Un signal fort en direction de la contrefaçon a été émis par l'Etat. La dernière opération de destruction d'un lot de deux millions de supports audiovisuels vient confirmer que les pouvoirs publics veillent vaille que vaille à l'intégrité des projets et chasse les parasites. L'Office national des droits d'auteurs et des droits voisins (ONDA) aura réussi le coup de l'année en mettant hors circuits une grande quantité d'œuvres artistiques piratées saisies sur le marché informel au grand bonheur des créateurs et artistes. Une action salutaire confirmant la volonté des pouvoirs publics à endiguer ce mal qui lèse les efforts des artisans. Mais de telles opérations ne doivent pas s'arrêter à ce niveau. Elles interpellent divers partenaires pour maintenir la garde sur les pirates insouciants et inconscients de la propriété intellectuelle d'autrui. La collaboration entre les services de sécurité, les douanes et le ministère du Commerce et l'ONDA demeure la seule alternative pour dissuader les fraudeurs. «Le piratage est une affaire de tout le monde. Le mouvement associatif doit mettre la main à la patte à travers des campagnes de sensibilisation à l'adresse des jeunes en particulier qui sont les véritables consommateurs du web et de tout ce qui s'y poste en matière d'œuvres artistiques. Ils ne cessent de télécharger et de faire des copies destinées à la vente pour des sommes dérisoires», estiment quelques artistes à l'échelle locale. D'autres observateurs s'interrogent sur l'application des textes régissant ce volet dans son chapitre consacré au téléchargement d'œuvres musicales. «Il faut que cesse le téléchargement et l'exploitation illégale d'œuvres à partir du net», affirme le directeur de l'ONDA, Sami Hocine Bencheikh, à chacune de ses interventions sur le sujet. En dépit de tout le canevas mis en place pour mettre fin à cette pratique, le phénomène ne cesse d'accroître et affecte tout ce qui a trait à l'effort intellectuel. Il suffit d'un clic pour anéantir des journées, voire des mois de travaux pour les auteurs. Les quais et quelques échoppes continuent d'exceller en proposant des copies contrefaites moyennant des sommes basiques. Les concepteurs ne font que compter les pertes et le manque à gagner. Une atteinte immorale à leurs projets. L'ONDA qui a été créé pour apporter sa protection aux novateurs peine à balayer le spectre de piratage. Pour s'en convaincre, les millions de CD et supports détruits ne représentent qu'une infime partie des quantités en circulation. Ce qui interpelle les offices à doubler d'efforts pour lutter efficacement contre ce fléau. Il faudra asseoir un maillage réfléchi dans chaque région. Des contrôleurs doivent sévir sans retenue pour freiner la prolifération des copies pirates. Certaines sphères supputent que la copie à usage personnelle n'affectera pas pour autant l'esquisse. Or, selon quelques observateurs «même cette idée doit être bannie, car chaque tirage constitue un manque à gagner pour l'artiste : des copies personnelles se multiplient et créent une sorte de piraterie déguisée». Un autre segment de plagiat pénalise le secteur livresque et l'ébauche littéraire. A l'ère de la 4G, du très haut débit et des téléchargements incontrôlés, des ouvrages qui ne sont même pas tombés dans le domaine public subissent le poids de la contrefaçon. Voilà un marché sous couvert culturel lésant les maisons d'éditions et leurs auteurs. L'ONDA ne devra pas se contenter des CD détruits et autres supports numériques. La bataille est de tous les jours pour rendre clean et audible la scène artistique et barrer la route aux usurpateurs. N. H.