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Les plans communaux de développement
Une relique d'un mode suranné de planification ?
Publié dans El Watan le 13 - 11 - 2006

Appelés PCD par abréviation, ces outils de planification ne semblent pas avoir atteint la globalité nécessaire, pour répondre pertinemment aux sollicitations des administrés, ou du moins aux généreuses intentions du planificateur.
La globalité signifiant l'intégration de tous les facteurs, qui concourent au succès de toute entreprise, quelle qu'en soit la nature. Le triptyque de faisabilité et de pertinence étant : Où, quand et comment ? Qu'était il attendu de cette planification territoriale qui supposait, l'implication de fait de l'administré, à travers ses élus, dans la gestion de ses préoccupations quotidiennes ? Il en était attendu, l'identification, la quantification, l'estimation des besoins de groupements de population dûment cernés, à l'effet d'y apporter des réponses appropriées. Ces réponses constitueront, sans nul doute, le principal critère d'appréciation de la satisfaction du besoin exprimé. Visant la promotion socioéconomique de l'individu, cet acte de planification ne semble pas avoir répondu aux attentes de celui-ci. Les réponses, dans la majorité des cas, sont demeurées insuffisantes ou franchement lapidaires. Expression d'une volonté politique de déconcentration et de décentralisation d'attributions dévolues au Centre, cette délégation de pouvoir planifier, n'a pas été judicieusement mise à profit par les édiles locaux. Ils n'ont pas, pour la plupart d'entre eux, saisi l'opportunité qui leur était offerte pour améliorer le quotidien, des populations dont ils ont la charge. Il faut leur reconnaître cependant, qu'ils n'ont aucune responsabilité, dans l'octroi de ce pouvoir de décision ambivalent, dont ils étaient soudainement investis, sans beaucoup de préalables. La " déresponsabilisation " de l'administration communale, représentée par le secrétaire général, le comptable communal et les services dits techniques au profit de l'élu, a joué un rôle des plus négatifs sur la construction et le développement d'un " machinisme administratif local ". On avait applaudi à l'affectation des premiers administrateurs, fraîchement sortis de l'Ecole Nationale d'Administration, architectes, ingénieurs, vétérinaires et mêmes de biologistes pour les besoins des services communaux. Cet encadrement technique n'a en fait, rien pu apporter de nouveau, à l'édifice qui reste à construire. Ces jeunes cadres de formation supérieure, n'ayant pas encore acquis la maturité professionnelle requise, seront livrés aux " pièges " dressés sur leur chemin par les carriéristes, qui s'ingénieront avec un malin plaisir, à les livrer à la moquerie de subalternes incultes. Réduits, ils se confineront dans un espace où les travaux d'écriture ou de comptage, seront leur seule occupation. Le peu d'entre eux qui réussira, le fera contre vents et marées, en dépit de toutes les vicissitudes. Les territoires conquis depuis fort longtemps, leur seront hermétiquement fermés. Le président de l'Assemblée populaire communale lui-même, se sentira mieux avec Si Abdallah ou Si Kaddour, ancien commis aux écritures. La dénivelée dans ce cas de figure, n'est pas si grande pour pouvoir inquiéter le premier magistrat de la cité, par de velléitaires tentatives de déstabilisation par compétences interposées. D'aucuns me diront, mais toutes ces considérations psychosociales, n'ont rien à voir avec le développement territorial ! Oh que si, malheureusement ! Sinon comment peut on justifier, ces défiances opposées aux " maires ", par de nombreux exécutifs çà et là et de manière récurrente, ou ces hiatus béants de sollicitudes insatisfaites, en totale contradiction avec les enveloppes financières annuellement consenties, ou ces choix impertinents à la limite de l'ubuesque, qui ont souvent émaillé le développement local ? Encore que je m'interdise dans le propos, d'invoquer le clanisme et le népotisme qui empoisonnent au quotidien les relations interhumaines, notamment dans les profondeurs du pays. Je m'astreindrai donc à énumérer quelques cas illustratifs, de cette longue liste de ratés et dont on ne mesure pas encore les coûts des retombées négatives induites par l'inconséquence et l'incurie. Il y a lieu de citer ces dispensaires réalisés en rase campagne sans usagers autour, ou ces écoles sans enfants ou ces routes qui ne mènent nulle part, par consommation prématurée de l'enveloppe budgétaire ou par oubli de l'ouvrage d'art, qui devait enjamber le cours d'eau à sec, ou par inopportunité. Le mimétisme de l'injonction hiérarchique, n'a pas fini de nous faire voguer de Charybde en Scylla. Rappelons nous cette frénésie dans la réalisation d'abris bus, pour des localités, qui ne disposaient que d'une seule navette journalière de transport ou ces supports éventrés, sertis de fils électriques mortels, ou de ces candélabres disloqués. Ces attributs urbains prétendant à la modernité donneront, à des faubourgs ou hameaux une éphémère illusion citadine. L'acharnement dans la réfection des trottoirs de la rue principale, pendant que les autres voies pataugent encore dans la fange, résiste crânement à toutes les critiques. Les promoteurs de ces " œuvres " s'entêteront en dépit du bon sens, dans leur démarche inopérante, fustigée aussi bien par le citoyen que par certains membres du même exécutif. Les portiques et les " arcs de triomphe " érigés à l'entrée et la sortie des villages, font souvent sourire le passager, par la forme ou par le contenu. Certaines stèles commémoratives font injure, par leur candeur ou par leurs disproportions, aux personnages qu'ils sont censés glorifier. Le défunt président Mohamed Boudiaf doit s'en retourner dans sa tombe. Les panneaux fleuris chantant les vertus d'une " ville propre ", dont certains anglicisés " the clean is beautiful ", rien que çà ! n'échappent pas à la règle ; ou encore ces " 3 horloges " muettes à peine installées. On a même inventé le vocable " mobilier urbain " pour faire inscrire de telles inepties. Que dire alors de la décennie de turbulences sécuritaires, vécues par le pays, où tous les desseins incongrus se sont engouffrés, pour réaliser n'importe qu'elle gabegie. Les surélévations de clôtures, les barreaudages, les circuits de caméras de surveillance, les frises métalliques là où, le besoin ne se faisait même pas sentir, ont favorisé l'émergence d'une ploutocratie constituée, de ferronniers, de fabricants de parpaings et autres artisans. Les plans sectoriels de développement (PSD) relevant des services déconcentrés de l'Etat, ne font pas parfois exception à la règle, dans le registre des scories de l'indigence. La réalisation du nouveau rond point de la double voie d'une ville de la côte ouest algéroise, n'avait pas à la fin des travaux, livré tous ses secrets. Aux premières averses automnales, on découvrait qu'il n'avait pas été tenu compte, de l'évacuation des eaux boueuses de ruissellement qui dévalaient des hauteurs. Alors là, ce sont de nouveaux travaux de creusement, de raccordement et de déviation des voies. Ce n'était plus des travaux correctifs, mais une importante opération apparemment " oubliée " par l'étude. Cette négligence a causé, pendant ce mois de Ramadhan, des désagréments incommensurables aux automobilistes, qui en venaient parfois aux mains pour " le droit de passage ". Il est communément admis, que ce n'est pas la compétence ou encore moins l'intelligence des intervenants, qui sont à remettre en cause, mais plutôt les exigences des multiples plans directeurs et d'orientation. Appelés jadis plan de modernisation urbaine (PMU), zone urbaine d'habitat nouvelle (ZUHN), plus tard plan directeur d'aménagement urbain (PDAU) ou plan d'occupation des sols (POS) et autre zone d'expansion touristique (ZET), carcans techniques s'il en fut, ont constitué la pierre d'achoppement à l'esprit créatif des techniciens. Ces néologismes, importés pour la plupart d'ailleurs, ne répondaient souvent pas à notre mode de vie, ni à nos traits de caractères socioculturels. Le développement intégré des sociétés urbaine et rurale a péché, par l'absence d'un maillon incontournable que sont le sociologue et l'anthropologue. L'urbaniste et l'architecte ne peuvent être tenus pour responsables, que de la projection et de la viabilité technique de l'œuvre, édictées par les règles de l'art. Les choix stratégiques relèvent d'un autre niveau de compétence. La défunte commission de choix de terrains de wilaya, a vécu le temps qu'aura vécu la rose. Supplantée par une commission communale, dont le souci essentiel de certains de ses membres, n'était pas souvent animé par l'intérêt suprême de la chose publique, elle devenait caduque. Son obsolescence ouvrait la voie à la déchéance urbaine vécue par nos cités. Il s'est même trouvé des membres, qui se faisaient remplacer par des subalternes, pour ne pas dire autre chose. Les conférences interservices ont depuis longtemps, disparu des bonnes mœurs administratives. Il est rare de trouver dans une salle de délibération, une cartographie de la commune ou du tissu urbain, à l'effet de visualiser les points noirs ou les projections futures. Cette documentation peut exister, mais l'usage dont il est fait, ne dépasse guère les fonds de tiroirs ou les salles d'archives. Le standard a quelque part favorisé, les excès. Le référent démographique, s'est dissout sous le statut administratif. Quand le président décidait de la réalisation de 100 locaux commerciaux pour les jeunes et par commune, il ne lui venait assurément pas à l'idée, que l'on traiterait une commune des ksour sahariens de la même manière que celle de Baraki. La modulation du fait politique, doit être en toute évidence, adaptée à la réalité locale. Rappelons nous ces Souk El Fellah, qui desservaient plus les passagers ou voyageurs, que la population locale elle-même. La réponse est à chercher ailleurs. N'est il pas temps d'auditer ces collectivités locales, non pas par suspicion, mais par simple curiosité intellectuelle, à l'effet de tendre vers la rectitude des actions à entreprendre à l'avenir ? Les plafonds du cours du baril, n'atteindront plus les cimes du début de l'actuelle décennie. La tendance généraliste et multiforme imprimée au développement local, est certainement la cause sous jacente à ce stérile débat. Ne faut il pas recentrer l'action
communale sur les missions traditionnelles de cette collectivité dite locale ? Ne devrait elle pas se réapproprier la gestion de son espace territorial par la reconstitution de son fonds patrimonial, eau, sable, minéraux et autres gisements ? Les axes majeurs de son action ne devraient plus dépasser ceux de l'aménagement du sol, de l'assainissement, du réseau secondaire de l'approvisionnement en eau potable, de l'éclairage public, de la voirie, du nettoiement, de la salubrité publique et de police générale. Ne remarque t-on pas ces meutes de chiens, errants dans nos villes et villages, pour lesquels aucun service n'est outillé, pour y faire face. Les traditionnels morgue, cimetière, fourrière et chenil municipaux ont disparu de l'imaginaire collectif. Véritable radeau de la méduse, l'administration communale plie sous le poids de la craie et de la gomme de l'école, du filet social, de l'équipe de football, du transport scolaire. On lui invente des festivités de tous genres, de la datte à l'olive, de la fraise à la cerise, du mouton au chameau et du bijou traditionnel au tapis etc. Ces manifestations culturocommerciales ne peuvent relever que de la seule compétence des chambres professionnelles et à leur charge.Recentrée sur ses missions régaliennes, l'action de cette collectivité locale, ne pourra être que pertinente, pour répondre aux attentes de sa composante. Et ce n'est pas peu. Assurées selon les normes universellement admises, ces attributions nécessiteront des compétences et des plans d'exécution qu'il faudra élaborer selon les canons modernes. Les petite et moyenne industries trouveront dans ce cas leur plénitude, pour mener toutes ces actions, dont certaines relèvent déjà de la complexité technologique. Les décharges publiques fumantes, les déchets biologiques hospitaliers, n'ont toujours pas trouvé de réponses idoines. Identifier et grever d'affectation spéciale, des excavations à combler, pour le déversement des gravats, issus de ces éternels travaux de construction et de reconstruction qui n'en finissent jamais. Le transport vers la décharge de ces déchets solides, pourrait même, être pris en charge par les services de la commune, contre facturation péremptoire. Le dirigisme tutélaire a certainement participé à cet immobilisme monolithique, dans lequel se complaisent beaucoup de volontés, pas nécessairement mauvaises. L'une des attributions majeures de la collectivité, la maintenance des espaces urbains, s'est dissoute sous la facilité de l'inscription d'opérations planifiées, induites par le plan communal de développement. Entre la proposition, l'inscription de l'opération et sa budgétisation, les préjudices causés à l'ouvrage dépassent de loin, le coût réel qui aurait pu y être consacré pour sa réhabilitation ou son maintien en l'état. Il n'est pas interdit de se tromper, mais il est inadmissible de persister dans une démarche prouvée inefficiente, menant inéluctablement à l'échec. N'est-il pas temps de reconsidérer la composante de l'actuelle assemblée populaire communale ? Comprenant un nombre moyen de 12 à 36 membres, cette assemblée dont la moitié est souvent absente par désaffection délibérée ou involontaire, ne peut à elle seule, réfléchir les préoccupations de l'administré. Il n'est pas hérétique d'envisager une nouvelle composante à l'instar du Sénat, qui comprendrait 2/3 de membres élus et 1/3 de membres désignés par la tutelle. Ce tiers " présidentiel " sera choisi parmi les notables, les professions libérales et les fonctionnaires reconnus pour leurs compétences. Beaucoup d'individualités professionnelles sont escamotées, par réserve personnelle ou par défaut d'ambitions politiques.
L'auteur est Cadre de l'administration sanitaire à la retraite


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