Constat - Les entraves à la liberté d'initiatives et l'absence de débouchés sont les principales causes du départ massif des diplômés. L'élite nationale semble bien trouver son compte aux USA, au Royaume-Uni, mais aussi en France. Ce pays, a, à lui seul, accueilli, selon les chiffres avancés hier lundi par le Professeur Louisa Chachoua, Chef du service ophtalmologie au CHU Naffisa Hammoud (ex-Parnet) près de 6 500 médecins spécialistes durant les dernières années. Faute d'une réelle prise en charge socioprofessionnelle, pour cause d'insécurité, mais aussi à cause de la marginalisation dont ils sont victimes, les intellectuels algériens (toutes branches confondues) optent ainsi pour un départ, parfois sans retour. Ces jeunes médecins se contentent d'un salaire ne dépassant pas 3 000 euros, bien que supérieur à celui perçu par un enseignant universitaire en Algérie, «car étant convaincus de réaliser un avancement dans leur carrière professionnelle et bénéficier d'une formation continue à long terme, relève l'intervenante en marge de la signature d'un protocole de coopération algéro-francais en matière de formation, de prise en charge du cancer et de transplantation d'organes. Elle a tenu à préciser que l'envoi de médecins nouvellement diplômés dans les régions intérieures du pays où manquent les conditions nécessaires de travail pousse ces derniers à émigrer pour travailler dans des hôpitaux français après avoir passé la Procédure d'autorisation d'exercice (PAE ) au Centre culturel français (CCF). Dans ce contexte, Mme Chachoua a déploré la perte de ces futures compétences précisant que l'Etat veille à pallier le déficit enregistré en matière de couverture sanitaire en faisant appel aux services de spécialistes étrangers moyennant d'importantes sommes en devises. Les médecins algériens, a-t-elle dit, n'hésiteront pas à aller travailler dans les régions éloignées moyennant des salaires équivalents à ceux octroyés aux médecins étrangers. Le chef de service ophtalmologie au CHU Naffisa Hammoud (ex-Parnet) a, dans ce cadre, appelé à encourager les nouveaux diplômés en leur donnant la chance de contribuer à l'édification du pays à l'instar de ce qui est en vigueur dans les pays développés. Assurément sachant que bon nombre d'établissements de santé publique, de cliniques et même des CHU à travers, particulièrement les zones les plus reculée, accusent un déficit en médecins spécialistes, notamment dans l'imagerie médicale, la radiologie, la réanimation et l'anesthésie.