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Mères célibataires et enfants abandonnés
Absence de réseau de prise en charge
Publié dans El Watan le 23 - 06 - 2007

Elle a affronté l'ordre socio-religieux de la société et de ce fait elle paye le lourd tribut de sa résistance. Elle, c'est la mère célibataire, ou la fille mère, et dans les deux cas, il s'agit d'une personne courageuse qui ne mérite pas le regard méprisant et réducteur et demande juste qu'elle soit considérée comme un être qui veut contrôler son corps.
Un être qui a les mêmes droits que les hommes. Ce sont les principales idées qui ont marqué jeudi la journée d'étude, organisée par le réseau Wassila, en collaboration avec le Créad à Alger. Spécialistes et représentants de la société civile ont levé une partie du voile qui couvre ce que certains ont qualifié de tragédie. Pour le professeur Fadela Chitour, cette rencontre s'est assignée trois objectifs. Le premier est de montrer que le problème des mères célibataires et des enfants nés hors mariage ont droit à la reconnaissance, à la protection et à l'aide institutionnelle. Le second est d'exposer la détresse et la souffrance des mères célibataires à travers l'expérience du réseau Wassila et des autres associations qui travaillent dans le domaine et qui, à chaque fois, soulèvent l'indignation et la colère. Pour ce qui est du troisième objectif, le professeur indique qu'il est question de contribuer à changer le regard que porte la société sur les mères célibataires et les enfants abandonnés. « Avant, les mères célibataires subissaient les pires souffrances qui vont de l'exclusion et le bannissement jusqu'à l'élimination physique. Certaines familles préfèrent plutôt trouver des artifices pour les intégrer (la mère et son enfant) dans le milieu familial, des solutions qui perpétuent le mensonge et qui provoquent des dégâts incommensurables aussi bien pour la mère que pour l'enfant. Aujourd'hui, ces artifices ont disparu du fait des changements qu'a connus la société. Les femmes ont investi l'espace public, le monde du travail, les relations entre hommes et femmes ont évolué, l'âge du mariage a reculé pour atteindre les 32 ans pour les hommes et 30 ans pour les femmes, ce qui rend impossible le contrôle de la sexualité des femmes », explique le professeur Chitour. La spécialiste relève que le contrôle de la sexualité avant le mariage est aujourd'hui totalement dépassé du fait du recul de l'âge du mariage. Elle rappelle en outre que l'examen difficile de l'hymen reste entaché d'erreurs et peut avoir des conséquences incalculables. « N'est-il pas temps d'interdire carrément cet examen surtout quand on sait que les femmes aisées réparent cette membrane même après un accouchement moyennant de l'argent ? Les gens continuent à confondre entre certificat prénuptial et certificat de virginité, un gage que la femme est obligée de présenter avant le mariage… ». La spécialiste lance l'idée d'aller vers une interdiction toute simple de l'établissement du certificat de virginité par les gynécologues. La société, dit-elle, a suffisamment avancé pour éviter « le mensonge et l'hypocrisie ». Mme Annick Taïeb, secrétaire général de l'Association algérienne enfance et famille d'accueil bénévole (AEEFAB), qui existe depuis 20 ans, durant lesquels 1700 nourrissons ont été recueillis (dont un tiers a été remis à la mère) tente quant à elle de comprendre le phénomène des mères célibataires et de l'abandon à travers l'expérience de l'association. Sur un échantillon de 271 enfants recueillis par celle-ci entre 2004 et 2006, 88 ont été repris par leur mère, 181 placés dans le cadre de la kafala et 2 sont morts. La conférencière explique avoir établi le profil des mères célibataires à travers les informations contenues dans les procès-verbaux d'abandon et les dossiers des nourrissons admis dans les deux pouponnières.
Un taux de reprise des enfants de 32,5%
L'analyse fait état de 52% de mères célibataires âgées de moins de 25 ans, mais la tranche d'âge la plus représentée est celle des 20-25 ans, avec 46% des cas, alors que 17 ont moins de 20 ans et 6 sont mineures. Les femmes qui reprennent leurs enfants constituent la catégorie des 20-25 ans, avec 53% des cas, suivie des moins de 20 ans, avec 41% des cas. En outre, elles sont 253 sur 271 à avoir accepté de donner des informations sur leur situation familiale. 81% de l'échantillon sont célibataires, 15% divorcées ou en cours de divorce et 2,7% des veuves. Si le taux moyen de reprise est de 32,5% pour l'ensemble de l'échantillon, il est de 33% pour les femmes divorcées, de 30% pour les célibataires et seule une femme veuve a repris son enfant. Il ne semble pas que la situation individuelle soit un facteur déterminant dans la reprise des enfants. 254 femmes sur les 271 ont fait état de leur niveau d'instruction. Ainsi, un cinquième des mères célibataires est analphabète et le quart a fréquenté l'école primaire (14% de ces dernières n'ont pas atteint la 6e année). En outre, 47,4% des mères ont fait le collège et ou le lycée et 4,7% sont universitaires. Dans 39% des cas d'abandon, les mères sont analphabètes. L'analyse montre que les mères ayant une activité professionnelle ont une légère tendance à reprendre leur enfant. Mme Taïeb révèle que la majorité des femmes, soit 65% des cas, reprennent leur nouveau-né avant la fin du délai de 3 mois et 17% avant le premier mois, notamment les mères mineures, 35% des mères ont demandé un délai supplémentaire, précisant que la prolongation du délai de réflexion concerne beaucoup plus les nouveau-nés filles (68%) que garçons (62%). La secrétaire générale de l'AEEFAB relève l'inexistence de réseaux de prise en charge des mères célibataires qui accouchent, selon elle, dans l'anonymat, précisant que sur les 271 cas, 9 seulement étaient accompagnées de leur famille lors de la procédure d'abandon ou de reprise et seulement 22 ont eu un soutien. Il est noté que pour 71 cas, soit 26% de l'échantillon, le père est inconnu ou la mère n'a aucune information sur lui, pour 145 des cas, soit 56%, le père est au courant de la grossesse et pour 124 cas, il est informé de l'abandon. D'autre part, 5 pères ont nié la paternité, 24 auraient refusé la reconnaissance et 5, dont un mineur, étaient incarcérés.


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