Voyance Satih et Chiqq étaient, avant tout, devins, dans la pure tradition arabe. On les consultait quand on se rendait à la guerre ou alors quand on avait des problèmes particuliers à résoudre. Cependant, les deux hommes s?étaient signalés aussi par des prodiges, et ce sont ces prodiges qui établissent justement leur réputation. Le plus grand prodige de ces magiciens était leur capacité d? «emprisonner la foudre» dans des pots et l?envoyer contre leurs ennemis. L?expression est, bien sûr, imagée, mais quand on traduit, en termes modernes, «envoyer la foudre» peut signifier déclencher? un courant électrique ! L?idée peut paraître absurde quand on sait que nos magiciens ont vécu plusieurs siècles avant la découverte de l?électricité par Volta. En fait, cette idée n?est pas aussi absurde qu?on peut le croire quand, en 1936, des archéologues irakiens découvrent, dans la région de Bagdad, un objet qui pourrait bien correspondre à une batterie et qui daterait au moins de 2000 ans ! Il s?agit d?un vase d?argile, comme celui que devait utiliser Satih, qui contient un cylindre de cuivre maintenu avec du bitume. A l?intérieur du tube se trouve une tige de fer avec l?extrémité supérieure dépassant du bouchon ; elle est recouverte d?un produit qui aurait pu être du plomb. Le bout inférieur de la tige n?atteint pas le fond du cylindre recouvert d?une couche de bitume. Le professeur König, qui a observé cet objet, est catégorique : il s?agit d?une batterie électrique ! D?ailleurs, l?objet a été reconfectionné avec les mêmes éléments. On a utilisé, à la place du liquide alcalin des piles modernes, du jus de raisin et des étincelles ont été produites ! Satih et Chiqq n?étaient peut-être que des savants géniaux qu?on avait pris, parce qu?on ne comprenait pas leurs découvertes, pour des magiciens !