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"Les camps de regroupement de la guerre d'Algérie" en librairie
Publié dans Le Midi Libre le 07 - 11 - 2013

Publié initialement en 1967 en France, le livre "Les camps de regroupement de la guerre d'Algérie" de Michel Cornaton, vient d'être édité en Algérie par les Editions Saihi avec le soutien du ministère de la Culture dans le cadre du 50e anniversaire de l'indépendance.
Publié initialement en 1967 en France, le livre "Les camps de regroupement de la guerre d'Algérie" de Michel Cornaton, vient d'être édité en Algérie par les Editions Saihi avec le soutien du ministère de la Culture dans le cadre du 50e anniversaire de l'indépendance.
Le livre reprend une étude par laquelle l'auteur, qui a connu les camps de regroupement en Algérie coloniale lors de son service militaire (1959-1960) avant de revenir les étudier à l'indépendance, a soutenu son doctorat en sociologie. "Voici un livre solidement documenté, et documenté avec bonne foi, sur la tragique histoire des regroupements algériens avant et après la guerre.
Car, et c'est le grand intérêt de cette étude, elle ne s'arrête pas en 1962, et elle nous apprend que les regroupés, en majorité, sont demeurés sur place après que le droit leur a été rendu de revenir dans leur ancien foyer", écrit l'ethnologue Germaine Tillion dans la préface. Dans la première partie de l'étude, Michel Cornaton, qui a enquêté auprès de 160 centres regroupant 170.000 personnes, affirme que les premiers camps de regroupement sont apparus au moment où l'armée coloniale a conquis de vastes territoires.
"Pour organiser ces territoires sont créés, en 1844, les Bureaux arabes. Un de leurs principaux objectifs sera de rassembler et de fixer les populations. On a toujours prétendu que les Bureaux arabes envisageaient surtout cette concentration sous l'angle de la sécurité à assurer au pays", souligne-t-il.
Si pour l'auteur "il ne fait pas de doute que le regroupement des habitants, dispersés en de nombreux petits douars, a grandement facilité les opérations de pacification", il n'en demeure pas moins que la première raison de la création de ces villages de misères fut "d'abord de s'emparer de l'esprit du peuple algérien, après s'être emparé de son corps".
"Les officiers de 1850 alléguèrent des mobiles militaires pour justifier leur politique colonialiste, de la même façon que ceux de 1960 prétexteront des motifs humanitaires pour recouvrir une politique de regroupement à objectif exclusivement militaires. Assurément, les cantonnements sont à inscrire dans la logique même du colonialisme", soutient M. Cornaton.
La guerre de libération nationale a été, selon lui, marquée par la naissance et le développement d'une politique officielle des regroupements pratiquée par les autorités coloniales françaises de 1959 à 1961.
"De l'aveu même des autorités françaises, les regroupements sont avant tout une machine de guerre qui permet de couper l'ALN (Armée de libération nationale) de ses assises populaires et de ses soutiens logistiques indispensables", relève l'auteur qui estime à plus 2,3 millions personnes parquées dans les camps, conséquemment à la politique des "zones interdites", soit 26% de la population musulmane.
Dans les chapitres V et VI, M. Cornaton a analysé les conditions de vie déplorables dans les camps durant la colonisation comme il s'est attardé sur les conséquences de cette politique qui a complètement bouleversé la société rurale algérienne.
La deuxième partie du livre est consacrée à "la situation des regroupés et des regroupements après l'indépendance" dans plusieurs régions du pays comme Ain Temouchent, la Grande Kabylie, Collo et Ain M'lila. Le chercheur a été amené à constater des regroupements "en augmentation" dans des régions où le secteur socialiste prédomine, "stationnaires" dans les zones à vocation surtout agricole et "en diminution" dans les régions montagneuses déshéritées, avant d'approfondir leurs caractéristiques sociologiques axées autour du phénomène de "déracinement spatio-temporel".
Les actions initiées par l'Etat algérien nouvellement indépendant pour prendre en charge ce "lourd héritage" a constitué le thème de la dernière partie de cette étude. "Pour n'avoir pas réfléchi à l'expérience des regroupements, l'Algérie a construit des centres ruraux qui rassemblent trop souvent à des centres de regroupements", déplore-t-il.
Le livre reprend une étude par laquelle l'auteur, qui a connu les camps de regroupement en Algérie coloniale lors de son service militaire (1959-1960) avant de revenir les étudier à l'indépendance, a soutenu son doctorat en sociologie. "Voici un livre solidement documenté, et documenté avec bonne foi, sur la tragique histoire des regroupements algériens avant et après la guerre.
Car, et c'est le grand intérêt de cette étude, elle ne s'arrête pas en 1962, et elle nous apprend que les regroupés, en majorité, sont demeurés sur place après que le droit leur a été rendu de revenir dans leur ancien foyer", écrit l'ethnologue Germaine Tillion dans la préface. Dans la première partie de l'étude, Michel Cornaton, qui a enquêté auprès de 160 centres regroupant 170.000 personnes, affirme que les premiers camps de regroupement sont apparus au moment où l'armée coloniale a conquis de vastes territoires.
"Pour organiser ces territoires sont créés, en 1844, les Bureaux arabes. Un de leurs principaux objectifs sera de rassembler et de fixer les populations. On a toujours prétendu que les Bureaux arabes envisageaient surtout cette concentration sous l'angle de la sécurité à assurer au pays", souligne-t-il.
Si pour l'auteur "il ne fait pas de doute que le regroupement des habitants, dispersés en de nombreux petits douars, a grandement facilité les opérations de pacification", il n'en demeure pas moins que la première raison de la création de ces villages de misères fut "d'abord de s'emparer de l'esprit du peuple algérien, après s'être emparé de son corps".
"Les officiers de 1850 alléguèrent des mobiles militaires pour justifier leur politique colonialiste, de la même façon que ceux de 1960 prétexteront des motifs humanitaires pour recouvrir une politique de regroupement à objectif exclusivement militaires. Assurément, les cantonnements sont à inscrire dans la logique même du colonialisme", soutient M. Cornaton.
La guerre de libération nationale a été, selon lui, marquée par la naissance et le développement d'une politique officielle des regroupements pratiquée par les autorités coloniales françaises de 1959 à 1961.
"De l'aveu même des autorités françaises, les regroupements sont avant tout une machine de guerre qui permet de couper l'ALN (Armée de libération nationale) de ses assises populaires et de ses soutiens logistiques indispensables", relève l'auteur qui estime à plus 2,3 millions personnes parquées dans les camps, conséquemment à la politique des "zones interdites", soit 26% de la population musulmane.
Dans les chapitres V et VI, M. Cornaton a analysé les conditions de vie déplorables dans les camps durant la colonisation comme il s'est attardé sur les conséquences de cette politique qui a complètement bouleversé la société rurale algérienne.
La deuxième partie du livre est consacrée à "la situation des regroupés et des regroupements après l'indépendance" dans plusieurs régions du pays comme Ain Temouchent, la Grande Kabylie, Collo et Ain M'lila. Le chercheur a été amené à constater des regroupements "en augmentation" dans des régions où le secteur socialiste prédomine, "stationnaires" dans les zones à vocation surtout agricole et "en diminution" dans les régions montagneuses déshéritées, avant d'approfondir leurs caractéristiques sociologiques axées autour du phénomène de "déracinement spatio-temporel".
Les actions initiées par l'Etat algérien nouvellement indépendant pour prendre en charge ce "lourd héritage" a constitué le thème de la dernière partie de cette étude. "Pour n'avoir pas réfléchi à l'expérience des regroupements, l'Algérie a construit des centres ruraux qui rassemblent trop souvent à des centres de regroupements", déplore-t-il.


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