Constat - En dépit de leur dangerosité reconnue sur la santé du consommateur, les articles contrefaits parmi les plus usités durant la saison estivale, à l'instar des lunettes de soleil ou des produits de bronzage, demeurent très répandus sur le marché national et largement sollicités par les Algériens. Faisant partie du paysage extérieur des villes algériennes, le phénomène de l'étalage d'articles divers à même le sol, sur des trottoirs censés être réservés exclusivement aux piétons, semble avoir encore de beaux jours devant lui, tant il semble faire le bonheur d'une large proportion de consommateurs. Peu regardants sur les conséquences redoutables de ces produits sur leur santé, ces derniers sont en priorité soucieux de faire de «bonnes affaires» eu égard aux prix sensiblement bas proposés par ceux qui s'improvisent vendeurs. Les tarifs de ces articles renseignent sur leur piètre qualité mais sont un argument suffisant pour être écoulés aisément : pour moins de 500 DA, on peut se procurer une paire de lunettes de soleil, déclinées sous leurs différents modèles et formes et se voulant le plus imitatives des labels internationaux d'origine, lesquels sont conçus selon des normes de sécurité bien strictes afin de protéger contre l'exposition aux rayons ultraviolets (UV). «C'est beaucoup moins cher que ce qui se vend chez l'opticien ou en vitrine», s'accordent à argumenter de nombreux usagers de ce type de marchandise, reconnaissant reléguer la préoccupation de leur santé au second plan, car n'ayant «pas le choix». «Je ne peux me permettre d'acquérir une paire de lunettes à plus de 20 000 DA, aussi esthétique et sécurisée soit-elle», argumente Malika, une jeune cliente, croisée devant un étal aménagé sur l'un des trottoirs de la place bruyante des Trois-Horloges, à Bab El- Oued. «Je ne m'aventure jamais à acquérir ce genre d'articles quel qu'en soit le prix à payer!», s'exclame Salim, un quadragénaire à l'apparence très soignée. Il explique qu'«il ne s'agit nullement de frimer en s'affichant avec telle ou telle marque de lunettes, mais d'un souci de santé, de confort et de bonne qualité.» Quant à savoir la provenance initiale de cette marchandise, les vendeurs qui en ont été interrogés confirment ce qui relève du domaine public, à savoir son origine chinoise : «Je m'y rends moi-même régulièrement, j'en ramène par containers», lâche un jeune vendeur à la Place des Martyrs. Il désigne les deux boutiques qu'il loue non loin de là, rue Bab Azzoun et se félicite d'exercer un commerce «rentable». Plus généralement, explique-t-il, les vendeurs de ces articles, comme pour d'autres, se les procurent de main en main, tout en s'assurant une certaine marge de bénéfice.