Photo : Riad De notre correspondant à Annaba Mohamed Rahmani
Le torchon brûle entre le syndicat d'entreprise du complexe sidérurgique Arcelor-Annaba et le bureau local de l'Union générale des travailleurs algériens (Ugta) dont dépend statutairement ledit syndicat ; les élections pour le renouvellement des structures syndicales des 31 unités du complexe étant l'enjeu majeur de ce conflit. Un conflit né suite à la nomination d'Aïssa Menadi, l'ex-patron déchu du syndicat, en tant que secrétaire général de l'Union locale de Sidi Amar. C'est en quelque sorte la revanche de cet ancien député qui avait été chassé du poste de secrétaire général par Smaïn Kouadria qui avait pris sa place à la tête du syndicat -aujourd'hui député PT-, mais qui a toujours la mainmise sur le syndicat, le conseil actuel lui étant complètement dévoué. Dans un communiqué transmis à notre rédaction régionale et signé par le secrétaire général par intérim, lui même suspendu de ses fonctions par l'Union de wilaya, les prochaines élections pour le renouvellement des structures syndicales prévues pour demain, le 28 février, sont qualifiées de truquées et irrégulières. Appelant les travailleurs du complexe à les boycotter et à s'opposer à leur tenue, le signataire du communiqué leur demande «de se soulever en grand nombre pour défendre leurs emplois, leurs acquis sociaux et leur dignité, les élections de la honte ne doivent pas avoir lieu, défendez-vous, défendez votre dignité, défendez vos emplois menacés de suppression», est-il notamment mentionné dans le document. Rapportant les déclarations faites par le secrétaire général de l'Ugta, Abdelmadjid Sidi Saïd lors d'un entretien téléphonique qu'il a eu avec les membres du bureau syndical, le communiqué informe les travailleurs du complexe, de la tenue d'une réunion de travail avec Sidi Saïd au siège de l'Ugta à Alger pour débattre de la situation qui prévaut au sein du complexe sidérurgique, rappelant que ce dernier insiste sur le fait que rien ne se fera sans les travailleurs et qu'il ne cautionnera jamais un syndicat d'apparatchiks et de structures. Pour l'Union locale Ugta de Sidi Amar, le syndicat actuel est en perte de vitesse et il craint de perdre ces élections parce qu'il a fait plus de mal que de bien aux travailleurs. S'il s'oppose à la tenue de ces élections de renouvellement de ses structures, c'est qu'il a beaucoup de choses à se reprocher. «Ces élections se tiendront quelque soit la situation. Les statuts de l'Ugta sont clairs là-dessus et il n'est pas question de laisser un conseil syndical, dont le mandat est arrivé à terme il y a plus de 6 mois, continuer à représenter les travailleurs, c'est illégal !», nous a déclaré, hier, un responsable de l'union de wilaya. Ce qui est sûr c'est que ce conflit interne est de mauvais augure pour un complexe qui n'a pas fini de subir des secousses et qui n'est toujours pas sorti de la tourmente. Les travailleurs qui ont peur pour leurs emplois, sont ballotés d'un camp à l'autre, pris en otage par l'une ou l'autre partie, et ils ne savent plus qui il faut croire. Hier, au niveau du complexe, la situation était très tendue et il y a fort à parier qu'elle se dégradera encore plus le jour des élections. Des affrontements ne sont pas à écarter.