Dans un best-off intitulé Le meilleur de la culture en 2016, les critiques d'art du New York Times, Holland Cotter et Roberta Smith, ont partagé leurs choix avec les lecteurs du quotidien créé en 1851 et qui a glané à ce jour 117 prix Pulitzer, un record inégalé. Les deux journalistes recensent toutes les manifestations qui ont marqué la scène culturelle américaine. A commencer par l'inauguration, en septembre dernier, du magnifique Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaine créé par la Smithsonian Institution. Implanté à Washington, non loin de la Maison-Blanche, l'ouverture de ce musée, qui abrite une collection de 37 000 objets, est qualifiée de «the cultural event of the year» par nos confrères qui ajoutent qu'«il arrive à point nommé : au début d'un nouveau mouvement pour les droits civiques». Parmi les manifestations artistiques sélectionnées, figure la première exposition en solo à New York de l'Algérien Rachid Koraïchi. Signalée dans la saison des expositions individuelles remarquées dans cette ville, elle s'intitulait «Love side by side with the soul» et a eu lieu à la galerie Aicon (3 mars-16 avril). Lors de son vernissage, Holland Cotter, 4 fois lauréat du Pulitzer, écrivait : «L'harmonie dans la multiplicité est le message : belle pensée, vision capiteuse.» Il est intéressant de noter, bien qu'il ne s'agisse pas d'un classement, que l'exposition de Koraïchi figure en troisième position dans les choix pour cette catégorie. Un fait qui n'est pas anodin dans une ville qui compte des centaines de galeries, des milliers d'expositions par an et concentre à elle seule 37% du marché mondial de l'art, selon l'organisme Artprice. Né en 1947 à Aïn Beïda, Rachid Koraïchi a été élève de l'Ecole nationale des beaux-arts d'Alger, puis de l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Depuis, développant une expression contemporaine originale qui s'appuie sur le patrimoine ancien et s'inspire du soufisme, il a franchi des étapes remarquables vers une consécration internationale. Aujourd'hui, il est probablement le plus coté des artistes algériens sur le marché mondial. Son insertion dans le best-off culturel du New York Times vient confirmer cette ascension et indique qu'il devrait être de plus en plus sollicité par le vortex artistique américain. Signalons par ailleurs qu'en 2016, il s'est vu attribuer par l'Autorité palestinienne la nationalité et un passeport diplomatique en raison de son engagement continu envers ce peuple. D'autres Algériens percent sur la scène artistique internationale. Nous nous attacherons à les faire connaître, à l'image de Kader Attia qui a reçu en octobre 2016 le prestigieux Prix Marcel-Duchamp, référence de l'art contemporain et dont nous parlerons prochainement.