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Un pays de contrastes
Impressions de Chine
Publié dans Horizons le 25 - 12 - 2012

on quittant le sud-est de la Chine pour se rendre à Beijing, comme les Chinois appellent leur capitale, tout ou presque change. Ainsi, la végétation n'est plus luxuriante, elle prend les formes et les couleurs de la steppe. L'impression est accentuée par le manteau de neige qui recouvre la ville en cette mi-décembre. Est-ce la proximité de la Sibérie qui explique ce froid qui cingle le visage et mord les orteils ? De temps en temps s'élèvent des nuages de fumée, mais on est loin du brouillard vicié qui étouffait Pékin, alors l'une des villes les plus polluées au monde. Car depuis la tenue des Jeux olympiques de 2008, les autorités ont beaucoup fait pour préserver l'air. Une prise de conscience quant à l'importance de protéger l'environnement est apparue. La ville est immense comme tout dans ce pays-continent où on compte 3000 variétés de thé. Elle regroupe près de vingt millions d'habitants et six périphériques en forme de cercles concentriques entourent la cité, qui s'étend sur une superficie de 16 808 km2. Malgré un réseau de routes dense et moderne qui maille la vingtaine de provinces, la circulation est un véritable casse-tête. Les embouteillages monstres font partie du quotidien. Six millions de voitures y sont recensées et les autorités ont dû prendre des mesures comme d'autoriser l'usage de celles-ci en fonction de l'immatriculation. Ainsi celle qui se termine par un chiffre impair aura droit à tel jour pour pouvoir rouler, et celle qui s'achève par un chiffre pair, à tel autre. La construction de nombreux parkings est une autre solution envisagée. Les Pékinois préfèrent le transport public, beaucoup moins cher. Les bus sillonnent la ville, arrivent l'un derrière l'autre à deux minutes d'intervalle et beaucoup sont conduits par des femmes. Le métro, inauguré en 1975, est également très fréquenté. Celui-ci compte 16 lignes et le ticket est de 2 yuans (environ 0,4 euro). Comme les murs de la ville, ses dédales échappent encore (jusqu'à quand ?) aux publicitaires. Sur les larges avenues à double voie qui, parfois, s'étirent sur plus de 40 km, une bande est toujours réservée aux motos et vélos qui sont très utilisés pour se rendre au travail ou à l'école. Séparées par des barrières, on peut passer de l'autre côté en empruntant des passages souterrains. Personne n'est assez pressé de traverser, évitant ce sport familier aux Algériens qui slaloment au milieu des voitures.
Une discipline à toute épreuve
Les Chinois, sympathiques malgré le handicap de la langue, ont toutes les apparences d'un peuple discipliné. L'anglais est certes étudié dès les premières années de la scolarité, mais beaucoup ignorent la langue de Shakespeare sans parler de celle de Molière. Les kiosques ne regorgent que de publications chinoises dont des versions de magazines comme « Elle » ou « Géo ». Il n'existe qu'un seul quotidien en anglais le « China Daily » peu visible dans la masse des autres journaux. Dans un immeuble de trois étages au centre-ville le « National Books », les rayonnages débordent de livres en chinois brassant toutes les disciplines. Accroupis ou debout, des personnes de modeste condition lisent avec concentration sans jamais élever la voix. Dans une banque, les agents de sécurité n'ont pas la nonchalance des nôtres, ils ressemblent davantage aux soldats et n'hésitent pas, le visage ferme et le pas martial, à arpenter la petite salle. Les militaires en tenue verte chargés de la surveillance de certains sites publics marchent avec la même raideur comme si la route était une caserne. La ville est d'une propreté irréprochable car une armée d'agents munis de balais traquent la moindre feuille volante ou mégot. Quelques citoyens n'hésitent pas à se mettre près des poubelles métalliques pour griller une cigarette et éviter ainsi d'éparpiller la cendre. A Pékin, hormis dans les grands hôtels comme l'Intercontinental ou au sein des grandes entreprises multinationales, on voit peu d'étrangers dans la rue. La haute saison touristique est en été. Par contre, en groupes, beaucoup de Chinois de la province viennent visiter leur capitale qui regorge de sites magnifique comme la vaste place Tiananmen, qui fait face à l'Assemblée du peuple et au Musée national de la Chine. Un écran lumineux diffuse les mots d'ordre du parti. Ici se déroulent les grandes manifestations qui célèbrent les réussites de la République qui a édifié un monument pour ses héros. C'est là aussi que s'est déroulé en 1989 un mouvement de contestation dont plus personne ne parle au point que les jeunes ne connaissent rien de cette « opposition », qui pèse peu sur le cours des événements. « Le poids économique et diplomatique de la Chine pousse les pays étrangers à adopter un profil bas sur la question », nous confie un diplomate. Tiananmen jouxte la Cité interdite, qui est appelée ainsi car les étrangers n'avaient pas le droit d'accès à ce fascinant ensemble de palais abritant les dynasties de l'Empire chinois qui a cessé d'exister en 1911. A une demi-heure de route de Pékin, un pan de la Muraille de Chine est une attraction où l'on rencontre des touristes venus de pays aussi lointains que la Colombie. Cet ouvrage de défense s'étire sur plus de 5000 km traversant de multiples paysages d'une diversité et d'une beauté ineffables. Pékin compte aussi une centaine de musées, des places magnifiques, à visiter. Une simple balade dans le Vieux Pékin, où les serveuses sont en tenue traditionnelle, permet de constater un souci de préserver l'architecture traditionnelle et d'offrir une gamme de services au visiteur allant de la restauration aux produits d'artisanat. Il existe même un immense marché spécialisé dans la contrefaçon, qui, comme pour tous les produits, va du moins bon à la bonne qualité.
Le col et la casquette Mao : du folklore
Il suffit de se placer au bord de la route ou aux abords des restaurants et magasins de grandes marques occidentales qui fleurissent partout, pour constater que les nouveaux riches aiment rouler en Audi ou en Peugeot. En une trentaine d'années de liberté d'entreprendre, la Chine s'est métamorphosée. Le Chinois au col et à la casquette Mao relève du folklore. Le Grand Timonier, qui jouit du respect dû aux personnages de l'Histoire, demeure toutefois présent et le mausolée à deux pas de la place Tiananmen, où il est enterré, constitue une attraction pour ceux qui viennent à Pékin. ` Ses portraits ornent encore les billets de yuan et les objets d'artisanat. Ses théories sont toujours étudiées à l'école, mais la jeune génération est davantage plongée dans les smartphones, les iphones 5e génération que dans le Livre rouge. Les magasins regorgent de marchandises et les ménagères font leurs emplettes dans des supermarchés qui, d'ailleurs, arborent les enseignes de marques occidentales. « Tout le monde n'est pas riche pour autant, explique une guide touristique, et les loyers surtout sont très chers. » Dans le hall du métro, quelques jeunes vendent des babioles, et aux abords des sites touristiques, ils jouent au chat et à la souris avec des policiers. Le modèle chinois pâtit aussi de l'existence de disparités en matière de salaires entre régions et entre ville et campagne. Le 1,4 milliard d'habitants a des niveaux de vies différents. L'ancien Premier ministre Zhu Rongji avait eu l'idée, à la fin des années 1990, d'une « économie des vacances » pour stimuler la consommation intérieure. Les Chinois ne bénéficiaient alors que de trois jours fériés par an (le nouvel an chinois, le 1er Mai et le 1er Octobre). Les week-ends de deux jours venaient juste d'être accordés. Avec l'arrivée à l'âge adulte de la génération de l'enfant unique obligatoire depuis 1980 et l'augmentation du niveau de vie général, les mœurs ont beaucoup évolué. Comme en Europe, la nouvelle génération adopte de plus en plus le mode de vie et la gestion du temps en vogue en Occident. Les chinois voyagent beaucoup. Selon le « China Daily » du 21 décembre, leur nombre atteint pour la seule Grande-Bretagne 150 000 avec un niveau de dépenses de l'ordre de 390 millions de dollars. La lecture des journaux en papier et l'amour de l'opéra seraient par contre en baisse. Toutefois le mot « patrie » suscite encore de la fierté chez beaucoup d'entre eux qui se montrent ravis d'entendre un compliment sur les réussites de leur pays.
Le modèle chinois face aux déboires de l'occident
En mars, le pays s'apprête à installer son nouveau Président. Il a été désigné après la tenue du 18e congrès du Parti communiste, le mois dernier, qui a été vécu comme un grand événement politique. Xi Jiyping, âgé de 59 ans, est l'époux d'une célèbre chanteuse a vécu aux Etats-Unis et adore, dit-on, le basket. Il forme avec six autres dirigeants la plus haute structure du pouvoir exécutif. Il devrait lancer des réformes, notamment pour combattre la corruption qui touche même des structures dirigeantes du parti. Ce dernier n'est nullement disposé à se remettre en cause. Le multipartisme n'est pas inscrit à l'ordre du jour. « Le système qui combine l'économie de marché et l'autoritarisme politique a certes des défauts, explique dans un français approximatif un professeur de l'université de Pékin, mais la crise du modèle occidental de démocratie et son incapacité à assurer la croissance économique permet encore à notre système de se renforcer et de perdurer ». Le parti où existent des sensibilités fait de plus en plus place aux détenteurs de capitaux.
L'évolution des assemblées populaires au cœur de la réforme politique
L'accent est mis sur l'accroissement de leur représentativité, avec la diminution de la part des cadres du Parti qui représentent encore 70 % des députés siégeant à l'Assemblée nationale. D'autre part, la réforme vise à renforcer la supervision du gouvernement par l'Assemblée, notamment sur le budget de l'Etat et ses dépenses. La surveillance du Net et l'inexistence d'un discours d'opposition et d'une presse critique, offre de la Chine un modèle contrasté où coexistent des signes de stagnation et d'autres plus nombreux d'un développement qui place désormais le pays au rang de deuxième puissance économique mondiale. La Chine est devenue un vaste laboratoire où pour le moment les avancées technologiques et la prospérité économique relèguent au rang de superflu la démocratisation. Celle-ci empruntera sûrement des voies et des chemins inédits.


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