InfoSoir : Les enfants des trois cycles du système éducatif national souffrent, ces dernières années, d'une surcharge des programmes. Quelle est votre analyse ? Meziane Meriane : La surcharge des programmes ne date pas d'aujourd'hui. C'est un problème majeur qui alourdit le quotidien de nos enfants et il est plus que nécessaire d'apporter des changements. Toutefois, toute modification dans ce sens nécessite beaucoup de réflexion et des concertations entre tous les acteurs concernés. On ne devrait pas changer de programmes comme on change de chemises et c'est pour cette raison, d'ailleurs, que le Snapest demande de faire une halte pour une évaluation exhaustive des réformes réalisées dans ce secteur, où beaucoup de choses doivent changer. Les enseignants se sont, eux aussi, longtemps levés contre cette situation. Mais il semble que leurs mouvements n'aient pas encore abouti à des mesures concrètes. Une évaluation des résultats de la réforme est plus que nécessaire. Les enfants d'aujourd'hui n'ont pas le niveau qu'avaient les enfants des années 60 et 70. Il est vrai que les enseignants ont protesté, mais c'est au ministère d'apporter les changements nécessaires et je crois qu'il est plus que jamais temps. Il y a aujourd'hui une nécessité d'associer des sociologues, des psychologues, des pédagogues dans toute initiative. Le niveau de nos élèves est très faible et «on ne peut cacher le soleil avec un tamis», comme dit un adage de chez nous. Il y a un gros travail à faire pour rétablir la situation. Quelle solution préconise le Snapest ? Il faut bannir la précipitation dans l'élaboration des programmes pédagogiques, car il s'agit de l'avenir de nos enfants et de notre pays. Le Snapest appelle à adopter une démarche progressive fondée sur l'analyse et l'association des scientifiques. On propose aussi de revoir la semaine de quatre jours et demi, car cette organisation a échoué là où elle est essayée pour la simple raison qu'elle entraîne une fatigue et des difficultés d'apprentissage, ainsi qu'un manque de vigilance et un manque de performances liées à une désynchronisation liée au week-end prolongé. Les taux de réussite dans les examens de fin de cycles sont, tout de même, considérables. Un paradoxe ? Dire que les résultats sont excellents, c'est une analyse précipitée. Aucun paramètre ne permet d'affirmer qu'on a atteint la qualité de l'enseignement requise. Lorsqu'on se classe dernier à l'Olympiade des mathématiques, lorsque des élèves ne maîtrisent correctement ni les mathématiques ni les langues, on ne peut pas se vanter d'avoir atteint les objectifs escomptés. Il suffit de voir cette attitude des parents à inscrire leurs enfants pour des cours particuliers et l'inscription dans des écoles privées pour comprendre que l'école publique ne répond pas aux aspirations et aux attentes des familles algériennes. (*) Secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement secondaire et technique (Snapest)