiène et une probable transfusion de sang contaminé, la direction de l'hôpital, qui a ouvert une enquête, ne privilégie pas ces hypothèses. «Ma fille, atteinte du cancer neuroblastome, a été admise en décembre pour des séances de chimiothérapie. En juin dernier, on a détecté chez elle une hépatite C. Sa sérologie était étrangement positive à l'hôpital. Les laboratoires ont donné un résultat négatif confirmé par l'Institut Pasteur», raconte Chaour Mahfoud, père de Alaa, âgée de 28 mois, originaire de la wilaya de Djanet (Illizi). Le père réclame une enquête «sérieuse» sur les cas d'hépatite C détectés à l'hôpital. «Le cas de ma fille est malheureusement là. D'autres services seraient atteints en raison de l'absence de mesures d'hygiène dans ce service ou dans d'autres CHU», signale ce père, contraint de se déplacer au nord du pays pour la prise en charge de sa fille en raison de l'absence de structure d'oncologie pédiatrique au Sud. Députée MSP de Tébessa, Samira Douaifia a alerté l'opinion sur les cas d'hépatite C particulièrement à Tébessa, Khenchela, Oum El Bouaghi et Batna. Elle a posé une question orale sur la fréquence des cas d'hépatite particulièrement dans ces quatre wilayas. « J'ai posé en avril 2015 une question orale au ministre de la Santé. La réponse est venue en juin. Le ministre a évoqué l'adoption d'un nouveau traitement vers fin 2015. Le seul changement a été la réduction de la durée de prise des doses à 3 mois. Pas d'étude épidémiologique ni mesure d'hygiène sérieuses ne sont prises par la tutelle», regrette la députée, contactée par El Watan. Sur les 90 lits au service pédiatrie de l'hôpital de Hussein Dey, 32 sont dédiés à la prise en charge du cancer infantile. Plus des deux tiers des petits malades viennent de l'intérieur du pays, notamment du Sud. Le chef de ce service affirme que l'enquête sur les cas «se poursuit» et qu'à l'heure actuelle «on ne sait pas ce qui s'est réellement passé». «Une patiente atteinte d'hépatite C a été admise dans le service. Elle était en période d'incubation et il était impossible de détecter le virus dans son sang. Le service concerné par les cas a été fermé pendant un mois. Une enquête du service d'épidémiologie n'a pas déterminé de cas d'hépatite C parmi les donneurs de sang», explique-t-il. Et d'assurer de l'existence de «conditions d'hygiènes extrêmes» dans son service où il n'y apas eu de nouvelle contamination. Le ministère de la Santé n'a pas répondu à nos sollicitations.