Le directeur de la Conservation des forêts, Ali Mahmoudi, estime que Béjaïa se rapproche de la norme nationale en termes d'infrastructures et de dispositif anti-feu déployé sur le terrain. Mais cela reste insuffisant. La région dispose de 836 ha de tranchées pare-feu (TPF) contre 799 ha en 2016, de 41 unités de points d'eau de 50 m3 contre 40 l'an passée et seulement 654 km de pistes forestières. Les programmes visant à densifier ces moyens dans le cadre de la prévention et de la surveillance des feux de forêt sont renforcés par l'inscription d'un programme susceptible de couvrir un tant soit peu l'ensemble du territoire de la wilaya. Il s'agit de l'inscription de l'ouverture de 32 TPF, l'aménagement de 68 pistes et l'ouverture de 16 autres, ainsi que la réalisation de 3 points d'eau et 2 bassins. A ce sujet, l'administration constate le manque de collaboration des gros propriétaires de terres privées, qui s'opposent à l'intervention des pouvoirs publics sur leurs propriétés afin d'implanter des points d'eau ou des bassins. Dans le même chapitre, les services des forêts ne disposent que de 11 véhicules équipés assistés par deux autres véhicules de la Protection civile qui sont réservés pour intervenir sur un domaine forestier qui s'étend sur plus de 122 500 hectares. Une tâche difficile pour les forestiers, qui voient, par ailleurs, leur effectif se réduire par le fait des départs à la retraite laissant des postes non remplacés. Les chasseurs en renfort Face au désintéressement des associations quant à l'installation d'un comité de riverains, les pouvoirs publics ont sollicité la Fédération des chasseurs, composée de 18 associations, qui compte prêter main- forte aux hommes de la Protection civile et surtout aux forestiers, dans la détection des feux notamment. Cette catégorie, dont l'activité s'exerce dans les forêts, peut s'avérer d'un apport certain dans la sensibilisation dans le milieu rural, la détection des feux, l'alerte et l'assistance à la Protection civile et à la Conservation forestière sur des terrains peu connus de ces services. En plus de leur parfaite maîtrise du terrain, les chasseurs ne connaissent que bien l'impact négatif de la pollution et des feux de forêt sur la richesse animalière et végétale de la région. On a compté également sur l'association Asssirem Gouraya, qui a pris l'initiative de confectionner et de distribuer des autocollants pour la prévention contre les incendies. 1247 km de routes à désherber par la DTP La Direction des travaux publics (DTP), l'une des directions concernées par le dispositif de lutte contre les incendies, participe par des opérations de nettoyage et de désherbage des accotements des routes. Ses effectifs sont à pied d'œuvre depuis le lancement, le premier juin dernier, de la campagne de sensibilisation et de prévention contre les feux de forêt. La DTP est chargée essentiellement de prendre en charge les routes nationales et les chemins de wilaya. Selon Zouaïd, chef de service entretien et exploitation des infrastructures routières, «l'opération de désherbage se poursuit toujours sur le terrain. Elle a atteint un taux de 80% à 95% sur les routes nationales et entre 40% et 50% d'avancement sur les chemins de wilaya». Interrogé sur la prise en charge des routes forestières qui mènent au cœur des forêts, le responsable a indiqué que ses services «ne sont pas concernés par ces zones», précisant que les priorités de la DTP «sont les routes nationales et les chemins de wilaya, mais très peu les routes communales». En tout, 444 kilomètres de routes nationales et 803 kilomètres de chemins de wilaya sont entretenus chaque année par la DTP dans le cadre de la campagne de prévention contre les feux de forêt. Par ailleurs, notre interlocuteur regrette la suppression du dispositif Blanche Algérie, un cadre dans lequel sont créées de petites entreprises chargées du nettoyage, notamment, en milieu urbain et suburbain.