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Défaillances, grèves et déperdition scolaire : un système éducatif à b
Le manque de formation des enseignants responsable de 50% des échecs
Publié dans La Tribune le 18 - 02 - 2014

Le système éducatif dans notre pays risque l'effondrement si des décisions courageuses et responsables ne sont pas prises. La situation actuelle montre le fiasco vers lequel se dirige l'éducation malgré tous les budgets alloués à ce secteur. En dépit de l'augmentation des taux de scolarisation en Algérie, on ne parvient pas encore à scolariser 100% des jeunes âgés de 15 à 19 ans. Une proportion importante d'élèves de 15 ans, après un long séjour dans les écoles, n'acquiert pas les compétences nécessaires pour comprendre un texte. Le niveau est tellement bas que les étudiants algériens éprouvent de sérieuses difficultés à suivre et doivent faire appel à des cours particuliers. Selon des experts, cette baisse de niveau est due à plusieurs facteurs : le manque de formation des enseignants, la langue d'enseignement et les conditions d'études. La formation, quand elle existe, est insuffisante et ne leur donne pas les outils nécessaires pour enseigner correctement dans les écoles. Ils estiment que la formation des enseignants et des instituteurs algériens n'est pas assez qualifiante et que les diplômes délivrés par les établissements formant les professeurs sont «insuffisants». «Le manque de formation des enseignants et des instituteurs est à l'origine de pas moins de 50% des échecs scolaires»,
a indiqué un représentant d'un syndicat de l'éducation nationale, d'où la nécessité, selon lui, de revoir les méthodes de formation appliquées au niveau des écoles normales, d'inclure des cycles de formation au profit des enseignants, «notamment en matière de connaissances psychopédagogiques, avant tout recrutement». En dépit des efforts consentis par l'Algérie dans le domaine de l'éducation, pour lequel des budgets importants ont été alloués tout au long des 50 dernières années, avec notamment la généralisation de l'accès à l'école primaire (de moins de 85% en 1980 à plus de 97% en 2011), beaucoup d'efforts restent à faire pour hisser la qualité de l'enseignement chez nous. Le constat est sans appel : la qualité de l'enseignement en Algérie est largement inefficace. Diverses réformes ont été menées, notamment dans les années 2000, mais celles-ci ont été faites sans une évaluation précise des carences du système éducatif et sans la construction d'indicateurs de qualité et de performance qui puissent permettre un réel pilotage du système éducatif. Entre la théorie et la pratique, il existe un énorme fossé qui s'ouvre déjà avec le cycle primaire où les petits apprenants ont tout le mal du monde pour
appréhender, comprendre et mémoriser le volumineux programme qui les oblige à porter des cartables en pliant sous son poids, à restreindre le temps de repos pour réviser et faire leurs devoirs et à sacrifier les distractions.
Là encore se pose un autre problème, celui de l'achèvement des programmes scolaires qui refait surface chaque année, une polémique qui s'installe du côté des enseignants, des élèves ainsi que des parents d'élèves. Le problème est très sérieux surtout pour ceux qui auront à passer un examen de fin d'année tels la 6e, le BEM ou le Baccalauréat. L'achèvement des programmes dans les délais devient alors le premier souci de ces derniers. Cette année, encore, le problème va sûrement se poser surtout avec la grève que connaissent actuellement les trois cycles et qui en est à sa 4e semaine. Le retard des leçons est déjà considérable, ce sera difficile de rattraper les cours perdus, encore plus difficile de terminer les programmes scolaires dans les délais.
Autre problème de l'école algérienne qui prend de l'ampleur, celui de l'échec scolaire qui touche toutes les catégories d'élèves dans notre pays. Les chiffres sont alarmants et parlent d'eux-mêmes. Seulement 15% des élèves inscrits en première année primaire atteignent la phase universitaire, alors que 50% d'entre eux abandonnent le milieu scolaire une fois arrivés au lycée. Ce problème aura d'autres conséquences, dont la déperdition scolaire qui n'épargne aucune catégorie sociale de notre pays et touche tous les paliers de
l'enseignement. C'est une problématique complexe car chaque aspect qui en découle lève implicitement le voile sur l'ampleur du phénomène. Le phénomène prend des proportions alarmantes d'après les spécialistes, ce sont plus de 500 000 élèves qui sont exclus annuellement de l'école algérienne.
La déperdition scolaire est illustrée par le nombre d'élèves qui quittent l'école en cours de cycle scolaire, suite à des exclusions décidées par le conseil des
professeurs pour diverses motifs, à savoir mauvais résultats, mauvaise conduite, ou suite à un abandon décidé par l'élève ou par ses parents pour différentes raisons (économiques, sociales...). Pour cerner ce fléau, cela nécessite une recherche approfondie étant donné que les raisons ne sont pas toujours d'ordre scolaire, mais assez souvent relationnel, social, mais aussi comportemental. Malgré le développement du système scolaire en Algérie, les inégalités «sociales» en disent long sur les causes. En effet, plus le niveau scolaire des parents est faible, moins élevées seront leurs positions professionnelles et cela induit donc de faibles revenus. Ce qui a une influence négative sur la
scolarité de l'enfant, et par voie de conséquence sur son développement intellectuel. Il est constaté que si le revenu économique, l'intérêt et le contexte culturels sont manifestement en défaveur des enfants scolarisés dans une famille à faibles revenus, le taux d'échec de ces derniers est plus grand que celui des enfants dont les parents ont plus de moyens financiers. Sur un autre plan, l'état délabré des établissements scolaires, la mauvaise gestion, la négligence, le manque d'hygiène, la mauvaise qualité des repas offerts aux élèves et l'absence de coordination entre les responsables des établissements scolaires et les collectivités locales est un véritable problème de gestion qui se pose.
Les élèves suivent leur cours dans des établissements en état de dégradation avancé. Il faut relever aussi la non-conformité des espaces de détente et de sport avec les normes de sécurité et de qualité, ce qui expose les écoliers et les lycéens à des dangers certains. Les structures et le matériel destinés à la santé scolaire ne sont pas en reste de ce constat alarmant. Les salles de soins scolaires souffrent de négligence et de mauvaise gestion. Matériels en panne, des médicaments sensibles stockés dans des conditions inappropriées, des appareils qui coûtent des milliards jamais utilisés ou sous-exploités. Il devrait être mis en place un organisme de suivi sur la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les structures et les équipements de la santé scolaire, les cantines et les infrastructures. Sans oublier le problème de la surcharge des classes, des élèves se retrouvant entassés dans des classes à l'espace insuffisant pour en accueillir un nombre important, dépassant parfois 40. Cette situation est très pénible pour les élèves qui ne peuvent pas suivre leur cours normalement, de même pour l'enseignant qui n'arrive pas non plus à gérer ce nombre important d'élèves dans une petite classe. Autre constat aussi alarmant, le poids du cartable qui est très dangereux pour la santé des élèves. Il constitue un facteur de risque de déformation de la colonne vertébrale, pouvant se traduire par une scoliose qui pourrait être irréversible dans bien des cas. Ce danger qui plane sur des millions d'enfants doit pousser les
responsables du secteur à mettre en œuvre des mesures efficaces pour régler définitivement la question du poids du cartable. Outre les risques sur la santé, de lourds cartables sont contre-productifs. Des pédagogues n'ont pas cessé d'attirer l'attention sur le fait que de nombreux élèves arrivent à l'école épuisés, ce qui se répercute négativement sur leur niveau de concentration. Ils arrivent également à la maison dans le même état de fatigue. Ainsi, il est nécessaire de mettre uniquement l'essentiel des affaires scolaires dans
les cartables et de ne pas dépasser les 4 kg alors que le poids moyen est estimé actuellement à 12 kg, ce qui représente trois fois le poids recommandé par les
spécialistes. Le ministre de l'Education nationale, Abdelatif Baba Ahmed avait annoncé que des mesures seront prises pour alléger le poids du cartable scolaire. Les livres scolaires devaient être élaborés en deux tomes et les classes équipées de casiers, selon ses propos, mais seules les APC dotées de moyens conséquents pourront réaliser ces casiers, chose qui défavorisera les établissements relevant de municipalités «démunies». Il s'agit également de
respecter l'emploi du temps réservé aux matières enseignées afin d'éviter à l'élève de ramener tous ses livres. Le travail du ministère est en cours, il reste à en voir les résultats.
A. K.


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