Le groupe Etat islamique (EI) a affirmé que l'attentat perpétré lundi dans la ville pakistanaise de Quetta et qui a fait au moins 70 morts avait été mené par l'un de ses membres, selon l'agence Amaq, un organe de propagande de l'organisation djihadiste. Une faction des talibans pakistanais, Jamaat-ul-Ahrar, avait revendiqué plus tôt dans la journée l'attentat, qui a fait également plus de 100 blessés. Un kamikaze de l'Etat islamique a déclenché sa ceinture explosive lors d'un rassemblement d'employés du ministère de la Justice et de la police pakistanaise dans la ville de Quetta, a indiqué Amaq. L'attentat a été perpétré au moment où environ 200 personnes, dont nombre d'avocats et de journalistes, étaient rassemblées devant les urgences de l'Hôpital civil de Quetta, après l'assassinat quelques heures plus tôt du bâtonnier de la province.
75 morts Plus de 75 personnes ont été tuées lorsqu'un kamikaze a fait détonner lundi sa charge explosive au milieu d'une foule en deuil devant un hôpital du sud-ouest du Pakistan. Des dizaines de personnes ont également été blessées. "Le bilan a atteint 75 morts et 112 blessés," a indiqué à la presse le Dr Masoood Nausherwani, chef des services de Santé du Baloutchistan, province instable dont Quetta est la capitale. La bombe a explosé alors qu'environ 200 personnes endeuillées étaient rassemblées devant les urgences de l'Hôpital civil de Quetta. Elles s'étaient réunies après l'assassinat, quelques heures plus tôt, du bâtonnier de la province. Ce bilan en fait le deuxième attentat le plus meurtrier au Pakistan cette année. Une bombe avait tué 75 personnes dans un parc pour enfants lors du week-end de Pâques à Lahore.
CICR "choqué" L'attentat "choque" le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). L'institution a dénoncé lundi à Genève "une horrible attaque". "Il ne peut y avoir aucune justification pour de tels actes affreux", a indiqué le chef de la délégation du CICR au Pakistan Reto Stocker. Le CICR est préoccupé par la diminution du respect pour les hôpitaux, le personnel médical et les infrastructures liées à la santé dans ce pays.
Pas revendiqué Ni l'attentat de lundi, ni l'assassinat n'ont été revendiqués jusqu'à présent. Nombre de groupes armés, islamistes, anti-chiites ou encore séparatistes sont actifs au Baloutchistan. L'armée s'est déployée dans et autour des hôpitaux de la ville, selon le ministre. Les responsables restent prudents sur les chiffres en raison de l'activation par les autorités de brouilleurs de téléphonie mobile. Ils empêchent les communications, notamment avec les responsables sur le terrain. "Les corps sont éparpillés et certains sont mélangés. Le personnel hospitalier essaie de compter mais nous ne pouvons pas encore donner de bilan précis à ce stade", a indiqué un responsable militaire, le brigadier Sajjad Ahmed.
Sol jonché de corps Des corps jonchaient le sol, dans une mare de sang et de verre brisé, alors que des survivants choqués tentaient de se réconforter. Nombre des victimes semblaient porter costume et cravate. "L'explosion s'est produite au moment où des avocats étaient rassemblés devant le département des urgences. Certains étaient à l'intérieur, d'autres devant la grille d'entrée", raconte un médecin de l'hôpital civil de Quetta, le Dr Adnan. "Il y a eu une énorme explosion, et tout est devenu sombre. Au début je pensais que c'était un effondrement d'un bâtiment. Puis il y a eu des cris". Le Baloutchistan, frontalier de l'Iran et de l'Afghanistan, est une région riche en réserves pétrolières et gazières, secouée par des violences confessionnelles entre sunnites et chiites, des attaques islamistes et une insurrection séparatiste. Les forces de sécurité et structures gouvernementales y sont régulièrement prises pour cible. Ce n'est pas la première fois qu'un attentat vise un hôpital au Pakistan. En 2010, une bombe avait tué 13 personnes devant le département des urgences d'un hôpital de la mégalopole de Karachi. Les victimes d'un premier attentat étaient soignées, alors que leurs proches inquiets s'y étaient rassemblés.