Résumé de la 1re partie - Dennis Nielsen a été profondément éprouvé par la mort de son grand-père avec qui il partageait tant de choses... Dennis ne comprenait pas pourquoi grand-père, même mort, ne pouvait pas rester là avec lui, même s'il ne pouvait plus raconter d'histoires. Il lui en aurait raconté, lui, des histoires, il n'avait qu'à rester là dans ce lit. Pourquoi ne peut-on pas garder ceux qui vous aiment et qu'on aime ? C'est le premier souvenir terrible de cet abandon, qui ne va plus quitter Dennis Nielsen. Plus jamais jusqu'à la fin de son itinéraire. Grand-père a été enterré en 1951. Le plombier n'arrive dans l'histoire qu'en février 1983. 1960. Dennis a quinze ans, il précède l'appel et s'engage dans l'armée. On le place aux cuisines, où il apprend le métier de boucher – comment découper un mouton, désosser, comment aiguiser les couteaux. C'est facile, c'est une technique qu'il maîtrise vite. Dennis reste onze ans dans l'armée. Trois années de formation, où il est très heureux. Il est ensuite affecté en Allemagne, puis en Norvège et au Moyen-Orient. L'armée britannique lutte contre les terroristes yéménites, et Nielsen échappe de justesse à l'un d'eux, qui l'a capturé, déshabillé, enfermé dans le coffre d'une voiture. Nielsen fait le mort, attend que le Yéménite vienne ouvrir, et il l'assomme avec le cric. Il fera longtemps des cauchemars où il est violé, torturé, découpé au poignard yéménite. En 1969, on le retrouve à Berlin dans un régiment de Highlanders, où il s'occupe du mess des officiers. Ensuite il est nommé chef de cuisine des sous-officiers de la garde royale de la reine à Balmoral. Puis, en 1971, il se retrouve aux îles Shetland, service des transmissions. En 1972, il est caporal mais n'est plus heureux du tout dans l'armée britannique, dont la conduite en Irlande du Nord l'écœure. Il démissionne, emportant avec lui comme souvenir la photographie d'un camarade, qui a posé pour lui dans l'herbe verte des Shetland, en soldat mort pour la patrie. La police le tente, il s'y plaira pendant deux ans, mais l'esprit de corps n'est pas le même. Durant son apprentissage, en revanche, il garde un souvenir précis d'un cours donné à la morgue pour habituer les recrues à la découverte des cadavres. Il est fasciné. Le soir chez lui, il se maquille tout en blanc, yeux cernés et creusés de noir, pour voir la tête qu'il aurait, mort, dans le miroir de la salle de bains. Il a vingt-neuf ans. Il n'est plus heureux dans la police. Il aurait dû arrêter ces deux homosexuels qui se livraient à des actes répréhensibles dans leur voiture, une nuit d'été. Il n'en a pas eu le courage. Il a eu pitié d'eux. Où en est-il de son itinéraire, Dennis Nielsen ? Il a découvert la mort qui le fascine, l'alcool qui l'aide à supporter les soirées solitaires, et l'homosexualité qui le tente. 1974. Il trouve un poste à l'agence pour l'emploi du quartier de West End à Londres. Il devient un fervent syndicaliste socialiste. 1975 rencontre avec l'amour. Il s'appelle David, il est jeune et beau garçon, il décore l'appartement de Melrose Avenue, où Dennis s'est installé avec lui. Ils ont un chien et un chat, leur amour dure deux ans, puis David le quitte. Un jour, sans vraie raison, il ne l'aime plus, il l'abandonne... (A suivre...)