Le premier recensement économique national sera lancé dimanche prochain, a annoncé, jeudi, Sid Ali Boukrami, secrétaire d'Etat chargé des Statistiques sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale. Il a relevé qu'il y a un consensus sur l'insuffisance de la fiabilité des informations sur le tissu industriel. «Il y a des statistiques diverses et multiples. Les répertoires utilisés n'ont pas été actualisés», a-t-il dit. Il a notamment rappelé que le tissu industriel a été partiellement détruit durant les années 1990. «L'économie était à dominante publique. Elle est devenue à dominante privée. Le programme d'ajustement structurel a été destructeur pour l'Algérie. Il a réduit l'économie algérienne à sa portion congrue. Alors, jamais plus cela», a-t-il dit. Le secrétaire d'Etat chargé des Statistiques a fait remarquer que depuis 2000, l'investissement en Algérie est assuré par la puissance publique, un investissement qui a été, en 2010, de l'ordre de 4.000 milliards de dinars. «L'investissement productif est réduit. L'Algérie a attendu la venue d'investisseurs privés pour les grands projets et personne n'est venu. L'investissement public continue de se maintenir. Si vous prenez la loi de finances 2011, le secteur public va investir 3900 milliards de dinars. C'est énorme mais on n'a pas d'alternative à cela», a-t-il regretté. Revenant au recensement économique, l'invité de la radio a indiqué qu'il concernerait également l'informel. D'après lui, c'est un dysfonctionnement de l'économie. «Il s'agit d'une relation négative entre l'administration et les opérateurs économiques. C'est-à-dire que les règlements que vous faites sont soit inadaptés soit inopérants. Il y a donc un travail à faire», a-t-il souligné. Dans ce sillage, Sid Ali Boukrami a annoncé qu'un questionnaire sur les préoccupations des entités économiques sera adressé aux chefs d'entreprises à la faveur du recensement. Il a informé que les agents recenseurs enregistreront tout ce qui est observable. «Nous ferons une cartographie de tous les opérateurs. Cela va toucher environ 1.400.000 opérateurs économiques. Nous voulons gagner leur confiance et leur dire que l'administration est à leur service et à celui des citoyens», a-t-il affirmé. A noter qu'un budget d'un milliard de dinars a été consacré à cette opération, qui sera encadrée par 60 responsables des services statistiques de wilaya, 2.000 délégués communaux, 700 agents d'encadrements et 3.000 agents recenseurs. Elle se déroulera en deux phases distinctes. La première consiste à dénombrer l'ensemble des entités de toutes les activités et tous les secteurs juridiques confondus en vue de mettre en place un fichier général des entreprises et établissements économiques. La deuxième phase portera sur une enquête approfondie qui devrait toucher un échantillon d'entreprises sur la base d'un questionnaire (propre à chaque secteur d'activité), pour la collecte de l'ensemble des données physiques et comptables.