Constat - Outre le mauvais accueil, l'accès aux soins au service d'ophtalmologie (urgences) était quasiment interdit aux malades. «Je ne comprends pas ce qui se passe ici, le service est ouvert mais les urgentistes ne sont pas là», se lamente un homme adossé au mur près de la porte qui mène à la salle de soins. A notre arrivée, il était à peine 13 heures, mais le service était complètement désert. «Les ophtalmologues du bloc ont un cours comme chaque mercredi, revenez vers 16 heures, vous serez, peut-être, pris en charge», nous dit un assistant médical du même service se trouvant au sous-sol. Ce dernier a essayé de justifier l'injustifiable : «Les médecins qui étaient là ce matin sont autorisés à poursuivre leurs études les lundis et mercredis suite à une note du ministère de tutelle.» Cette réponse ne semble pas convaincre les patients dans la salle d'attente. «Ce n'est pas normal, ce sont des urgences (...) logiquement c'est ce service qui doit permettre aux patients d'être pris en charge dans les plus brefs délais et dans les conditions les plus adaptées. En clair, être mieux soignés», ont commenté à l'unanimité ces malades. Une femme qui vient d'arriver avec sa fille ayant un problème aux yeux, a exprimé sa colère contre ce genre d'attitude. Un sexagénaire ayant l'air épuisé s'impatiente : «Je suis venu ce matin de Skikda pour une consultation urgente, ils m'ont dit que les médecins étaient en train de déjeuner» ! Un peu plus tard, la plupart des patients ont été obligés de quitter le lieu pour s'orienter vers le service d'ophtalmologie en espérant trouver une meilleure prise en charge. Sauf que, ce service était encore fermé. Et d'après certains malades qui attendaient devant la porte, ce service ne sera ouvert qu'à 13h 30. Plusieurs malades ont abandonné la partie. Certains ont su garder leur sang-froid en tentant pour la enième fois de voir un ophtalmologue. En vain. «L'accueil, vitrine du service public, est loin d'être chaleureux ici !», se plaint un homme. « Le maître assistant ne doit intervenir qu'en cas d'accident grave. En outre, ce bloc est autorisé uniquement aux malades hospitalisés», nous explique un infirmier sur un ton hautain et dédaigneux. «Vous cherchez quoi madame ? Ah c'est au sous-sol qu'il faut aller !», nous répond un médecin. Il ajoute : «Ecoutez, si on vous a dit qu'il n'y avait pas d'urgentistes au sous-sol, ce sont des menteurs.» Pis, nous avons constaté que les infirmiers s'apprêtaient à faire le premier diagnostic et décider eux-mêmes du sort des malades partant du principe que «les douleurs ophtalmologiques ne tuent pas !»