Les principales Bourses européennes ont ouvert en hausse hier matin, portées par l'accord sur le nucléaire iranien conclu ce week-end, un rapprochement sans précédent depuis 1979 entre Teheran et Washington susceptible de donner un coup de pouce à la croissance mondiale. Cet accord, qui avait également soutenu la plupart des places asiatiques, plombe le pétrole, la prime du risque liée au dossier nucléaire inscrite pendant des années dans les cours commençant définitivement à disparaître. À Paris, le CAC 40 gagnait 0,51% (+21,70 points) à 4 300,23 points dans les premières heures de cotation. À Francfort, le Dax prenait 0,6% et à Londres, le FTSE avançait de 0,5%. L'indice paneuropéen EuroStoxx 50 progressait de 0,54%. Tous les indices sectoriels sont en hausse dans les premiers échanges, hormis celui regroupant les valeurs pétrolières européennes (-0,05%). Total (-0,11%) et Repsol (-0,03%) accusent les deux plus fortes baisses du l'indice Euro Stoxx 50. Les cours du pétrole reculent en effet entre 1,5% et 2%, sous le coup de l'apaisement des tensions et Moyen-Orient et de la bonne tenue du dollar par rapport aux principales devises internationales. L'accord sur le nucléaire iranien, qui prévoit une limitation de l'enrichissement d'uranium en Iran en échange d'un allégement des sanctions frappant actuellement le pays, induira de fait une baisse des cours du pétrole, évolution qui devrait augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs à travers le monde. Hormis le secteur pétrolier, certaines valeurs automobiles se distinguaient. Après avoir ouvert en baisse, les Bunds allemands s'inscrivaient en hausse en raison des inquiétudes liées aux éventuelles conséquences de l'accord iranien sur les prix à la consommation en Europe, déjà très en-deçà de l'objectif de la Banque centrale européenne. L'existence ou non de risques déflationnistes est au cœur des débats de la BCE depuis quelques semaines, certains responsables voulant à tout prix éviter que la zone euro ne connaisse une baisse prolongée des prix, se rappelant que ce phénomène avait plombé l'économie japonaise pendant dix ans.
Paris: le CAC en hausse La Bourse de Paris évoluait en hausse hier matin (+0,36%), portée par les nouveaux records historiques atteints avant le week-end par Wall Street, à l'entame d'une séance pauvre en indicateurs. L'indice CAC 40 prenait 15,47 points à 4 294,00 points. Vendredi, il avait gagné 0,58% et mis un terme à trois séances de baisse d'affilée. Le marché parisien profitait de la course aux records de Wall Street qui a poursuivi son ascension à la veille du week-end. Le Dow Jones a clôturé vendredi à un nouveau sommet et le S&P 500 a terminé pour la première fois au-dessus des 1 800 points. Parmi les valeurs, PSA Peugeot Citroën prenait 4,35% à 10,68 euros. Le groupe réfléchirait à un nouveau patron et l'ancien numéro deux de Renault, Carlos Tavares, pourrait être engagé au côté de Philippe Varin, actuel président du directoire, selon des informations de presse. Bouygues gagnait 0,54% à 27,94 euros après avoir remporté un contrat de 360 millions d'euros pour la construction d'un hôtel de luxe à Macao. L'Oréal était presque stable (-0,08% à 124,80 euros). Le P-DG Jean-Paul Agon a affirmé vendredi que le groupe "étudiait toutes les options" dans le dossier de la participation de Nestlé dans L'Oréal, en estimant que "pour les actionnaires, ça devrait être plutôt une bonne évolution". Orange prenait 0,95% à 9,61 euros. Le groupe discute avec Altice, société d'investissement spécialisée dans ce secteur, en vue de lui céder ses activités dans les Caraïbes pour un milliard d'euros, écrit lundi le Financial Times. Sanofi gagnait 0,67% à 78,65 euros. Une nouvelle affaire sanitaire pourrait faire l'objet d'une enquête pénale avec le dépôt de plainte d'une jeune femme de 18 ans, et d'autres annoncées, visant le Gardasil (Sanofi Pasteur MSD) et l'Agence du médicament, accusant ce vaccin contre le cancer du col de l'utérus de graves effets secondaires sur le système nerveux central. Par ailleurs, le groupe pharmaceutique va consacrer un à deux milliards d'euros par an à des acquisitions, a indiqué son directeur général Chris Viehbacher dans un entretien au Figaro. Faurecia prenait 0,19% à 23,99 euros. Le groupe a vu sa croissance stagner au deuxième semestre 2013 et cette situation devrait se poursuivre au début de l'année prochaine, a reconnu son P-DG Yann Delabrière dans un entretien au quotidien économique Les Echos. Le groupe s'est malgré tout fixé pour objectif d'atteindre des ventes de 21 milliards d'euros d'ici 2016. Enfin, Altamir Amboise lâchait 0,29% à 10,33 euros après avoir annoncé la reprise avec son actionnaire Apax Partners, dans des conditions financières non précisées, d'un fabricant vendéen de snacks.
Londres: le Footsie en hausse La Bourse de Londres évoluait en hausse, l'accord sur le nucléaire iranien entraînant une baisse des cours du pétrole favorable notamment aux compagnies aériennes. L'indice FTSE-100 des principales valeurs prenait 25,61 points, soit 0,38% par rapport à la clôture de vendredi, à 6 699,91 points. Le secteur aérien était en nette hausse, profitant de la baisse des prix du pétrole: International Airlines Group (IAG) - maison mère de British Airways et Iberia - prenait 1,98% à 370 pence et EasyJet 1,21% à 1 422 pence. Le groupe de croisières Carnival gagnait pour sa part 1,39% à 2 259 pence. Le repli des cours du pétrole pesait en revanche sur le secteur pétrolier, à l'image de BP (-0,66% à 490,2 pence), BG Group (-0,60% à 1 252 pence) ou Royal Dutch Shell (action "A" en baisse de 0,45% à 2 095,5 pence).
Francfort repart sur la route des records La Bourse de Francfort a pris la voie de nouveaux records, dans la foulée de Wall Street, sur fond de reflux des cours du pétrole. L'indice Dax, qui avait déjà atteint des sommets historiques la semaine dernière, gagnait 0,66% à 9 279,64 points. Très vite, dès le début de la séance, l'indice vedette a atteint un nouveau record en séance à 9 281,52 points. L'indice des valeurs moyennes MDax était dans le même état d'esprit, grimpant à 16 229,60 points (+0,50%). Malgré un agenda économique maigre en ce début de semaine, le marché francfortois "se renforce au démarrage des échanges après les progressions claires en provenance d'Asie et des Etats-Unis", où Wall Street a aussi signé de nouveaux records vendredi, explique Clemens Bundschuh, analyste chez LBBW. La tête du Dax était occupée par Fresenius Medical Care, qui s'envolait de 8,40% à 51,88 euros. Le spécialiste du matériel de dialyse profite de la décision du système d'assurance santé américaine Medicare de réduire moins que prévu des versements faits à chaque patient ayant une défaillance rénale de stade avancée, selon l'agence Dow Jones Newswires. Sa maison mère, le groupe de santé Fresenius SE, suivait juste derrière, avec une progression de 3,32% à 102,15 euros. Les valeurs cycliques étaient plutôt bien orientées, soutenues par la baisse des cours du pétrole après la conclusion d'un accord entre les grandes puissances occidentales et l'Iran pour contenir le programme nucléaire de Téhéran. En témoigne la hausse des valeurs automobiles, dont Volkswagen (+0,64% à 195,95 euros) ou BMW (+0,81% à 84,45 euros). Daimler montait aussi de 0,91% à 60,68 euros, alors que son ancien partenaire américain Chrysler, dont il s'est séparé en 2007, vise, selon la presse, une entrée en Bourse en décembre. Bayer était aussi recherché (+0,60% à 96,51 euros) après l'approbation vendredi aux Etats-Unis de son médicament Nexavar (sorafenib) dans un certain type de cancer de la thyroïde. En revanche, Siemens reculait de 0,10% à 96,77 euros. Son nouveau patron, Joe Kaeser, continue de faire le ménage à la tête du conglomérat industriel. D'après le Frankfurter Allgemeine Zeitung ce week-end, ce serait bientôt au tour de Peter Solmssen, proche de l'ancien patron Peter Löscher, de quitter le comité exécutif du groupe. Actuellement coté sur l'indice des petites valeurs du SDax, SGL Carbon prenait 2,98% à 29,74 euros. A partir de mercredi, l'action du spécialiste de la fibre de carbone montera dans l'indice des valeurs moyennes MDax, où une place est laissée vacante après la fusion des groupes immobiliers Deutsche Wohnen et GSW Immobilien. Le fabricant de vaisselles Villeroy & Boch (+0,51% à 9,95 euros) fera pour sa part son entrée sur le SDax.
Suisses: le SMI en hausse sur un large front La Bourse suisse a ouvert en hausse lundi, portée par les records des places financières américaine et tokyoïte. En Suisse, le rejet massif de l'initiative populaire "1:12 - pour des salaires équitables" a levé un facteur d'incertitude et le marché appréciait. Le SMI montait de 0,48% à 8 289,84 points, le SLI de 0,51% à 1 258,88 points et le SPI de 0,43% à 7 883,04 points. Sur les 30 valeurs vedettes de la cote, 28 étaient orientées à la hausse, une à la baisse et une restait de marbre. Swatch s'appréciait de 0,5%. Le géant de l'horlogerie a pris le contrôle de Rivoli Investments, une société basée à Dubaï dans laquelle il détenait déjà 40%. Rivoli exploite un réseau de 350 boutiques au Moyen-Orient, principalement dans le secteur horloger. La vente directe dans des boutiques en propre devrait à moyen terme avoir un effet positif sur les marges, anticipe la banque Notenstein. Le titre Richemont prenait dans le même temps 0,7%. Toujours dans le segment des financières, Swiss Re et Zurich enregistraient respectivement 0,3% et 0,1%. Aux bancaires, Credit Suisse prenait 0,7% et UBS 1,4%. Julius Bär faisait bande à part, sur une perte minime de 0,1%. Novartis enregistrait un gain de 0,6% dans le sillage de sa journée des investisseurs de vendredi. Les analystes pourraient procéder en cours de semaine à quelques adaptations suite aux informations présentées. Roche engrangeait également 0,6%, alors que Nestlé restait de marbre. Lonza (+0,1%) et Sonova (+0,1%) sous-performaient le marché, tandis que Dufry (+0,9%), Actelion (+0,9%), Geberit (+0,8%) ou encore Syngenta (+0,8%) faisaient mieux. Swisscom (+0,6%) profitait quant à lui d'un relèvement d'objectif de cours de Citigroup. Sur le marché élargi, Tornos prenait 4,8% à 4,82 francs. Le fabricant de machines-outils fait l'objet d'une offre publique d'achat (OPA) pour l'ensemble des actions au prix de 4,70 francs par action par Walter Fust. Ce dernier détient 54% du concurrent Starrag, renforçant les rumeurs sur les deux sociétés. Une coopération rapprochée ou une intégration de Tornos et de Starrag est "possible" selon la Banque cantonale de Zurich (ZKB). Starrag prenait 0,6%. Aryzta (-0,3%) a réalisé un chiffre d'affaires de 1 103,3 millions d'euros au premier trimestre de l'exercice décalé 2013/2014 (clos fin octobre), en hausse de 0,4% mais légèrement inférieur aux prévisions.