L'ère du professionnalisme a l'air de mal débuter pour les clubs algériens dont la plupart ont du mal à trouver la parade pour donner un semblant de changement à leur situation sur le terrain qui reste quasi identique à l'ère des clubs sportifs amateurs (CSA) déguisés en pseudoprofessionnels. Et en ce début de saison, où les stades n'ont pas changé de look et où les habitudes sont restées les mêmes, le championnat vit des paradoxes incroyables. Au moment où le président Serrar, de l'Entente de Sétif, évoque que le salaire moyen d'un joueur de son club est de 1 million de dinars par mois, les joueurs de Saïda ne portent pratiquement pas de sponsor sur leur maillot et évoluent dans un stade sans panneaux publicitaires. Que dire de la grande JSK qui a rallié par route Saïda, vivant le calvaire avec bouchons et pertes de temps, fatigue et courbatures pour des joueurs professionnels qui ont sombré le jour du match. Ne parlons pas de pelouses en mauvais état comme celle du stade du 5-Juillet lors du terne derby algérois entre le MCA et l'USMA, ni les interviews après match des acteurs qui ne se font pas devant un panneau publicitaire ou dans une zone mixte, mais à l'entrée d'un vestiaire avec derrière des têtes de supporters ou de personnes gravitant autour du club. Ni des conditions dans lesquelles travaillent les gens de la presse, sans pupitre ni chaise, ni une place convenable pour placer une caméra ou un trou pour passer un câble, sans compter les humiliations dès l'arrivée jusqu'au moment de quitter le stade. Et la liste risque de prendre des pages entières pour parler de ce début de soi-disant professionnalisme du foot en Algérie.