Après les Italiennes Samantha Marenzi et Licia Maglietta, s'inspirant respectivement de Loin de Médine (Lontano da Medina) et de Vaste est la prison (Vasta è la prigione) d'Assia Djebar, c'est au tour de l'actrice et productrice berlinoise d'origine irakienne Nadja Tenge de porter à la scène des textes choisis de l'écrivaine. Performance théâtrale à partir de textes d'Assia Djebar (Femmes d'Alger dans leur appartement) et des Mille et une Nuits, sous la direction d'Ilona Zarypow, 1000 und eine Frau (Mille et une Femmes) mêle mots, chants et musique pour interroger les représentations et le sort fait aux femmes dans la tradition arabe. Publié en octobre 2007 chez Fayard, puis en mars 2009 chez Sédia en Algérie, "Nulle part dans la maison de mon père" a depuis été traduit en allemand, en espagnol, en suédois et paraîtra en février 2010 en néerlandais. Avec Histoires des droits de l'homme (Stories on Human Rights), une initiative du Haut-Commissariat aux Droits de l'homme de l'ONU, des réalisateurs, artistes et écrivains de renommée internationale, ont été associés à la commémoration du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'homme. 22 réalisateurs ont ainsi contribué à la confection d'un film composé d'autant de courts de 3 minutes, inspirés par les 6 thèmes de ladite Déclaration : culture, développement, dignité et justice, environnement, égalité des sexes et participation. Sur le même principe, le projet comporte en outre un livre (Editions Electa) avec les contributions de Gabriel Garcia Marquez, Khaled Hosseini, Roberto Saviano, Naguib Mahfuz, Elfriede Jelinek, Ruth Ozeki, Jose Saramago, Chimamanda Ngozi Adichie, Assia Djebar, Nuruddin Farah, Toni Morrison et Mo Yan. La production du projet a été confiée à l'ONG ART for The World. Durant le mois de mars 2009, France 5 a diffusé Assia Djebar, la soif d'écrire, un portrait - documentaire signé Frédéric Mitterrand et Virginie Oks. De l'Algérie natale à New York où elle enseigne aujourd'hui en passant par l'Allemagne qui l'a honorée à plusieurs reprises, le film revient sur le parcours de l'écrivaine, de son initiation à la littérature à son admission à l'Académie française. Assia Djebbar, écrivaine immortelle Assia Djebar a été reçue le 22 juin 2006 sous la coupole de l'Académie française. Evoquant son élection de l'année précédente, elle dit avoir eu le sentiment "presque physique" que les portes de la vénérable institution du Quai Conti "ne s'ouvraient pas pour moi seule, ni pour mes seuls livres, mais pour les ombres encore vives de mes confrères - écrivains, journalistes, intellectuels, femmes et hommes d'Algérie qui, dans la décennie quatre-vingt-dix ont payé de leur vie le fait d'écrire, d'exposer leurs idées ou tout simplement d'enseigner... en langue française." Une langue française dont elle dit qu'elle est, "lieu de creusement de mon travail, espace de ma méditation ou de ma rêverie, cible de mon utopie peut-être...". Après avoir rappelé que "le colonialisme vécu au jour le jour par nos ancêtres, sur quatre générations au moins, a été une immense plaie !", Assia Djebar a conclu son discours de réception sous la coupole de l'Académie sur "un vœu de " shefa' "" (guérison), "car mon français, dira-t-elle, doublé par le velours, mais aussi les épines des langues autrefois occultées, cicatrisera peut-être mes blessures mémorielles." Une nouvelle édition d'Ombre sultane est parue en février 2006 aux éditions Albin Michel. Durant le mois de novembre, Les Enfants du nouveau monde, son troisième roman paru en 1962, qui met en lumière les histoires et les questionnements d'une galerie de personnages féminins au cœur de la guerre d'indépendance, a été publié en anglais sous le titre de Children of the New World. Avec un jury composé notamment de Tahar Ben Jelloun (Maroc), Björn Larsson (Suède), Predrag Matvejevi, (Croatie) et Luis Sepúlveda (Chili), la 25è édition du prix Grinzane Cavour pour la Littérature, destiné à honorer "des auteurs italiens et étrangers qui ont consacré leur vie à la littérature", a vu récompenser Assia Djebar du prix de la Fondazione CRT pour la Lecture. Cette distinction lui a été remise lors d'une cérémonie à Turin, en présence d'une vingtaine d'écrivaines réunies à la faveur d'une table ronde intitulée "Ecriture dévoilée, paroles et femmes du Maghreb à l'Iran". Le 29 juin 2005, l'écrivaine a en outre été nommée docteur honoris causa de la section Langues et Littérature de l'université d'Osnabrück. Auteure prolifique et signataire de plusieurs œuvres, notamment des romans, des recueils de poésie, des nouvelles, des essais, du théâtre, et même réalisatrice, -Fatma-Zohra Imalhayène sur l'état civil-, Assia Djebbar, est née en 1936 dans la ville de Cherchell à l'ouest d'Alger. Son œuvre interroge l'histoire et les destins de femmes dans les sociétés musulmanes.