Les perspectives d'une augmentation des exportations de dattes sont-elles gelées ? Ça pourrait être le cas à moins que les conditionneurs/exportateurs ne s'attèlent à mettre à niveau leurs unités de production et s'efforcent d'obtenir un label de certification. «Ces derniers en sont conscients depuis que l'Europe du Nord, et même les pays du sud de l'UE commencent à exiger des stratégies de mise à niveau et la démarche Haccp (un système qui identifie, évalue et maîtrise les dangers significatifs au regard de la sécurité des aliments, Ndlr)», a indiqué, hier à l'APS, Najib Haddoud, membre de «l'Association des producteurs de dattes de Tolga.» Et de soutenir que «pour éviter que le marché à l'export de la datte nationale ne soit de plus en plus difficilement accessible, on doit absolument aller vers la certification des unités de production pour se mettre au niveau des standards internationaux». Et d'avertir au passage que «si nous ne sommes pas certifiés d'ici quatre ou cinq ans on ne va rien pouvoir exporter parce que tout sera verrouillé». Un avertissement à prendre au sérieux car, selon Haddoud, «les exportateurs sont actuellement, faute de certification de leur marchandises, contraints de passer par des importateurs étrangers, qui achètent leurs produits à très bas prix et les réexportent à un prix plus élevé, après l'avoir certifié». Par contre «la certification des entreprises de production et de conditionnement va permettre à ces dernières d'augmenter le volume des exportations en augmentant leur part de marché», a-t-il estimé. Une démarche qu'il faudra vite mettre à exécution pour inciter les producteurs à aller vers la certification. Un premier pas dans ce sens vient d'être fait. En effet, le «Comité interprofessionnel de la datte» a initié un projet, intégré, en partenariat avec l'agence allemande de développement GIZ. Sur ce projet Haddoud a expliqué : «Nous avons décidé de créer, en collaboration avec le ministère de l'Industrie, de la PME et de la Promotion des Investissements ainsi que l'agence allemande GIZ, un réseau «Dattes» qui va regrouper tous les acteurs de la filière.» Et d'ajouter, «ce réseau ou cluster vise deux actions essentielles : la certification des unités de conditionnement avec l'assistance des experts allemands, et la réalisation d'une société algéro-allemande de production de sucre de datte». Toujours à propos du futur réseau et selon Haddoud, «pour le moment, il n'y a que quatre unités qui vont bénéficier d'une mise à niveau dans le cadre de ce cluster-datte, les autres suivront dans le cadre du programme national de mise à niveau, en vue de bénéficier des aides de l'Etat accordées à cet effet». Il est utile de rappeler, dans ce cadre, qu'au total, une trentaine d'unités de conditionnement est concernée par la certification, dont une vingtaine installée à Biskra. Notons également, et devant les contraintes inhérentes à l'exportation de dattes, que l'interprofession appelle les pouvoirs publics à réadapter le Fonds spécial pour la promotion des exportations (Fspe) afin d'accompagner les exportateurs dans le placement de la datte algérienne sur les marchés étrangers. C'est le cas par exemple de la «Deglet Nour» en branchettes (commercialisée à l'état naturel sous forme de régimes) qui ne bénéficie d'aucun soutien à l'export, bien qu'elle soit très demandée aussi bien sur le marché local qu'à l'étranger. Rappelons, enfin, que l'Algérie produit en moyenne 600 000 tonnes de dattes par an, mais n'en exporte que 25 000 tonnes actuellement, contre 12 000 tonnes avant 2011, année durant laquelle les pouvoirs publics avaient accordé un important soutien à la filière, ce qui a relancé les exportations. Z. A.