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«La plupart des rechutes sont dues aux pénuries de médicaments et à l'absence de radiothérapie»
Hamida Kettab, présidente de l'association El Amel à propos du cancer du sein
Publié dans La Tribune le 23 - 10 - 2011


Photo : Riad
Entretien réalisé par Amel Bouakba
La Tribune : Parlez-nous de votre association ?
Hamida Kettab : L'association El Amel est née de l'engagement d'un groupe d'employés du CPMC à offrir une aide à des patients atteints de cancer qui arrivaient au CPMC des quatre coins de l'Algérie. En effet, depuis 1994, l'association El Amel-CPMC offre une aide en médicaments, en imagerie, en information et orientation et même en soutien logistique à des patients démunis. Nous avons également ouvert en 2006, la maison d'accueil baptisée Dar El Amel aux femmes et enfants qui viennent de loin pour leurs séances de chimiothérapie et de radiothérapie. Nous avons actuellement un fichier de 900 patients à qui nous avons servi des médicaments gratuitement. Par ailleurs, nous nous sommes pleinement investis dans la lutte contre le cancer par l'information et la prévention à travers notamment des journées d'information et des caravanes de sensibilisation qui ont sillonné la moitié du pays depuis deux ans. A l'occasion d'Octobre rose, mois dédié au cancer du sein, l'association organise une série d'activités pour sensibiliser sur le cancer du sein et inciter au diagnostic précoce qui représente un facteur de prévention majeur.
Le service de radiothérapie du CPMC est à l'arrêt depuis une année, or l'absence de radiothérapie compromet les chances de guérison des malades, à ce propos on estime que 80% des personnes atteintes de cancer décèdent en Algérie, qu'en pensez-vous ?
Ce n'est pas seulement le service du CPMC qui est à l'arrêt mais aussi tous les autres centres de radiothérapie en Algérie. A vrai dire, il n'y a que 5 centres de radiothérapie à travers le pays qui ont une capacité annuelle à traiter 8000 patients seulement alors que le nombre de malades nécessitant le traitement par radiothérapie est de 28 000. Ce sont des chiffres donnés par les responsables de la santé eux-mêmes. Or, les structures de radiothérapie actuelles font malheureusement souvent l'objet de panne et d'arrêt pour une raison ou une autre. Cette situation a d'ailleurs empiré depuis près d'une année. Nous n'avons depuis cessé d'attirer l'attention de nos autorités sur les risques qu'encourent les patients qui ne bénéficient pas de leur radiothérapie. Le ministre de la Santé nous promet 57 centres de radiothérapie pour 2014. Nous voulons bien y croire, mais pour le moment, les patients sont renvoyés chez eux sans rendez-vous après avoir terminé leur chimiothérapie ou avec des rendez-vous si éloignés (en juin 2012) que les chances de récidive sont plus grandes que celles de guérison. Nous voulons que cette situation change pour nos patients.
On oblige les cancéreux à acquérir eux-mêmes les médicaments qui devraient être fournis par l'hôpital…
Les ruptures de stock sont une autre plaie dans le parcours du combattant du pauvre patient. Cela a d'ailleurs ouvert la porte à des comportements anormaux. Par exemple, il arrive qu'un médecin, à court de solution pour son malade, lui prescrive un médicament, sachant qu'il est à usage hospitalier et qu'il n'est pas disponible dans les pharmacies. En désespoir de cause, les malades essaient tant bien que mal de se procurer le médicament à l'étranger. On espère réellement une solution rapide à cet épineux problème, un problème que nous avons dénoncé à plusieurs reprises depuis plusieurs années déjà. Il est anormal qu'on soit actuellement, en rupture de produits aussi basiques que les morphiniques. L'argent est disponible, nous dit-on. Dans ce cas où réside le problème ? Cela ne peut plus durer ainsi. Ne faut-il pas que toutes les parties prenantes s'assoient une fois pour toutes pour régler cette question ? D'autant qu'il y va de la vie de plusieurs milliers de personnes.
Sans radiothérapie, quelle alternative pour les malades ? Pensez-vous que l'ouverture de centres privés de radiothérapie soit une bonne chose ?
Nous sommes preneurs de toutes les solutions. Pour le moment, il n'y a pas de cliniques privées pour la radiothérapie ni pour la chimiothérapie. Dans l'urgence, nous avons proposé d'envoyer les patients à l'étranger avec une prise en charge de la CNAS, en attendant une solution définitive. Le patient algérien, qui a cotisé toute sa vie, a le droit d'attendre qu'on le soigne d'une manière ou d'une autre.
Après un cancer du sein, la récidive reste possible. Avez-vous des statistiques sur le nombre de femmes qui rechutent, pourquoi y a-t-il beaucoup de femmes qui rechutent ?
Tous les patients atteints de cancer risquent une récidive, si leurs protocoles de soins ne sont pas menés à terme. Le cancer du sein est un cancer qui atteint cependant 10 000 femmes en Algérie. Ce nombre effrayant en constante augmentation peut être toutefois réduit par le dépistage et le diagnostic précoce. Le cancer du sein peut même être soigné et guéri. Dans les pays développés, cette maladie est guérie, à 85% grâce aux nouveaux traitements. Ce qui est loin d'être le cas en Algérie. Chez nous, les taux de guérison sont malheureusement dérisoires, car les femmes arrivent à des stades tardifs mais aussi et plus grave encore car elles sont obligées d'arrêter leur traitement pendant des mois quand il y a rupture de médicaments et /ou de radiothérapie comme c'est le cas actuellement pour beaucoup d'entre elles. C'est une situation intenable et injustifiable. Le cancer n'attend pas qu'on répare les pannes et qu'on ramène le médicament. Il continue son œuvre destructrice et la mort pointe en fin de compte.
Le CPMC qui se trouve littéralement submergé de malades n'a pas assez de lits ( des malades par terre) avec leurs accompagnateurs qui viennent généralement de l'intérieur du pays, que suggérez-vous ?
Il est clair que les infrastructures de lutte contre le cancer sont insuffisantes et ne répondent plus à la demande en nette augmentation. C'est pourquoi, il est impératif de construire rapidement les centres anti-cancéreux afin de soulager le CPMC et les autres structures qui n'arrivent plus à absorber les patients qui y déferlent. Là aussi, la promesse a été faite depuis 2001 de construire 17 centres anti-cancéreux. Mais aujourd'hui, deux seulement ont vu le jour ( Oran et Ouargla), en sus des cinq autres existants au niveau national. Un plan cancer a été, par ailleurs, demandé par le président de la République, il y a déjà deux ans, et je dois dire que la mise sur pied d'un tel projet est fortement attendue. Un plan anti-cancer aiderait, en effet, à voir plus clair et d'une façon structurée, les besoins et les meilleurs moyens de faire face à cette pathologie, en impliquant les professionnels et tous les gens qui ont affaire au cancer sur le terrain.
La CNAS a lancé, il y a plus d'une année l'opération dépistage du cancer du sein. Quelle conclusion peut-on en tirer ? Trouvez-vous normal qu'on parle de dépistage du cancer du sein alors que la majorité des mammographes sont en panne ?
La CNAS a, en effet, ouvert 5 centres d'imagerie depuis bientôt 2 ans. Ce qui représente en soi un pas en avant et effort qui doit être soutenu. Cependant, nous pensons que la CNAS devrait aujourd'hui aider à prendre en charge en urgence les soins de radiothérapie qui manquent affreusement à nos patients en cours de traitement. Savez-vous qu'une chimiothérapie qui reste à moitié ou qui n'est pas suivie d'une radiothérapie à temps, c'est comme jeter l'argent par les fenêtres ? C'est-à-dire que ça ne sert à rien puisque le malade récidive dans la plupart des cas. Même du point de vue économique, la logique veut qu'on réfléchisse autrement aujourd'hui. Les traitements coûtent cher certes, mais cela revient encore plus cher, si ça ne sert à rien ! Tout le monde est perdant : le patient, le contribuable et l'Etat.
Vous avez récemment organisé une rencontre scientifique sur la vie après un cancer du sein, un aspect souvent ignoré. Pourtant, certaines femmes atteintes de cancer du sein sont brutalement abandonnées par leurs maris...
Notre association porte le nom de l'espoir. Nous voulons aussi penser que la vie peut continuer pour nos patientes après avoir dépassé cette pénible épreuve. La science ouvre aujourd'hui de belles perspectives aux femmes en âge de procréer. N'est-ce pas une belle preuve que la vie peut gagner ? Il le faut, car le cancer ne doit pas être une fatalité. Ni pour la femme ni pour l'homme d'ailleurs. Nous voulons dire aussi à l'homme que même si son épouse est atteinte de cancer, elle reste sa femme, et il a le devoir, et nous espérons assez d'affection et d'amour, pour l'accompagner et la soutenir comme le recommande notre religion et la morale. Malheureusement, là aussi, nous voyons des cas jetés dehors dès qu'elles sont touchées par la maladie. Dans ce cas, nous sommes aussi là pour défendre le droit de ces femmes au logement et à une pension (beaucoup d'entre elles ne travaillent pas ou ne peuvent se prendre en charge). Dans ce sens, des avocats bénévoles sont prêts à les défendre.


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