Colorer le Mont-Blanc en rouge... Un canular ? Un artiste danois, auteur de projets spectaculaires et provocants, compte le faire «dans un proche avenir» au nom de la défense de l'environnement. D'origine chilienne, Marco Evaristti, 42 ans, refuse de lever le voile sur ce futur projet qui lui tient à cœur, «car les autorités françaises me stopperaient estimant cette idée insensée», dit-il, et «je ne suis pas fou». L'artiste est déterminé à le réaliser «sans autorisation», en aspergeant la montagne «de couleur à base de fruits rouges pour attirer l'attention sur la pollution des Alpes par les touristes». Il dit avoir engagé une équipe de 15 personnes pour transporter quelque 1 200 litres d'eau colorée jusqu'à l'une des cimes du Mont-Blanc pour l'asperger de rouge sur 2 500 m2. Coût de l'opération : environ 50 000 euros. Tout comme il prévoit au printemps prochain de réserver le même sort à une oasis au Maroc, comme «hymne à la fraternité entre les peuples, car le rouge c'est aussi la couleur de l'amour». Evaristti a le goût de la provocation. En 2004, il avait «peint» un iceberg en rouge au Groenland afin de protester contre «les dépôts de déchets nucléaires abandonnés par les Etats-Unis près de la base américaine de Thulé» au nord de l'île. Quatre ans plus tôt, il avait déclenché un tollé avec une exposition controversée au musée danois de Trapholt où il avait mis des poissons rouges dans des mixeurs, laissant aux visiteurs le choix d'appuyer ou non sur le bouton pour mettre en marche l'appareil et les transformer en bouillie.