«Les Algériens sont un peuple de lions. Ils ne baisent pas les pieds et les mains. Ils ne mendient pas.» «Le tourisme algérien n?est pas à prostituer. Il appartient au peuple.» «Nous ne nous inclinerons jamais, même si nous devons manger des cailloux chez nous.» «Nous créerons l?homme nouveau.» «Un pays qui n?a pas de problème n?est pas un pays ; or, grâce à Dieu, nous n?avons pas de problèmes.» «Il y a quelques années, l?Algérie était au bord du précipice, depuis elle a fait un pas en avant.» Ces phrases célèbres et authentiques sont tirées de discours officiels de chefs d?Etat et de responsables politiques des années de plomb. En ces temps-là, il était permis de déclarer les choses les plus farfelues. Il fallait juste encenser la «révolution» et flatter la multitude. Des populations entières étaient déplacées pour applaudir à tout rompre des diarrhées verbales, des discours fleuves, dont elles ne pipaient mot. Des «aboyeurs» étaient placés intelligemment au sein de la foule pour crier des slogans et des vivats. La télévision nationale ne manquait jamais de transmettre ces images édifiantes du Raïs qui déclarait avec fracas que l?impérialisme américain essuyera bientôt une cuisante défaite, que la réaction de l?intérieur et de l?extérieur ne passera pas et que depuis le sursaut révolutionnaire les peuples du monde entier avaient appris à compter avec l?Algérie. Les gens attentifs et vibrants qu?on nous montrait à la télévision étaient en transe et buvaient avec un bonheur à nul autre pareil ces tonitruantes professions de foi. Aujourd?hui, que d?eau a coulé sous les ponts ! Les envolées enflammées de nos leaders d?antan, leurs promesses d?une vie meilleure, leurs prédictions d?un avenir radieux ont fondu comme beurre au soleil. Des développements tragiques allaient venir démentir ce qui n?était que paroles, paroles, emportées par le vent. Malgré cela, nos dirigeants politiques semblent n?avoir tiré aucune leçon de ce jeu de massacres et continuent dans de longs discours à nous prodiguer leur science de la vie, quand ils ne mettent pas à profit la chance d?avoir été repêchés par le destin pour tirer à boulets rouges sur un prédécesseur qui les a traduits devant la cour des comptes. Mais tant va la cruche à l?eau?