Rappel La tradition arabe possède également ses magiciens : certains sont légendaires, d?autres réels. On a même dressé leur arbre généalogique, établi leur filiation. Certains ont même laissé des ouvrages. C?est le cas de Satih Ibn Rabi?â et de son compagnon Chiqq, qui s?étaient rendus célèbres par leurs tours de magie, mais aussi, comme nous le verrons, par leur esprit inventif. Les auteurs arabes ont décrit les deux hommes comme des monstres, au sens d?êtres dont la conformation diffère de celle des autres. Ainsi, Al-Messaoudi, dans son ouvrage Murudj adh-dhahab (Les prairies d?or), décrit ainsi Satih : «Il pliait tout son corps comme on ploie une étoffe, attendu qu?il n?avait pas d?os, excepté le crâne, et toutes les fois que la main palpait ses membres, la trace des phalanges s?y imprimait.» On le décrit encore comme une personne, non seulement sans os mais aussi sans muscle, obligé de rester constamment étendu sur le sol, sur un lit de branches et de feuilles de palmier. D?ailleurs, son nom, Satih, signifie en arabe «aplati» parce qu?il était toujours par terre. Chiqq, lui, était un cyclope : il n?avait qu?un ?il au milieu du front qui, de ce fait, était divisé en deux. Son nom complet était Shiqq al-Yachkari. Chiqq, lui, signifie «fente, brisure». Dans les légendes, Satih et Chiqq sont associés aux derniers temps de la djahiliyya, la période préislamique et les débuts de l?Islam. On rapporte que la nuit qui a précédé la mort de la devineresse T?urayfa ? celle-là même qui avait prévu la chute de la digue de M?arib, au Yémen ? celle-ci a demandé qu?on lui ramène les deux futurs magiciens qui venaient de naître. Elle les a pris dans ses bras et leur a craché dans la bouche, leur transmettant ainsi ses pouvoirs. (à suivre...)