Résumé de la 12e partie Selon Gein, Bernice Worden et Mary Hogan étaient «de mauvaises femmes». Elles méritaient de mourir ; il n?avait été que l?instrument de leur mort. Des années après la mort de sa mère, il s'était mis à voir «des visages dans les feuilles» et à «sentir des odeurs étranges». Ces odeurs continuaient à le troubler à l'hôpital, pendant les interrogatoires. Lorsqu'on lui demandait de quelle genre d'odeurs il s'agissait, il répondait : «Des odeurs de chair.» L'influence de sa mère monstrueuse divisa la personnalité de Gein à jamais. Deux êtres grandirent en lui, l'un adorant les figures maternelles qu'il voyait autour de lui, l'autre les détestant. D?un point de vue médical, le cas d'Edward Gein est l'un des plus complexes de l'histoire de la criminologie. Voyeurisme, fétichisme, travestisme et nécrophilie s'y trouvent horriblement mêlés. Ces perversions n'étaient pourtant que les manifestations d'une psychose plus profonde, un désordre de la personnalité issu des relations extraordinaires que Gein entretenait avec sa mère. Quand les psychiatres commencèrent à s'interroger pour comprendre quelles forces obscures animaient Gein, l'expression «complexe d'?dipe» fut souvent mentionnée. Gein, pensaient-ils, était, en fait, amoureux de sa mère. Après sa mort, il fallait, coûte que coûte, trouver une remplaçante à la seule personne qu'il ait jamais aimée. Ce fut la ressemblance entre sa mère et les deux victimes assassinées (toutes deux des maîtresses femmes quinquagénaires solidement bâties) qui poussa Gein au meurtre quand il fut dominé par son désir de posséder les deux femmes. Cependant, les rapports psychiatriques officiels sur Gein démontrent que la théorie de «l'amour incestueux vis-à-vis de sa mère» est, en fait, une simplification de ce qui se passait réellement dans son esprit, en particulier si l'on examine son cas à la lumière des découvertes médicales récentes. Selon ces rapports, Gein était un schizophrène, un homme dont l'esprit avait été mis en pièces par I'affrontement intérieur de personnalités incompatibles. On pense que la schizophrénie commence dès I'enfance, quand le jeune esprit est confronté à quelque chose de si terrible, si insupportable qu'il l'enfouit dans son subconscient en investissant une ou plusieurs autres personnalités plus à même de gérer la situation. Ce fut le cas du petit garçon timide dont la vie était, à chaque instant, dominée par la discipline rigide et le fanatisme religieux de sa mère, froide et sans amour. (à suivre...)