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Quand une «ville» est bâtie sur l'amour de l'argent
Station Balnéaire égyptienne De Charm El Cheikh
Publié dans La Tribune le 12 - 07 - 2008


De notre envoyé spécial à Charm El Cheikh
Malik Boumati
Même prévenus du climat de cette station, nous étions loin d'imaginer que l'endroit était plus proche de l'enfer que de la mer Rouge au bord de laquelle elle a été bâtie. Quand nous sommes descendus de l'avion à l'aéroport de Charm El Cheikh, à l'occasion de la tenue du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, nous avons (les quelque cinquante membres de la délégation) senti comme une agression violente, tellement l'air était irrespirable et suffocant. C'était une idée de ce qui nous attendait durant le séjour dans une station sortie du néant en plein désert égyptien. A l'aéroport, les formalités douanières ayant été facilitées par les responsables de la délégation, nous nous dirigeons vers l'hôtel Inter Plaza au bout de quelque quinze minutes de route. Dans l'établissement hôtelier, pas question de perdre une minute et les formalités à la réception seront suivies très vite par un regroupement pour un autre mouvement.
Centre de presse ou café maure ?
Il est temps de faire connaissance avec notre lieu de travail. Il faut toujours courir vers le véhicule. L'International Congress Center, qui doit abriter le sommet des dirigeants du continent noir, est un véritable bijou architectural, tout en verre, de plusieurs centaines de mètres carrés. Le centre de presse, à première vue, présentait toutes les commodités nécessaires pour le travail des journalistes. Seulement à première vue, puisque la salle était finalement loin de pouvoir accueillir les 400 professionnels des médias accrédités. Environ 25 micro-ordinateurs, quelque 150 chaises et des tables suffisantes pour uniquement une soixantaine de personnes étaient les moyens de travail mis à notre disposition «gratuitement». Pour les autres services, notamment le téléphone, le fac-similé, le journaliste devra payer.
En fait, les gestionnaires du centre des conférences basent leur politique de gestion sur l'argent et rien que l'argent. D'ailleurs, les membres de la délégation algérienne étaient outrés de savoir que les journalistes devaient payer une tasse de café ou une petite bouteille d'eau entre et six et sept fois son prix. Une bouteille d'eau sans aucune fraîcheur, le centre ne disposant pas de frigo, avec une chaleur sèche et impitoyable. Et le préposé au bar de ce centre lance souvent son fatidique «mafiche» (il n'y en a pas) à la face des
professionnels des médias qui demanderaient une boisson quelconque, y compris l'eau et le café. «Pourtant, lors du sommet d'Alger, les journalistes consommaient tout gratuitement dans le centre de presse mis à leur disposition», lance avec une certaine hargne un confrère de la presse écrite, avec l'acquiescement de confrères de la Libye voisine qui confirment, non sans faire l'éloge du centre de presse lors du sommet de Syrte, chez le leader de la Djamahiria. En somme, Algériens et Libyens s'accordent à dire que le lieu, à défaut d'être un centre de presse, est devenu un café maure géré par un épicier, notoirement connu chez nous.
Prêts à tout pour satisfaire le touriste
Fini le coup de gueule. Nous retournons à l'hôtel en compagnie du chauffeur mis à notre disposition. Un Van climatisé (ouf ! heureusement !!) que conduit Sayyed Bayoumi, avec une patience inouïe. Nous sommes six journalistes avec lui et notre attitude devant la chaleur torride du coin n'a rien à voir avec la nature ordinaire de son comportement. On aurait cru que c'était une question d'habitude mais il n'est pas du coin, étant dépêché du Caire par sa compagnie de location de voitures spécialement pour le sommet de l'Union africaine.
Et la capitale égyptienne est loin, très loin du désert du Sinaï où se trouve Charm El Cheikh. A 500 kilomètres au nord. La réception de l'établissement est très agréable. Les employés étaient d'une politesse qu'on peut facilement confondre avec soumission. Ils parlent toujours à voix basse. Et toujours à coup de «hadritek», «ya bacha », «a fendim», «tahta amrek », «ya oustaz». Ils semblent prêts à tout pour ne pas irriter le client, le touriste. Prêts à aller jusqu'à la courbette quand il y a risque de malentendu. Et c'est arrivé avec nous dans le restaurant de l'hôtel. Un geste difficile à accepter pour un Algérien. Beaucoup d'interdits leur sont appliqués, y compris celui de prendre une photo avec des clients, selon l'un d'eux.
L'infrastructure est un joyau. Plusieurs bâtisses la composent. Restaurants, terrasses, chambres, piscines, dont l'une est située à quelques pas de la plage, etc. Les propriétaires ont mis le paquet dans leur cinq étoiles. Y compris dans le recrutement. En effet, de belles jeunes filles d'Europe de l'Est y travaillent, qui comme réceptionniste, qui comme chanteuse de soirées. Même le desk d'un tour-opérateur est occupé par une Européenne de l'Est. Des Russes généralement, dit un serveur, interrogé sur la chanteuse sur la terrasse, non sans réclamer l'anonymat, même si nous précisons que c'est pour un article dans un journal. «Elle est Russe et elle est mariée à un Egyptien, mais si mon supérieur apprend que je vous ai informés, je perds tout de suite mon emploi», dit-il sans cesser de regarder tout autour de lui, de peur d'être sanctionné. Il faut dire que le service tout au long du séjour était impeccable. Pour cela, les Egyptiens ont compris qu'il y avait un prix à payer. Ils son prêts à tout pour satisfaire les touristes, principale source de rentrée de devises pour le pays des pharaons.
Il est 21h. Nous sollicitons Sayyed Bayoumi pour une petite sortie loin du centre de presse et de l'hôtel. Il nous propose Khalij Ne'ama, principale attraction touristique de Charm El Cheikh. On s'attendait à une sorte de marché, comme on en trouve du côté des villes tunisiennes, comme Sousse, Hammamet et Nabeul. Sur place, on ne découvre pas plus de trois ruelles bordées de toutes sortes de commerces, restaurants, cafétérias… En somme, une toute petite ville, récemment édifiée, mais illuminée de façon extraordinaire. Une ville moderne dont les milliers d'enseignes lumineuses rappellent le mythique Times Square de New York, mais aussi les contes de fées. Une vue féerique s'offre à nous.
L'argent, rien que l'argent
Des objets souvenirs aux vêtements traditionnels, en passant par des articles pour la plage et des bijoux sont proposés aux touristes venus profiter de leur congé pour se relaxer.
De belles choses et de moins belles proposées à des prix excessivement élevés, à tel point que cela ne servira à rien de négocier le prix, car, à la fin de la négociation, c'est toujours le vendeur qui en sortira «vainqueur».
Les marchands rusent même avec les «frères arabes» en leur avançant des prix «fraternels» qui présentent les mêmes caractéristiques de la fraternité qu'il y a entre les soldats américains et les insurgés irakiens. En somme, Arabe ou pas, tu paies le prix fort pour acheter n'importe quel objet du côté de Khalij Ne'ama.
Nous nous nous sommes plaints auprès du chauffeur qui nous propose aussitôt Charm El Qadima. L'ancienne ville de Charm qui s'est relookée un petit peu «pour les beaux yeux des visiteurs étrangers». Nous nous y rendons le lendemain. Les mêmes articles y sont proposés et… aux mêmes prix ! Nous calculons
toujours les prix selon sa convertibilité au dinar de chez nous. Il en ressort des prix faramineux pour des objets quelconques, décorés à l'occasion par un portrait de Toutankhamon, d'Akhenaton, de Néfertiti ou de certains autres pharaons d'Egypte ou par la carte géographique de Charm El Cheikh. Cette histoire de prix ne manquera pas de susciter de nombreuses discussions au sein du groupe. C'est cela une zone touristique, estiment certains d'entre nous. Mais il est toujours difficile pour un «acheteur» d'accepter de telles exagérations dans les prix de la part d'un «vendeur», estiment encore d'autres.
A croire que Charm El Cheikh, une station sortie du néant désertique du Sinaï, a encore et toujours besoin de rentabiliser ses investissements lancés de façon intense en 1982, après le départ des Israéliens. Et gare à celui qui évoquera la présence israélienne de ce côté-ci de la mer Rouge. Sayyed Bayoumi aura une réaction forte quand nous lui demandons si ce sont les Israéliens qui ont commencé à construire à Charm El Cheikh. «La, la, ya bacha, les investisseurs sont à 90% égyptiens et du secteur privé», répond-il énergiquement, comme s'il nous invitait à ne pas aller plus loin dans cette discussion.
Dans un pays où les moukhabarat sont omniprésentes, notre gentil chauffeur semble conscient qu'il n'a pas droit à l'erreur. Et la question des relations «privilégiées» entre le pays de Hosni Moubarek et celui d'Ariel Sharon, David Ben Gourion, Golda Meir, Yitzhak Shamir, Ehud Barak, Benyamin Netanyahu et Ehud Olmert est restée du domaine des tabous, particulièrement quand ce sont des étrangers qui en parlent. Chut ! Vous êtes surveillés !


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